« Nation of Two » de Vance Joy : rien de neuf, et c’est tant mieux

CHRONIQUE – Vance Joy sort « Nation of Two », un deuxième album folklish et grand public qui fait du bien au cœur. 

Il fait déjà nuit quand je décide d’écrire cette chronique. Pourtant il n’est que 18h. Les vitres de la bibliothèque où je suis allée me réfugier sont constellées de gouttes d’eau. Il a plu une bonne partie de la journée. La neige a bien fondu, presque disparu… les trottoirs montréalais pourraient être ceux de n’importe quelle grande mégalopole occidentale sans âme.

Pourtant j’écoute le ukulélé énergique qui accompagne « Saturday Sun », extrait du nouvel album de Vance Joy et je souris. Plus qu’un remède, cette chanson est un rempart solide face à la mélancolie qui me guette de pied ferme depuis plusieurs jours. Quotidiennement, j’essaie de ne pas me laisser submerger par les doutes qui vont souvent de paire avec les premiers mois de l’expatriation. Toutes ces pensées qui s’entrechoquent, finissent par s’annihiler dès lors que je ferme les yeux, Nation of Two le dernier album de Vance Joy dans les oreilles. Vance Joy, de son vrai nom James Keogh a toujours su me réconforter.

Beaucoup connaissent Vance Joy grâce à « Riptide », son single planétaire aux quatre accords, celui qui te donne furieusement envie de danser, ce morceau que tu chantes en boucle avec tes potes en soirée. L’artiste australien a pris son temps entre Dream Your Life Away sorti fin 2014 et vendu à plus de 2 millions d’exemplaires, et son nouvel album Nation of Two. « Je voulais un deuxième album solide, un album qu’il maintiendrait le même niveau, les mêmes standards que le premier. Mais avec plus de chansons solides dont je serai fier » explique-t-il.

Des singles et des co-écrivains

Nation of Two commence donc avec fracas : on retrouve trois des singles que l’Australien a déjà partagés avec son public. Les très entraînantes « Lay It On Me » et « We’re Going Home », ainsi que la jolie ballade « Call If You Need Me ». Pour du solide, c’est solide. C’est avec Dan Wilson (Adele, Pink, Taylor Swift), Justin Parker (Lana del Rey, Banks) et Dave Bassett (Rachel Platten, Fitz and the Tantrums) que Vance Joy a collaboré pour certains de ses titres. « Co-écrire peut faire peur, mais tu apprends beaucoup. Si tu es prêt à plonger vers l’inconnu et te sentir vulnérable, c’est là que quelque chose d’excitant peut arriver » confie-t-il.

Les mélodies sont définitivement le point fort de Vance Joy. Pas de chichis, pas de prises de tête, elles sont souvent simples et lumineuses, accompagnées d’arpèges, elles se mémorisent facilement mais restent toujours très efficaces. Parfois, il ajoute du piano, quelques percussions pour les temps forts, et des cuivres pour pulser le tout sur les refrains. Pas besoin d’en faire des caisses, l’Australien sait très bien que son timbre de voix, son vibrato et ses mélodies sont sa force, sa marque de fabrique.

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Pépites et feeling good

Les pépites de cet album, en dehors des singles accrocheurs, sont selon moi les chansons que l’Australien a écrites seul. La plus autobiographique, « Little Boy » raconte un petit accident de vélo que l’artiste a eu étant jeune, et la peur engendrée, toujours présente chez l’adulte. En ukulélé-voix sur tout le début, « Little Boy » est définitivement la chanson qui m’a donné le plus de frissons. « Where We Start » qui clôt ironiquement l’album est la suivante. Cette délicate et courte ballade d’à peine deux minutes est une respiration salvatrice positionnée sciemment en fin de disque. Une bouffé d’oxygène.

En fait, je crois que ce que j’apprécie le plus c’est d’écouter un album qui est une suite aboutie de Dream Your Life Away. Un album qui se moque de cette nouvelle convenance qui pressurise les musiciens à obligatoirement changer de style, à se renouveler et à innover dans le second album. Avec ses 13 chansons finalement assez basiques qui vont de ballades romantiques à souhait (« I’m With You ») à des chansons inspirées de références musicales et littéraires (« Take Your Time » et « Bonnie & Clyde ») Nation of Two est en fait la définition parfaite d’un album feel good. Un album qu’on écoute du début à la fin sans passer de chanson, sans en couper la lecture. Un album accessible et harmonieux qui fait du bien au cœur et à l’âme,

Nation of Two – 23 février 2017 (Warner)

► Vance Joy sera en concert le 9 mars au Trabendo (complet) et à l’Élysée-Montmartre le 29 octobre. Il sera également au Centre Bell de Montréal le 21 juin.

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