The Jesus And Mary Chain à La Laiterie, le concert d’un groupe qui n’a pas changé

LIVE REPORT – Cette année semble être celle du retour des « vieux » groupes écossais du côté de La Laiterie. Hier, c’était The Jesus And Mary Chain qui venait présenter son dernier album « Damage And Joy ».

Je n’avais jamais vu sur scène The Jesus And Mary Chain. Voilà, c’est dit. Il y a toujours quelque chose d’étrange à aller voir un groupe qui s’est formé avant ta naissance, et qui a surtout marqué au fer rouge l’histoire de la musique. Encore plus quand le dit-groupe a créé un nouveau genre, été une influence majeure d’une bonne tripotée de groupes que tu adores et resté le plus indépendant possible après toutes ces années. Oui, mais…

Une première partie inspirée de la tête d’affiche

Le premier « mais », il est arrivé à l’entrée, quand on m’annonce que je ne dois surtout pas prendre de photo de Jim Reid de face. J’avoue que je ne suis pas particulièrement fan de ce genre de consigne, surtout quand tu n’as pas la latitude de bouger comme tu le veux pour les prendre, tes photos. Heureusement, j’arrive tôt et trouve une place sur le côté. Snaabbacash, le trio de Belfort déjà vu il y a quelques mois, me fait aussi un peu oublier tout cela. Bien que le line-up ait totalement changé, à l’exception du chanteur-guitariste, leur musique qui rappelle à la fois la brit-pop et les grosses cylindrées américaines comme BRMC est une bonne entrée en matière. Snaabbacash fait clairement partie des groupes qui n’auraient pas ce son si The Jesus And Mary Chain n’avait pas existé. Alors les mettre en première partie, ça se tenait. Basse lourde, batterie puissante… Même si un peu plus de guitare aurait été la bienvenue, le public apprécie.

35 ans et pas une ride musicale

Après installation de tout le matériel estampillé JESUS sur scène, The Jesus And Mary Chain débarque avec « Amputation », le titre d’ouverture de Damage And Joy, cet album sorti l’an passé après 19 ans d’absence dans les studios. Et à l’écoute du set, c’est la même impression qu’à l’écoute de l’album qui m’envahit : cette sensation que rien ne change du côté de The Jesus And Mary Chain. Musicalement, tout se tient, tout est cohérent, les titres récents et anciens se mélangent sans qu’une oreille non-initiée ne puisse distinguer les différences. Peut-être que certains y trouveront un reproche. De mon côté, au contraire, ça m’enchante. Des mecs capables d’écrire des bonnes chansons en gardant leur son caractéristique pendant 3 décennies ? Ça force mon respect et tout mon amour.

Mon amour, il est aussi et surtout inspiré par ce que j’ai toujours ressenti en écoutant ce groupe, et que je ressens doublement pendant le concert (surtout sur la 2e partie à vrai dire). La batterie d’un côté, qui te donne envie de taper sévèrement du pied et de headbanger. Les guitares de l’autre, qui te font onduler du bassin les yeux fermés. J’en guette chaque riff de William Reid ou du génial Scott Von Ryper, de chaque côté de la scène. Ce sont eux qui transforment chaque chanson de TJAMC en bande-son de ta vie. Comment ne pas avoir son petit cœur serré sur « Cherry Came Too » ? Comment résister au mur sonore de « In A Hole » ?

Épileptiques, s’abstenir

Mais voilà, il y a un autre « mais » qui m’empêche de rester totalement emballée par ce concert. Cette scénographie. Bien sûr, on ne s’attend pas à ce qu’un concert de TJAMC de 2018 ressemble à ce qu’il se passait il y a 30 ans. Les émeutes, les bastons, ça va aller, merci bien. Mais tout de même, je ne m’attendais pas à ce Jim Reid seul à l’avant, pendant que les autres resteront toujours dans le fond, en ligne. Alors oui, on parle du groupe à l’origine du « shoegaze ». Ok, Jim les regarde, ses chaussures. Il ne parle pas beaucoup, Jim. Tout juste un ou deux mercis entre les chansons. C’est peu. Peut-être peu important, aussi. Mais ça contraste tellement avec la tonne de lumières aveuglantes et épileptiques qui écrase le tout… Cela peine à embarquer le public (public bien décevant par ailleurs par son côté statique), qui aurait sûrement apprécié de voir un peu mieux ce qu’il se passait à l’arrière. Un public qui aurait aussi voulu avoir droit aux setlists (parcours du combattant pour avoir une photo des titres en fin de concert !). Un public qui aurait peut-être apprécié de ne pas débourser 30 balles dans un t-shirt… Allez, on dira qu’en cela, peut-être, on retrouve le côté « on vous emmerde, on fait ce qu’on veut » du groupe. Et que la fin de set sur « I Hate Rock’n’roll » ne fait qu’enfoncer le clou : The Jesus And Mary Chain n’a pas beaucoup changé.

Setlist : Amputation / April Skies / Head On / Blues From A Gun / Black And Blues /Mood Rider / Far Gone And Out / Between Planets / Snakedriver / Teenage Lust / Cherry Came Too / All Things Must Pass / Some Candy Talking / Halfway To Crazy / Darklands / Reverence /// Just Like Honey / Cracking Up / In A Hole / War On Peace / I Hate Rock’n’Roll

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