The Psychotic Monks, une certaine idée du chaos organisé

ROCK –  The Psychotic Monks a remporté le Prix Chorus 2018. Il est temps de faire les présentations avec ce groupe qui n’a pas fini de faire trembler les murs des salles de concerts.

Dans un monde de PNL, soit The Psychotic Monks. À ce qu’il parait, la musique vit en cycle. Il y a un temps pour chaque style et, on ne va pas se mentir, on est en plein dans l’air du hip-hop. À ce propos, RIP le « Rock » de Rock en Seine. Il est loin, j’ai l’impression, le temps où les guitares étaient saturées, les batteries explosives, le son distordu. Bien sûr, il reste quelques groupes qui résistent. Mais, ce n’est pas ce qui attire les foules dans les festivals. Par exemple, le Festival Chorus a fait le choix de mettre en avant le hip-hop et la musique électronique. MAIS, il faut regarder du côté des jeunes pousses et dire merci au Prix Chorus. Parce que, c’est The Psychotic Monks qui a été désigné lauréat 2018. Le rock n’est pas mort, les enfants. Le rock n’est pas mort.

Le calme et la fureur

Le communiqué de presse dit que le groupe a été récompensé selon des critères techniques et artistiques : « originalité du répertoire et des arrangements, sens de la composition, qualité technique, qualité des textes« . Et ça, ça nous met en joie. Parce que, quand tu ne t’y attends pas, que tu rentres dans une salle où joue The Psychotic Monks, c’est comme se prendre une grande porte en plexiglas en plein dans la gueule. C’est violent d’abord, mais t’oublie vite le choc. Il y a autre chose qui se passe. Dans la pénombre de la salle de concert, de la scène à peine éclairée, t’es happé par l’énergie incroyable que dépense le groupe.

Ça cogne fort, ça triture, ça maltraite les instruments. C’est un chaos organisé qui laisse un peu de place à l’improvisation. Il y a quelque chose de suspendu et poétique aussi, parce qu’il faut prêter attention aux textes du groupe. Le mélange des influences se sent ici : la fureur de Ty Segall, le romantisme de Nick Cave, la mélancolie du Velvet, le psyché de Black Rebel Motorcycle Club. Ça passe du chuchotement au cri, du sombre au lumineux, du silence à la fureur, de la rage à la contemplation en quelques secondes. Et tout est dosé avec la précision et l’intelligence d’un alchimiste. Juge par toi-même.

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