The Voice : si tu es timide, charmant, enfantin, je te veux !

LA DER DES DER – Dernière session d’auditions à l’aveugle, principale thématique : la timidité. Des candidats jeunes et mignons comme des petits chiots. Entrecoupés par quelques chanteurs à (grosses) voix pour le rythme et le contraste.

Warning chers lecteurs avant te de lancer dans cet article ! Non, nous ne sommes pas là pour brosser dans le bon sens du poil qui que ce soit, candidats comme coachs. On regarde car on espère découvrir des pépites. On aime on le dit, on n’aime pas on le dit aussi. Donc si tu veux seulement entendre du bien sur The Voice, lis la présentation du programme sur Télé 7 Jours ? Cela t’économisera la rédaction de dix pages d’insultes à notre encontre. Voilà, le cadre est posé, merci !

Alors pour commencer cette semaine on attaque fort en partant à Marseille avec le premier candidat Florent, dépaysement avec l’accent du Sud, les cigales rajoutées en fond sur le portrait, les images de karaoké en famille, la parlure Marseillaise, avé Florent on a la caution-g du Sud-eu. On s’attend à Kendji la guitare en moins, pour finalement se voir servir le Zayn français. Et bim, hélas par contre, je sais pas chanter en anglais… Voix de lover, avé du coffre, Obispo et Pagny y vont, puis finalement tout le monde y va… Comme ça on peut le supplier un à un, c’est plus télévisuel. Et re-bim, la famille qui débarque avec la banderole « Allez Florent », « bonne mère » dans la bouche de Nikos. Etre marseillais est donc devenu exotique, folklorique presque, The Voice t’es vraiment une émission de Parisiens…

Sarah Bessie, un sourire incroyable et des yeux pleins de promesse. On parlait de choix de chansons la semaine passée ? Et bien pas mieux cette semaine (et encore on ne le sait pas encore mais ça va être un carnage), ce sera un titre teeeellement surprenant : « Il est où le bonheur » de Maé… Je suis sur le plateau des Enfoirés ? On est toujours vendredi ? Elle nous le jazzifie, vibeise, on admire toujours autant le sourire, mais non, c’est faux et pas terrible (mais bon Maé quoi) et visiblement les jurés n’ont pas kiffé plus que nous, c’est go back home.

Un peu de voyage et de dépaysement

On enchaîne avec Lorrah, Franco-brésilienne, élevée au chant classique, belle comme le jour, qui se présente elle-même comme trop scolaire. Alors suspense, le titre ??? Ahooooou : « Cry Me A River » ! Mikaaaa tu peux te taire steuplé qu’on entende la féline ?! La voix est torride, ça minaude sévère, mais oui c’est très beau, sensuel et complexe, Lorrah fait ce qu’elle veut de sa voix. On est moins fan quand ça part dans les aigus d’opérette, qui feront se retourner Pagny, of course, puis Mika, sur le fil, lors de la dernière note. Elle repart avec Florent, et aussi belle et marketable que tu sois Lorrah, on doute que tu gagnes car même si nous ta chaleur soul-jazzy nous plait, c’est quand-même très rétro pour du grand public tout ça…

Voilà maintenant Morig, la gitane (Si tu as un prénom cheu-lou pour The Voice c’est mieux, voilà déjà sept saisons que vous l’aurez remarqué?). Elle nous propose du chant traditionnel tzigane, Mika prépare ton buzz, tu as ta nouvelle Kendji ! Et bah non, étonnamment c’est Zazie qui dégaine la première. Cette chanson est étrange, assez inouïe, et inclassable, sommes nous en Orient ou en Andalousie ? La fascination opère, mais bon, comme dit Pagny : « Ouaih mais qu’est-ce que tu fais d’autre ?… » Peut-être rien, très probablement rien, soyons réalistes, car en battle sur une reprise de Soprano ou de La Compagnie Créole ce sera une autre limonade. Mais apporter à un prime de TF1 cette culture, cette ouverture vers un ailleurs, ma foi c’est déjà un joli pari. C’est Zazie qui essaiera de lui faire chanter du rock, la demoiselle ayant assuré sa compétence en la matière au micro.

Geneva, la petite Nala du Roi Lion pendant une paire d’année, est la prochaine. Nala, nous explique qu’elle a eu du mal à se recycler après la comédie musicale et souhaite effacer et reprendre à zéro. Katy Perry accroche toi, imagine Whitney Houston mais qui chanterait faux, essayer de reprendre un de tes derniers tubes avec du pseudo rap et des intonations thug. Bichette, tu es toute mimi mais non, Katy validerait pas le carnage, c’est pas jojo du tout malgré ton look bien étudié. C’est Mika qui l’emporte et dans le côté pop ils se comprendront sûrement.

Et maintenant, premier lâcher de timides !

Morgane ressemble physiquement à Matthieu Chedid époque du Baptême ! Donc oui on veut bien entendre qu’ado elle n’a pas dû avoir la vie douce tous les jours. Mais nous une petite meuf qui ressemble à M, notre coeur bat et du coup l’espoir renaît en nous. Bon, éphémèrement hélas, car au niveau style on est loin de -M-… Véronique Samson et sa « Révérence » quand on a une interprétation hyper classique, ce n’est pas la meilleure manière de mettre en valeur une voix qui en a pourtant sous le pied. Pagny et Obsipo vont se fighter, et qui dit classique, dit Pagny. Ah ben oui sur The Voice, Obispo c’est un peu le Alice Cooper/Josh Homme français, le rocker, hell yeah.

On continue dans les tous jeunes candidats plein d’espoir avec Hédi. T’es lyonnais (aaaah un bon point déjà !) et tu as un joli minois de petit chat roux, alors vas-y, fous nous les poils ! Oh putain en guise de poil, ce sera : « Maman » de Louane. Mais ? WTF ? On l’imaginait nous faire du MGMT, du Biolay ou du je sais pas, mais Louane, sérieux ? Et puis comme Louane, mon chaton, en live tu chantes hélas très faux. Alors que le grain est vraiment joli et prometteur, mais ta timidité a visiblement pris le dessus. « La chanson ne l’a pas aidé » commentent les juges, ah oui ?! Duuuh !

On a eu la timide un peu mal dans sa peau, le jeune timide qui demande à ses copains de fermer les yeux quand il chante et maintenant on à la timide maladroite. Yvette est l’instant cucul la praline des îles. Maurice en l’occurrence. Anecdotes insignifiantes livrées en mode génance, du pastel, du rose sur les lèvres, et une chanson topissimement mièvre. Elle se présente comme timide (Nooon ?!), alors oui, mais c’est surtout plus sage que Sœur Sourire et « Dominique-nique-nique » à son époque. Le vocabulaire utilisé par Zazie sera « charmant et enfantin », pour Pagny, « fragilité », oui ok, alors nous on appelle ça simplement cucul. Et paradoxalement c’est le rocker de l’émission qui la cueille.

On contrebalance, envoyez les Voix !

La très féminine Meryem, est algérienne expatriée à Montréal depuis l’âge de quatorze ans. Aaah nos tympans commencent déjà à saliver. Il y a de la vibe et de la voix, certes. « I’m Every Woman » de Chaka Khan c’est un peu LE  titre pour LA femme. Donc au début on est volontaire pour onduler avec elle, ça commence bien, puis le disque déraille tout doucement en cours de route. « À force de slalomer, on finit par perdre la piste », Pascal on te la vole celle-là, car nous clairement, on est même resté dans le bar au pied des pistes !

Introduit par des extraits des Black Keys et des Queens Of The Stone Age, Gabriel avec ta barbe et ton petit regard triste, tu es vendu comme notre came. Garou se serait présenté aux auditions, rigolent ses anciens collègues. La voix est effectivement très grave et intéressante de prime abord, sur « Such A Shame » de Talk Talk. Les coachs n’ont pas en revanche les chorégraphies du garçon façon boy’s band. Qui sortent de nulle part et provoquent les hurlements du public. enthousiastes ou juste perplexes, on ne saura pas, mais nous on a bien une idée. Zazie est seule à se retourner, relevant le trop plein d’énergie, ah oui, c’est un euphémisme, James Brown est un trépané à côté de Gabriel !

Arrive enfin Assia, qui envoit du lourd, façon Des’ree. C’est puissant, en place et juste. « Quarante-sept ans », Nikos commente, « il n’y a pas d’âge pour faire The Voice ». Nous on le pense, oui, mais Nikos t’es un peu hypocrite sur ce coup… Au-delà de 25 ans on le sait que sur TF1 c’est foutu… Mika essaiera de prouver le contraire, en battle en tout cas, bon courage à la personne en face ! On suivra cela de près.

Finalement trop de voix, envoyez le dernier lot de timides !

Les trois derniers candidats nous sont balancés pêle-mêle. Allez zou, trois timides pour le prix d’un, c’est les soldes ! On commence avec une version aux yeux verts de Camélia Jordana, Capucine. Malgré une chanson bien, bien, pourrie, « L’Amérique » de Joe Dassin, il faut reconnaître que cette jeune douce au piano a une voix bien envoûtante. Le second est la caution territoire d’outre mer, en direct de Nouvelle-Calédonie et ce jeune homme tout en poils et cheveux nous fait tout ce qu’on ne supporte plus d’entendre. Un phrasé pseudo ragga bien dans le nez, qui soudainement se transforme en Joe Cocker métalleux pour le refrain, pour terminer en skatman façon Chipmunk. Stop. Juste stop Please, et les coachs lâchent l’affaire aussi. Et enfin, Leho (fille) nous fait « On va s’aimer » de Gilbert Montagné, chanté par une France Gall époque Annie et ses sucettes, mais dépressive. Julien Doré au millième degrés serait le seul à pouvoir se permettre ça. Totalement premier degré ici, au secours, mais bon, « c’est charmant », définitivement le mot de ce soir, charmant… Alors elle sera la dernière candidate de l’équipe de Zazie.

Allez, il suffit, envoyez les battles !

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