Pedro Winter : « La musique et la mode sont indissociables « 

INTERVIEW – On a papoté avec Pedro Winter, qui a collaboré avec les Galeries Lafayette pour donner vie au Festival Music Machines.

Il est l’ambassadeur de la French Touch. Pedro Winter, alias Busy P, a été choisi par les Galeries Lafayette pour être le chef d’orchestre de Music Machines, événement qui rythmera le grand magasin parisien du 11 avril au 24 juin. Tout juste rentré du Japon, l’artiste nous a accordés un peu de son temps pour parler de cette manifestation pas comme les autres et de ses différents projets.

Comment est né Music Machines ?
J’ai été approché par Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe Galeries Lafayette. Tous les ans, les Galeries travaillent sur des thèmes. Cette année, c’est la musique. Il avait besoin de quelqu’un pour conduire le projet, même si c’est avant tout un travail d’équipe. L’idée c’est de mettre en avant la symbiose entre la mode et la musique, qui ont toujours été indissociables, à travers différents événements.

Tu as accepté tout de suite de chapeauter le projet ?
Oui, car j’aime bien l’équipe de création des Galeries. Il y a aussi Toiletpaper, le binôme formé par Pierpaolo Ferrari et Maurizio Cattelan, qui est à la tête de la direction artistique. Travailler sur la conception des vitrines, ce n’est pas mon domaine à la base, mais j’ai trouvé ça très sympa d’amener un souffle lié à ma culture musicale. Si les Galeries ont eu un besoin de légitimer le concept de Music Machines en faisant appel à moi, je leur ai dit qu’il n’y avait pas lieu de se justifier car  même si ce n’est pas une salle de concert ni un magasin de disques, il y a toujours de la musique aux Galeries. Pour info, la marque Etudes va créer une collection capsule à l’occasion de Music Machines sur le thème du merchandising. Un des liens qu’on pourrait faire avec la mode, c’est l’importance du merchandising dans les carrières des artistes. Toutes les grosses stars ont leur propre marque. Au début c’est du merchandising mais quand on regarde Kanye West, c’est au-delà de ça.

En ouverture du festival, le 11 avril, un concert avec Juliette Armanet, Bagarre, Syzer, Ichon et Mid est organisé. Pourquoi cette programmation ?
J’ai fait une proposition aux Galeries. On sera dans un laps de temps très court – 3 heures max –  mais j’ai insisté pour avoir une variété d’artistes français qui représentent chacun un style : l’électro, le rap, la chanson française. C’est un vrai challenge parce qu’il n’y a pas de grosse tête d’affiche, à part peut-être Juliette Armanet. On va investir la rue Mogador pendant un petit bout de la soirée, dans l’esprit d’un mini festival en plein air. C’est un clin d’œil à Coachella qui commence le 13 avril. (Busy P est programmé à Coachella le 14 avril, NDLR)

« Dans la musique on a toujours un regard vers le futur »

Pour l’occasion, tu as imaginé l’espace « Music Factory » dans la Galerie des Galeries. En quoi consiste-t-il ?
C’est un espace dédié à la musique au sens large. Le studio Vaste a signé  sa scénographie. Il y a une salle de musique, dans laquelle on a installé une platine et un bon sound system pour piocher dans la discothèque de DJ Mehdi, artiste avec lequel j’ai collaboré pendant plus de dix ans mais qui nous a malheureusement quittés en 2011. Ensuite, on a des bornes de réalité virtuelle, puisque dans la musique on a toujours un regard vers le futur. Enfin, il y a un grand espace consacré à la rencontre. En collaboration avec Radio Nova et Les Inrocks, on y organise des tables rondes avec des artistes et des journalistes. On va aussi faire des émissions de radio qu’on pourra réécouter en podcasts et il y aura une grande table au milieu avec une sélection de livres. En gros, c’est un grand espace culturel. J’espère que les gens s’y sentiront bien et viendront y flâner entre deux courses.

Peux-tu nous en dire plus sur les Sessions Stereokids ?
C’est un projet que je mène à part depuis trois ans. Une fois par an on essaye de monter un festival : la musique des grands pour les enfants. On prend tous les codes d’un festival pour adultes sauf qu’on les met à la taille des enfants. On va faire 4 ou 5 séquences dans les Galeries le dimanche, avec des DJs et des animations tout autour de la musique.

 2018 marque les 15 ans de ton label Ed Banger. Tu en retiens quoi ?
Du plaisir avant tout. Si on en est là aujourd’hui, toujours sur nos jambes et excités par nos métiers, c’est qu’on s’amuse bien. Sans vouloir donner de grandes leçons, si on est heureux dans son métier, il n’y a aucune raison que ça s’arrête. On a eu des succès, on a fait des choses qui n’ont pas marché, on a eu des belles rencontres, on a surmonté la tragédie de Mehdi. On a expérimenté toutes les émotions que les gens rencontrent dans la vraie vie. Un label, c’est une famille. Je suis content de voir qu’on est tous encore ensemble.

Quels sont tes projets ?
On est en train de travailler sur 10lec6, nouveau groupe qu’on vient de signer. On a un nouveau single de Breakbot en prévision, un nouveau single de Borussia. Sebastian est en train de terminer son disque. On a plein de belles choses pour être excité encore longtemps. Par ailleurs, le livre Plastic Dreams d’Olivier Degorce sortira le 31 mars via ma maison d’édition Headbanger Publishing. C’est un livre de photos qui retrace les débuts de la musique électronique en France de 1991 à 1999.

► Music Factory, du 11 avril au 24 juin, Galeries Lafayette. Paris 9.

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