Siiga : le folkeux qui rend heureux au Petit Bain avec Typhoon

LIVE REPORT – Trois ans après le coup de cœur, il était temps de revoir Siiga sur scène. Il faisait la première partie de Typhoon au Petit Bain, l’occasion parfaite.

Je ne vais pas te redire à quel point il ne faut jamais louper les premières parties. Je l’ai déjà écrit il y a peu. Et je vais essayer de passer rapidement sur Typhoon. Ils débarquent à 7 sur scène : 2 batteurs, 2 guitaristes, un bassiste, un clavier, et une violoniste. J’apprendrais plus tard qu’ils peuvent être bien plus nombreux dans leur pays d’origine. Et justement, ce pays d’origine, à l’écoute des premiers titres, j’ai beaucoup de mal à le situer. Une dose d’Arcade Fire, du violon un peu irlandais… Entre le Canada et l’Irlande, il faudra pourtant trancher. Ce sera… les Etats-Unis ! Originaire de l’Oregon, le groupe déroule un set très dense de bon indie rock. Dommage que le leader Kyle Morton et sa voix prennent autant de place, et ne laissent pas la musique décoller plus, et les chœurs prendre de l’ampleur… Le set, néanmoins, reste agréable à suivre.

Mais ce ne sont pas ces mots-là que j’utiliserai pour Siiga. Lui, c’est autre chose qu’agréable. C’est serein. Voilà le bon mot. La musique de Siiga, c’est la sérénité faite notes. Cela m’avait sauté aux oreilles il y a 3 ans à l’International. En première partie de Nathaniel Rateliff, j’avais été doucement impressionnée par l’évidence même du concert qui se déroulait devant moi. Pourtant, le bar le bruit, on aurait pu être agacé par le public. Mais ce soir, autre lieu, autre audience : même si Siiga a mis une chanson a vraiment s’installer dans le set, le silence respectueux a régné du début à la fin, au grand étonnement du musicien trop habitué au bruit des pubs.

Le chant des sirènes

Ici à Paris, on ne transige pas quand on est séduit. Et tout le monde l’a été grâce à l’univers du guitariste harmoniciste venu de l’île de Skye. Crois-moi cette île, elle transpire de sa guitare. Si musicalement, on serait tenté de le rapprocher d’un Bon Iver première époque (l’introduction de « Stay Home »), ou même de le qualifier d’alter ego masculin de Lisa Hannigan à ses débuts en solo (la magique « Ikuenora » me rappelle toujours la nostalgie de « Lille »), ce serait bien réducteur. Parce qu’on occulterait totalement cette île écossaise dont Richard McIntyre est originaire. Ses grands espaces et sa beauté sont partout, et s’envolent loin et haut dans la voix chaude qui nous envoûte et nous apaise. Céder au chant des sirènes prend d’ailleurs tout son sens lorsqu’un merveilleux effet de réverb est ajouté sur l’un des nouveaux titres du set. Frissons.

Frissons, larmes, rires… Siiga est de ces artistes qui provoquent de douces décharges d’émotions en tout genre, mais surtout, surtout, beaucoup de bonheur. Ce bonheur tout simple, qui arrive comme une vague et qui me submerge sans raison lors d’un intermède où il parlera mouton et pêche. Va savoir pourquoi, mais c’est là toute la singularité du garçon : il est le folkeux qui rend heureux. Et on remercie intérieurement son côté « princesse » qui a stoppé sa jeune carrière de pêcheur, comme il nous l’avoue. Parce que les musiciens qui, comme lui, poussent chaque chanson sur le fil final de la grâce, sont bien trop précieux dans ce monde.

P.S : L’artiste prend aussi des photos magnifiques de son île, alors jette un coup d’oeil à son insta.

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