Francouvertes 2018 soir 6 : Laura Babin, Billy Love Band, Anthony Roussel

LIVE REPORT – Avant-dernier soir des préliminaires, retour sur cette 6e soirée des Francouvertes avec Laura Babin, Billy Love Band et Anthony Roussel.

« Allez viens, c’est bientôt la fin… », cette grosse référence musicale (ironie bonjour) me vient en tête alors que je commence à rédiger le compte rendu de la 6e soirée de préliminaires des Francouvertes. Il s’agit en effectivement de l’avant-dernière soirée de concerts au Cabaret du Lion d’Or, avant les demi-finales et finale du concours. En lisse ce soir-là : Laura Babin, Billy Love Band et Anthony Roussel.

Mais avant de démarrer, c’est comme d’habitude, un ex candidat qui vient jouer pendant 15 minutes. Ce lundi c’est David Marin qui s’installe derrière son piano, au centre de la scène. Le Québécois a participé à la 10e édition. Cette année, c’est la 22e. Le temps passe vite, puisque David Marin sort cet été son troisième album dont il nous présente d’ailleurs quelques extraits. Avec sa façon se prononcer chaque syllabe à la Renaud, David Marin nous parle du large et des contraintes parentales avec humour (« quand est-ce qu’on mange ‘stie »).

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Laura Babin au top

Laura Babin entame les festivités avec une intro instrumentale mi-planante, mi-mystérieuse pour nous mettre dans le bain de « La Couleur », tirée de son dernier EP Water Buffalo. En jetant un coup d’œil au public, tous les regards sont braqués sur la scène, c’est bien pensé et bien joué, nous voilà tous absorbés. « Je suis venue tous les lundis, ça m’a donné vraiment hâte » nous dit-elle souriante avant de se lancer dans la superbe « Water Buffalo », accompagnée de basse et batterie. Ma préf’. Et rien qu’à la regarder, on sent qu’elle prend beaucoup de plaisir à jouer pour nous, avec ses deux musiciens. L’expression « comme un poisson dans l’eau » s’applique entièrement à ce que l’on peut observer. Musicalement, tout est au point, on sent qu’il y a du travail et de la bouteille. On n’a aucun mal à se laisser porter et emporter par son univers rock mélancolique. C’est bien fait et très beau, que demander de plus ?

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Billy Love Band, le bazar kitsch

Derrière le nom Billy Love Band se cache un projet mené de front par le violoniste et chanteur William Lamoureux. Installé en Ontario, le quintet s’est fait quatuor pour les Francouvertes. Le frontman se présente en chaussettes sur scène, aux côtés de trois musiciens (guitare, basse à 6 cordes et batterie) et d’un porte-manteaux sur lequel sont accrochés un perfecto jaune et une veste en fourrure à la « Thrift Shop ». Le set débute en fanfare avec « L’Apocalypse » et sa basse funk puis « Quand j’prends mon temps » et son atmosphère hip-hop dramatique. L’univers musical est éclectique au possible, on trouve de tout, c’est un peu le bordel des influences.

Après la séquence danse, on passe aux ballades. Pour l’occasion, William revêt « la fourrure, car les chansons d’amour c’est intime et feutré ». Alrighty. En plus de la fourrure, le violon est joué en sorte de mandoline, puis échangé avec un ukulélé. Le dernier acte voit apparaître le perfecto jaune, couleur de la jalousie, nous explique William. Qu’apporte réellement ces changements de looks ? Il y a côté très kitsch à cette proposition musicale qui pourrait être l’enfant caché d’Edvin Marton et de Debout sur le zinc. Pourtant, ça passe bien en live, ce n’est pas désagréable à regarder ni à écouter.

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Anthony Roussel le nostalgique

Pour finir, Anthony Roussel monte sur scène avec ses quatre musiciens. Je vous avoue que je n’ai pas grand chose à dire sur ce set. Comme si une mini tornade des années 1990 m’avait brutalement arrachée à 2018. J’ai l’impression de me retrouver dans la voiture de mes parents, en route pour la Normandie avec David Hallyday qui passe à la radio et la pluie qui tambourine contre le pare-brise. Je ne comprends pas bien pourquoi Anthony a la tâche de conclure la soirée (tu le vois le soufflet sortant du four qui se tasse sur lui-même d’un coup ?). Si les arrangements sont propres, ils sont trop propres et stéréotypés à mon goût. De la chanson française un peu désuète. Je n’arrive pas à me concentrer sur les mélodies ou les paroles, tout file. Ça ne me touche pas. Exception faite de la très jolie « Mimi » interprétée en guitare-voix, seul. Là, je m’arrête et écoute avec attention cette déclaration amoureuse. Mais la parenthèse est vite fermée. Dommage car il y avait des éléments intéressants.

Résultats de cette 6e soirée, Laura Babin prend la 3e place occupée la semaine dernière par Crabe. LOGIQUE. LaF et zouz, sont toujours 1er et 2e. Ni Billy Love Band, ni Anthony Roussel  ne parviennent à se caser dans les lucky neuf qui passeront en demi-finales. En revanche j’envoie un message plein d’espoir au dieu des Francouvertes pour que Gabriel Bouchard, actuellement 8e, puisse se qualifier la semaine prochaine.

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Photos : Emma Shindo

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