« Staying At Tamara’s » : les tribulations de George Ezra Tome II

CHRONIQUE – George Ezra a fini par sorti son deuxième album, « Staying At Tamara’s » un condensé réconfortant et dépaysant. 

On ne va pas te mentir d’emblée, le nouvel d’album de George Ezra ne sera pas élu meilleur album de tous les temps. Staying At Tamara’s n’est pas un album qui va révolutionner le monde de la musique. Néanmoins, c’est un album qui donne la patate, un album fait de chansons chaleureuses et feel good, pour certaines carrément addictives.

George Ezra était attendu au tournant après Wanted On Voyage un premier album vendu à plus de 3 millions d’exemplaires sorti en mai 2014. Qui n’a pas dodeliné de la tête sur « Budapest » ou « Blame It On Me » ? Le Britannique a pris le temps de monter Staying At Tamara’s et ses 11 chansons après avoir défendu son album pendant deux ans. Le jeune homme revenu s’installer à Hertford sa ville d’origine décide de repartir en voyage afin de retrouver de l’inspiration.

L’auberge espagnole

Arrivé à Barcelone, il loue une chambre en Airbnb pendant un mois chez… Tamara qui ne le reconnaîtra que plusieurs semaines plus tard. « Plus de sept histoires se passaient simultanément. Dans une chambre, une fille d’Argentine de mon âge, dans l’autre un couple d’Allemands. La douche était glaciale, la porte d’entrée ne fermait pas, les gens allaient et venaient.C’est rapidement devenu une des meilleures expériences que j’ai vécues. Tous les amis de Tamara étaient artistes, designers, étudiants en mode (…) tous les titres de l’album viennent de ce petit appartement » raconte-t-il.

On avait déjà eu la primeur d’entendre les sentimentales « Hold My Girl » et « All My Love » à Rock en Seine, qui restent à ce jour, deux de mes chansons préférées de l’album. Il n’y a pas à tergiverser, ce timbre de voix duveteux qui te caresse l’échine, y est pour beaucoup. L’optimisme et la légèreté des textes participent à l’atmosphère lumineuse qui se dégage de Staying At Tamara’s. Que ce soit « All My Love » : « All my love is yours / All my time is ours / All my reckless dreams  / And all my restless hours » ou « Hold My Girl » : « I’ve been dreaming ’bout us / Working hard and saving it up / We’ll go and see the man on the moon / My girl we’ve got nothing to lose », une chose est sûre : George Ezra est toujours un grand romantique.

Hits & pépites

Il n’y a pas que les ballades qui nous donnent du baume au cœur. Les premiers singles de George Ezra annonçaient la couleur : « Don’t Matter Now », « Paradise » ou encore « Pretty Shining People » écrites au fil des explorations du songwriter à travers le Royaume-Uni. Cette dernière chanson sur l’unité, composée sur l’île de Skye alors Trump était élu et que le Brexit pointait le bout de son nez donne le ton : « Hey pretty smiling people / We’re alright together, we’re alright together ». Niveau partitions, rien de fou, mais des mélodies accrocheuses et des arrangements parfaits pour les ondes.

Quelques pépites se sont glissées entre les « hits ». Notamment « Only Human »,  hymne à la tolérance en piano-voix avec quelques incursions de cuivres (« You can run, you can jump / Might fuck it up / But you can’t blame yourself / No, you’re just human »). À relever également, une surprenante collaboration avec First Aid Kit sur « Saviour », chanson d’amour désenchanté, plus maussade, avec une batterie entraînante et une guitare désaturée qui viennent soutenir les harmonies un poil dramatiques que les sœurs suédoises apportent sur les refrains.

Dans l’ensemble, Staying At Tamara’s est ce genre d’albums, comme l’était Wanted On Voyage, qu’on écoute du début à la fin en passant un bon moment. Un album dont on ne souvient pas forcément, mais qu’on réécoute avec plaisir, le sourire aux lèvres, l’esprit ailleurs.

Staying At Tamara’s – sortie le 23/03 (Columbia)
En concert le 13 avril au Trianon et le 21 avril au Théâtre Corona.

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