On plonge dans Le Grand Bain de Gilles Lellouche

CINÉMA – Avec Le Grand Bain, son troisième film en tant que réalisateur (mais son premier en solo), Gilles Lellouche signe LE feel good movie de cette fin d’année, sur fond de quadragénaires dépressifs et de natation synchronisée.

Une bande de quadragénaires dépressifs qui s’essayent à la natation synchronisée pour redonner un sens à leur vie morose. Tel est le pitch de Le Grand Bain, film réalisé par Gilles Lellouche, en salles depuis le 24 octobre. On avoue, on n’était pas sûr du résultat à l’écran mais force est de constater que l’acteur-réalisateur a largement réussi son coup, signant un feel good movie sensible, drôle et attachant dans la lignée de The Full Monty de Peter Cattaneo.

Que du beau monde

Qu’est-ce qui nous a convaincus ? Le casting ! Voir Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poolvoerde, Jean-Hugues Anglade et Philippe Katerine dans un même long métrage, qui plus est en slip de bain, c’est tout de même tentant. Chacun dans son genre, les comédiens campent avec brio leur personnage : le déprimé qui préfère jouer à Candy Crush sur son canapé plutôt que de se bouger (Amalric), le vendeur de piscine au bord de la faillite (Poelvoorde), le benêt qu’on maltraite (Katerine) le vieux rockeur qui se rêve en David Bowie (Anglade) ou l’homme toujours en colère (Canet). Plus en retrait mais tout aussi convaincant, Alban Ivanov tire aussi son épingle du jeu. Toujours filmés avec bienveillance, ils osent mouiller le maillot et dévoiler leurs failles, notamment dans les vestiaires de la piscine qui font office de confessionnal après l’effort.

Oh, les filles !

Tout ce joli monde ne tournerait pas rond sans la présence de personnages féminins. Virginie Efira, entraîneuse officielle de l’équipe, joue la carte du dialogue et de la complicité tandis que Leila Bekhti, qui prend sa relève, mise tout sur une autorité infaillible et mène littéralement ses troupes à la baguette ! Complètement à contre-emploi, la comédienne révélée par Tout ce qui brille fait des merveilles dans ce rôle à grand renfort de punchlines hilarantes. Quant à Marina Foïs, elle tient toutes ses promesses en femme de caractère qui soutient son loser de mari coûte que coûte, même face à sa propre sœur le temps d’une scène dans un rayon de supermarché d’anthologie.

Une question de morale

Si Le Grand Bain séduit autant, c’est aussi pour le message positif qu’il véhicule. Dans une époque où l’individualisme tend à primer sur le reste, le film défend l’esprit d’équipe, toute bedaine dehors. Ultra fédérateur, il joue la carte du collectif, sans jamais tomber dans le pathos ou le ridicule. Et ça fait du bien ! Pas étonnant donc que l’œuvre de Gilles Lellouche affiche déjà plus de 1 177 000 spectateurs au compteur. On imagine bien le film inscrire son nom au palmarès de la prochaine cérémonie des César, notamment pour le Prix du public.

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