Judah & the Lion à Montréal : l’art de rendre heureux

LIVE REPORT – Pour leur première venue à Montréal, Judah & the Lion ont proposé un show d’une énergie insensée.

C’est bien simple. C’est la deuxième fois que je vois Judah & the Lion en quatre mois. J’étais à leur première date en France, et je suis ce soir pour leur première à Montréal au Théâtre Corona. C’est la deuxième fois que je sors de leur concert en ayant mal aux joues. J’ai littéralement souri pendant 1h30. Non-stop. C’est ça le pouvoir d’un groupe comme Judah & the Lion : proposer un show à l’américaine millimétré qui t’en met plein la vue, mais un concert d’une sincère générosité.

Quand Judah & the Lion partent en tournée, ils ne voyagent pas léger. Ce n’est pas une mais deux groupes qu’ils ont casé dans leurs malles pour ouvrir les concerts de leur tournée nord-américaine. Vous me pardonnerez, je n’ai pas pu arriver à l’heure pour Tall Heights et Colony House, dont les shows commençaient à 19h un dimanche soir. Cela dit je n’explique pas d’une manière générale le peu de personnes venues voir les Américains, qui remplissent des salles impressionnantes de l’autre côté de la frontière. La veille, ils ont rempli la House of Blues de Boston. Le Théâtre Corona me semble donc particulièrement dégarni quand je m’y engouffre. Colony House vient juste de finir son set.

Going to Montreal

Tandis que les nombreux techniciens quittent un à un le plateau, une lumière bleue en halo vient éclairer la scène. Une musique anxiogène aux basses assourdissantes s’ajoute à l’ambiance lunaire. Le groupe vient présenter pour la première fois à Montréal leur album Going To Mars, d’où la scénographie. Derrière les instruments, trois écrans vont retransmettre des photos, des images colorées et parfois des bouts de paroles.

La formation débarque en trombe vers 20h45 avec « Booty Wurk » de T-Pain, une courte introduction chorégraphiée par leurs soins, très certainement inspirée par Beyoncé. Non, les garçons ne sont pas là pour se prendre au sérieux. Néanmoins c’est « Twenty Something » tiré de leur premier album Kids These Days qui entame vraiment la soirée. À plusieurs reprises, Judah Lee, le frontman du groupe prend la parole et délivre des messages d’amour, de bonheur et de fraternité tandis que ses acolytes nous délivrent des sourires. Mais pas question d’être « culcul, c’est toujours un concert de rock ! » précise-t-il.

Sur scène, ils envoient du lourd. Brian (mandoline) et Nate (banjo) encadrent Judah (guitare/chant). Derrière le trio, trois autres musiciens sont là pour faire péter les décibels : guitare, accordéon, batterie et machines. Le public n’a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Les Américains se défoulent sur scène et occupent l’espace comme personne. Ils n’oublient pas le public avec qui ils ont déclaré ne former qu’un ce soir. Que ce soit pour chanter et danser avec eux, tee-shirts retournés sur la tête (« Reputation »), se balader dans la fosse en reprenant « Mr Brightside » ou organiser un concours entre mandoline et banjo (« Green Eyes »). Judah & the Lion ne sont jamais à court d’idées.

Réunion de famille

Il y a de jolis moments plus calmes, notamment cette ballade dédiée à la grand-mère de Judah, « Back’s Against the Wall » qui les fait retourner à leurs origines folkish. Ou cet extraordinaire moment de communion avec le public, lorsque les trois garçons descendent au milieu de la salle pour interpréter deux chansons en acoustique (« Little Girl Of Mine in Tennessee »), guitare, banjo et mandoline. La vie. « Ça fait bien quatre ans qu’on n’a pas fait ça » avoue Judah qui encourage ensuite les spectateurs à joindre leurs voix sur « Free Fallin ». Puisqu’ils ne peuvent pas vraiment faire du crowdsurfing ce soir, ils s’adaptent, et on est plutôt ravis.

Après un court blanc le temps de remonter sur scène et se remettre en place, ils réattaquent fort avec « Suit & Jacket » et « Going To Mars » pour le plus grand bonheur d’un public très attentif. « Vous êtes tellement silencieux, merci ! Aux États-Unis, il y a toujours un brouhaha en fond » remarque d’ailleurs Judah qui s’arrête un instant, tout sourire, alors qu’il entamait en guitare-voix « Rich Kids ».

La soirée se termine sur « Take It All Back », suivi d’un rappel bonne franquette : les deux premières parties viennent rejoindre Judah & the Lion sur scène pour unir leurs voix sur « Lean On Me ». Enfin, comme à leurs habitudes, ils clôturent la soirée avec la superbe « Water ». Une incroyable communion.

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