Hozier le Magnifique triomphe pour son grand retour sur scène

LIVE REPORT – Après une date d’ouverture en festival à Ottawa, Hozier débutait sa toute nouvelle tournée en salle par un concert, à guichets fermés, à l’Olympia de Montréal. L’Irlandais était attendu comme le messie.

L’Irlande est terre de songwriters et folksingers. Si vous n’êtes jamais allés sur cette fabuleuse île sauvage, imaginez que tous les soirs, dans n’importe quel pub ou place, de Dublin à Cork en passant par Galway, des guitaristes-interprètes et des compositeurs célèbrent le folk comme nul autre endroit sur la planète.

L’Irlande, terre de talent

Alfie et Harry Hudson Taylor sont deux jeunes frères qui, sans aucun artifice, nous charment en deux temps, trois mouvements. Des héritiers directs de ces générations de folksingers qui parcourent encore la planète, chantant dans la rue, guitare sur le dos, harmonica dans la poche, trous dans les chaussettes. Ils sont de ceux qui savent raconter toutes sortes d’histoire avec empathie et faire de simples mélodies des hymnes entêtants. Sourires éclatants et talent évident. Pas étonnant qu’Hozier les ait choisis pour faire ses premières parties sur cette tournée nord-américaine de cinq semaines (ça, et leur manageuse en commun).

Pour leur premier concert de la tournée, les deux garçons se présentent avec cinq musiciens à leurs côtés. On note notamment une choriste, un violoniste et un percussionniste sur son cajon. Alfie mène la danse de son regard lumineux et son sourire contagieux, tandis que Harry (chapeauté) plus en retrait apporte un soutien infaillible aux harmonies et à la guitare. Eux aussi sont en fin de rodage, puisque leur nouvel mini-album Bear Creeks to Came Street sort trois jours après le début de la tournée. Évidemment, sur 30 minutes de set, Hudson Taylor privilégient les chansons entraînantes et grand public, comme « Run With Me », « One in a Million » ou « Feel It Again ». Malgré le bruit de fond et les « chut ! » exaspérés qui se font entendre de la fosse, le duo parvient à interpréter leur jolie ballade « Old Soul » et même à faire chanter le public.

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Le grand come back

C’est à 21 heures que Hozier et ses sept musiciens/choristes débarquent sur la large scène du théâtre l’Olympia. L’artiste ne se déplace pas en petit comité. Veste en jean, cheveux détachés, grand sourire, Hozier ne cache pas son bonheur de se produire à nouveau à Montréal. On retrouve d’ailleurs quasiment la même équipe que lors de sa dernière tournée. Cinq musiciens, deux choristes. Le violoncelle s’est transformé en violon, et des synthés-machines ont été ajoutés en plus des claviers habituels. Sept multi-instrumentistes qui joignent leur voix à celle d’Hozier en de vigoureuses (et parfaites) harmonies de spiritual. Avec un plaisir apparent de jouer ensemble.

Le concert débute en fanfare avec « Nina Cried Power », le premier single tiré du nouvel EP de Hozier. Curieux choix stratégique, puisqu’il s’agit du nouveau titre majeur de l’artiste, qui semble d’ailleurs avoir dans un premier temps un peu de mal à caler sa voix sur l’accompagnement. Les titres de son premier album s’enchaînent ensuite sans difficulté, tout est déjà bien rodé depuis ces années. Des premiers rangs au balcon, les voix se font entendre, l’Olympia ne peut s’empêcher de chanter. Ou d’écouter attentivement « NFWMB », pour la première fois en live. Hozier déroule les fils avec minutie, la tension plane jusqu’au dernier accord, délivrant là l’un des meilleurs morceaux de son set.

Deux Cherry Wine et une nouvelle chanson

Les téléphones jaillissent au-dessus des têtes lorsque, seul avec sa guitare, Hozier interprète pour la première fois « Cherry Wine ». Interrompu par un malaise au milieu de la fosse, l’Irlandais inquiet, reprendra pour une seconde fois sa chanson, en entier, après quelques minutes d’un entracte imprévu. Suit « Shrike », tirée du nouvel EP. Moins mainstream que la version studio, la ballade apaise les esprits avant une fin de concert explosive où vont s’enchaîner « Take Me To Church », « Like Real People Do » et « Work Song ».

En plus d’une version revisitée, très groovy de « Someone New », l’Olympia a le droit à l’exclusivité de « Movement ». Une nouvelle chanson, qui apparaîtra sur ce prochain album dont l’Irlandais parle avec fierté. Ce titre ne devrait d’ailleurs pas tarder à sortir, précise-t-il. Inattendu est le mot : les premières mesures nous font penser à du James Blake, la suite est plus pop. Le tout n’est pas désagréable à écouter, bien que moins habité que les titres précédents.

La fin est une apothéose de sifflements et d’applaudissements. Un cri du cœur de Montréal à ce fabuleux et généreux artiste qui n’a de cesse de nous impressionner. À ce bluesman habité qui nous émeut comme personne et qui nous réserve encore, on l’espère, de bien belles surprises.

Hozier jouera à la Salle Pleyel (Paris) le 14 novembre.

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Setlist : Nina Cried Power / Jackie and Wilson / From Eden / Angel Of Small Death and the Codeine Scene / To Be Alone / NFWMB / Cherry / Shrike / Arsonist’s Lullaby / Moment’s Silence / Someone New / Movement / Take Me To Church / rappel : Like Real People Do / Work Song

Photos : Emma Shindo

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