Peter Oren, voix organique pour disque poétique

NOUVEAU NOM – À ajouter à la (longue) liste des voix exceptionnelles, on te présente Peter Oren. Il est américain. Il joue de la guitare. Tu connais l’histoire.

J’ai déjà dû le dire. Je le répète. Tant pis. J’aime les voix. Avant la musique, avant les paroles, ce sont les voix qui me parlent (pour de vrai). Alors quand j’ai entendu Peter Oren pour la première fois, forcément, j’ai tout laissé tomber et j’ai creusé. Ce mec a une voix qui te fait tout arrêter. Un truc à la Eddie Vedder.

Musicalement, ça sent bon le pin. Les virées en pickup sur les routes brumeuses, les soirées dans un plaid au coin du feu à l’orée du bois. Ça sent les virées sans but et les nuits les yeux dans le vague. C’est simple comme ça. De la guitare, et quelques cordes, et l’affaire est pliée. Pas compliqué. Les paroles racontent exactement tout cela. En plus, c’est cohérent.

 

Il a sorti un album en novembre dernier, qui s’appelle Anthropocene. Son deuxième. On se perd dans cette voix, mais on aurait tort d’oublier le reste, parce que Peter Oren n’est pas un folkeux parmi d’autres, qui parle d’amours déchues, ou de temps perdu. Peter Oren nous replace là où on est, dans un monde qui ne va pas franchement bien, face à nos responsabilités. Il y a quelque chose qui touche au désespoir, quand on entend la chanson éponyme de l’album.

Where will I go
When I don’t want to be
With idle hands awaiting catastrophe
Here in the Anthropocene

How will we escape this hell we made
How will we escape this hell ?

 

Ce désespoir, pourtant, est contrebalancé par les mélodies, toujours. L’équilibre a ce qu’il faut de poésie.Une belle prouesse qu’on aimerait beaucoup découvrir en live. Il a d’ailleurs tourné en Europe, mais sans passer par la France. Cher pays, un jour il faudra comprendre ces chanteurs solitaires et les inviter. Parce que nous, on les attend.

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