Feu! Chatterton et L’Impératrice au MTelus : Paris est magique

LIVE REPORT – Sur le papier, c’était l’une des plus belles affiches des Francos de Montréal. Dans les faits, le concert de Feu! Chatterton et de L’Impératrice était monumental.

Pour leur premier concert au Québec, L’Impératrice a fait forte impression. Le MTelus qui affiche complet, n’est pas entièrement plein quand les six Parisiens font leur entrée sur scène à 21h. La scène, c’est quelque chose qu’ils maîtrisent en crisse majesté. Les six amis la foulent depuis plusieurs années et remplissent les salles de France et de Navarre à guichets fermés. C’est tout à leur honneur, puisque leurs concerts sont franchement de purs moments de voluptueux lâcher-prise.

Fièvre discopicale

Matahari leur premier album a fini par sortir en mars de cette année après quatre EPs, d’abord instrumentaux. Flore au chant, arrivée en 2015 dans le groupe, s’éclipse à plusieurs reprises pendant le concert pour laisser libre court à la fièvre instrumentale (et tropicale) des cinq fins musiciens qui l’accompagnent. Comme un rapport sexuel, L’Impératrice fait doucement et progressivement monter la mayonnaise. Les hanches s’agitent et les corps se meuvent graduellement avant d’exploser sur les séquences pop-électro rétro et duo de guitare/basse funky et groovy à souhait. C’est purement jouissif.

L’Impératrice poursuit sa démonstration royale avec classe et finit de transformer le MTelus en bouillonnante boîte de nuit.

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« Êtes-vous prêts à faire l’amour ? »

Au tour de Feu! Chatterton de s’élancer. Contrairement à L’Impératrice, ces cinq Parisiens-là ne viennent pas en terre inconnue. Ils connaissent déjà Montréal et sont des habitués des Francos. Ils jouaient dès 2015 avec Fauve en 2015 au ex-Métropolis et étaient revenus faire danser le Club Soda en 2016. Depuis, le groupe a lancé L’Oiseleur et c’est avec panache et frénésie que les garçons sont venus le présenter à leur public québécois.

« Ginger », « Ophélie », « L’Ivresse »… mais aussi des désormais incontournables de leur discographie sont interprétés ce soir-là (« La Pinède », « Côte Concorde », « L’Aube », « Boeing »). Musicalement et scéniquement, on a toujours été bluffés par les performances de Feu! Chatterton, et ce concert-là ne viendra pas faire exception. Mis en valeur par de sublimes jeux de lumière, le groupe prend un malin plaisir à entraîner le public dans ses pérégrinations, conduites d’une main de maître par le taquin Arthur et ses métaphores de velours qui introduisent chaque morceau.

Malgré l’heure tardive (pour le public québécois), le public en redemande et ne semble pas rassasier de ce shoot passionnel et impétueux de la formation française. Le quintet revient pour un rappel de cinq titres, « Souvenir », « Porte Z », « La Fenêtre », « La Malinche » et « Sari d’Orcino » qui viennent clôturer une soirée inoubliable.

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Photos : Emma Shindo

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