Neeskens et son nouvel EP, l’histoire d’un ancien amour

CHRONIQUE – Des années après son album Mont-Royal, Neeskens revient enfin. Il a choisi le format EP pour dévoiler ses nouveaux titres. Et on n’est plus très sûr de suivre.

Le rapport à la musique, c’est un peu la même chose que le rapport à un ancien amoureux. Tu te souviens pourquoi tu l’as aimé. Mais tu n’as pas forcément envie de savoir ce qu’il est devenu. Tu lui dis bon vent et tu t’éloignes. Avec Neeskens, c’est beaucoup plus compliqué. Je l’ai beaucoup aimé, pour Groenlo. C’était le même qui sortait Mont-Royal, écrivait de la musique pour Quechua et reprenait « La légende de Jimmy » au détour d’une émission de The Voice. Lui, c’est le genre d’amour sur qui tu ne peux finalement pas tout à fait faire une croix. Parce que dans chaque nouveau titre, tu y retrouves un peu de ce qui faisait l’amour des débuts.

Des chemins divergents

« De Klok ». Ce titre, c’est le souvenir de ton amour perdu. C’est le sourire du garçon que tu as aimé, qui planterait son regard dans le tien et qui te déchire le cœur rien que d’y repenser. Caché au milieu de l’EP, ce titre est peut-être celui qui blesse le plus. Qui laisse entrevoir tout ce qu’il y avait de possible. Comme les chœurs sur « ASENA (wolves) ». Ou la guitare de « Going Home ». Ce titre-là, c’est celui qui aurait pu te faire oublier le reste, tout en confirmant que tout est fini. Il aurait pu prendre une voie qui t’aurait fait chavirer. Mais il a pris le chemin qui s’éloignait.

Le reste, ce ne sont que des preuves que vous n’avez plus rien à faire ensemble. Parce que tu ne le comprends plus. « 9 » par exemple. Outre le fait que ce chiffre soit déjà un titre d’album intouchable, les arrangements de cette chanson n’ont rien de Neeskens. On pense à Patrick Watson sur le début au piano. On pense à n’importe quel titre pop de pub pour la suite. Même problème sur « We are one », qui ouvre l’EP. Ou sur « Zephyr ». Ces titres-là, ce sont les « il n’est plus le même, il a changé » musicaux. Tu ne peux pas en vouloir à ton ex d’évoluer sans toi, mais tu peux te rendre compte que vous n’évoluez pas dans le même sens. C’est comme ça.

Alors à la fin de cet EP, tu te dis que c’est terrible, parce qu’au fond, c’était bien. Tu es toujours attaché au passé. Tu y verrais bien une version améliorée pour le futur. Mais tu sais surtout que le présent ne te convient pas. On se dit rendez-vous au prochain EP, Neeskens. On verra bien.

« De Klok », nouvel EP de Neeskens, sortie le 8 juin

(Et en attendant, « De Klok » a été mis en image merveilleusement par Capsus Films, en noir et blanc. Tellement merveilleusement que le clip est sélectionné au New York Independant Film Festival, alors n’oublie pas de cliquer sur la vidéo plus haut).

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