Retour sur la belle 9e édition du MaMA Festival 2018

MAMA FESTIVAL – Retour sur la 9e édition du MaMA Festival, le rendez-vous phare des artistes éclectiques réunis autour de Pigalle. Avec Zulu Zulu, Clio, Naya, House Gospel Choir, Saro, 47 Soul, Nach, Hein Cooper, Nili Hadida et Roni Alter.

Les 17, 18 et 19 octobre, le MaMA Festival était de retour pour une 9e édition. Répartis dans une dizaine de salles autour de Pigalle, 150 artistes ont fait danser et chanter le quartier. Comme chaque année, le MaMA Festival c’est l’occasion rêvée pour retrouver des artistes bien connus en formation réduite (Nach, Hein Cooper, Roni Alter, etc.) mais c’est aussi, et surtout, l’occasion de découvrir de nouvelles pépites (Zulu Zulu, Naya, 47 Soul, etc.). Cette année encore on a été gâté. On se donne rendez-vous l’année prochaine, du 16 au 18 octobre, pour fêter les 10 ans !

Jour 1 : Zulu Zulu, Clio et Naya

Les trois musiciens masqués de Zulu Zulu venus de Majorque s’installent à la Chaufferie de la Machine du Moulin Rouge. Inspirés par les musiques traditionnelles et rythmiques africaines, ils ont développé un style pop-rock bien à eux. Arborant des masques peints, habillés de tissus wax, évoluant sur scène dans l’ombre, Zulu Zulu nous plonge dans un monde mystique parallèle. La voix gutturale du chanteur favorise aux textes chantés des cris et des onomatopées festifs. Au trio de guitare, basse et batterie, s’ajoutent occasionnellement du xylophone et une trompette sonore. Ces trois chamans parviennent sans difficulté à prendre possession de nos esprits et dans la salle on se laisse aller à onduler gentiment. Leur premier album, Zebra Défense, est sorti en 2017 chez Foehn Records.

Clio aime le cinéma et l’amour et c’est ce qu’elle décline en chansons. De Romy Schneider à la peinture à la gouache, en passant par une maison sur la côte et une balade autour d’horodateurs, c’est toujours de sentiments et de passion que Clio fait l’apologie. Avec ses petites cassettes d’un autre temps, elle lance pour intro des extraits de films ou de chansons avant de poser sa voix douce sur les instruments de ses deux comparses de scène. Elle joue ce soir les titres de son deuxième album à paraître et chante la « Chamallow’s Song » de son premier album éponyme sorti en 2016.

Naya a tout juste 18 ans et pourtant elle se promène déjà sur scène avec la prestance des meilleur.e.s. Après s’être illustrée sur la scène de The Voice Kid elle arpente désormais seules les salles de spectacles. Sous les projecteurs du Bus Palladium, elle s’accompagne ce soir avec aisance d’une guitare électrique et de pistes lancées depuis un ordinateur. En anglais et en français, elle chante la poésie du quotidien et des rêves d’une jeunesse libre ou notamment l’envie d’un « Ailleurs solaire ». On aime particulièrement la rayonnante « Quelque chose de toi » et la plus sombre « Ghost By Your Side », qui conclut le set.

Jour 2 : House Gospel Choir, Saro, 47 Soul et Nach

Ils sont 16 sur la scène de la Cigale. La House Gospel Choir c’est 12 voix, un clavier, une batterie, un pad électronique et un saxophone. Autant dire que le plancher tremble de l’énergie communicative de cette joyeuse troupe. Comme son nom l’indique, la House Gospel Choir chante un mélange électrisant de musique house et de gospel. On chante la gloire de Jésus, évidemment, mais sur des rythmes électroniques endiablés. Sur scène, les 12 choristes dansent sur des chorégraphies qui semblent parfois improvisées. Et dans la salle on se lâche aussi. Malgré l’impression d’être à un cours de zumba, on se laisse vite entraîner par la bonne humeur du groupe.

Saro est le champion du monde de Human Beatbox Loopstation. Et il le mérite ! Tout sourire, il s’installe derrière sa machine et enchaîne des rythmes précis de beatbox et des mélodies aériennes à la voix, le tout en superposant les pistes les unes aux autres. Il passe de la douceur à la dance en un tour de main et parvient à faire danser le public, devenu fou, de la Cigale.

Les quatre garçons de 47 Soul s’installent en ligne sur la grande scène de la Cigale. Dans les bras, une guitare électrique, des percus, un pad électronique, de gros tambours et un clavier. Formé en Jordanie – après s’être rencontré sur internet – le groupe puise dans la culture palestinienne son inspiration. Les garçons chantent en arabe sur des musiques électro-dance aux accents traditionnels. Ensemble ils ont créé un nouveau genre, le shamstep, qui donne son nom à leur premier EP sorti en 2015 (en 2018, un premier album a vu le jour) ; « sham » faisant référence à la région regroupant le Liban, la Jordanie, Israël et la Syrie, « step » signifiant clairement leur désir de faire danser le public. Et ça fonctionne bien, le public est en transe !

Ça faisait un petit moment qu’on n’avait pas vu Nach sur scène (depuis 2016 !!). Ce soir c’est dans la douceur des Trois Baudets qu’on la retrouve. Elle vient y présenter en avant-première et en piano-voix les titres de son nouvel album attendu pour début 2019. On reconnaît avec bonheur la voix limpide et puissante de la jeune femme, ses textes touchants et drôles et ses mélodies ensorcelantes. Elle chante ce soir sa soif d’aventure, la maternité (un texte éblouissant sur sa propre mère et un autre sur la possibilité de le devenir), l’amour fraternel (avec un hommage émouvant à Joseph), l’amour obsessionnel, etc. Du grand Nach !

Jour 3 : Hein Cooper, Nili Hadida et Roni Alter

C’est auprès de Hein Cooper que l’on entame cette dernière soirée de concerts. Pour sa deuxième participation au MaMA (il était venu en 2015) c’est sur la scène de La Cigale qu’il va faire le show. Une guitare, un pad électronique et des pédales loop, voici ses seuls compagnons de scène. L’Australien ravit le public déjà nombreux de sa voix limpide et de son jeu folk. Quelques touches électro viennent donner du grandiloquent à un set qu’on aurait peut-être préféré plus acoustique.

Après avoir écumé les salles avec Lilly Wood and The Prick aux côtés de Benjamin Cotto, Nili Hadida se lance en solo. Pour ce nouveau projet elle s’entoure d’un quintet d’instruments à vent (deux saxophones baryton, un sax ténor, un trombone et une trompette) et chante d’une voix soul sur des pistes groovy. Elle joue ce soir les titres de son premier album, éponyme, sorti le 12 octobre dernier chez AllPoints. On se laisse facilement entraîner par les chaudes notes cuivrées et l’élégance des mélodies vocales.

C’est dans la petite salle du Phono Muséum que l’on s’installe pour écouter les douces mélopées de Roni Alter. La jeune femme venue d’Israël chante ce soir en anglais et en français, s’accompagnant tantôt du piano tantôt de la guitare, aux côtés de son fidèle bassiste et contrebassiste. Elle dévoile les titres de son dernier EP sorti en juillet dernier, notamment « Save Me » ou « The Plague » mais s’illustre également dans sa célèbre reprise de « I Follow Rivers » de Lykke Li. Plus surprenant, elle nous joue au piano une version toute personnelle et riche d’émotion de « À l’ammoniaque » de PNL. Sa voix chaleureuse n’a pas fini de nous envoûter.

Photos : Jeanne Cochin

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