« Fever » : ondulation et sensualité pour le retour de Balthazar

CHRONIQUE – Après leurs errances en solo, « Fever « , signe le grand retour dansant et sexy de Balthazar, nos Belges préférés. Nous avons laissé la formation Balthazar ces deux dernières années en stand-by, leurs membres occupés par des projets solos. Les deux leaders, Maarten Devoldere (le grand blond ombrageux et nonchalant) et Jinte Deprez (le plus petit brun avenant) ayant souhaité donner vie à des projets personnels, aux genres assez éloignés de la troupe chorale et solaire. Marteen développa Warhaus, et son deuxième album éponyme, qualifié d’Art-Jazz par sa maison PIAS, comprendra qui voudra, le style est assez impénétrable. Le garçon est effectivement la part sombre du groupe, celui qui ne sourit pas sur scène, qui a l’air de s’emmerder d’être là, et à l’écoute de Warhaus, on confirme que l’on s’est un peu englué par la noirceur de l’esprit torturé du jeune homme, sa grosse voix grave posée sur des mélodies darks… Pour les fans de Balthazar, le registre est peut-être un peu trop lointain et inaccessible. De son côté, Jinte parcourut les festivals européens cet été sous le pseudo de J. Bernardt. Le garçon a toujours eu cette petite canaillerie dans l’œil, l’amour des paroles scandées, l’énergie communicative, dans ce nouveau projet ses mélodies un peu R&B en solo sont plutôt réussies ! Même si, soyons honnêtes, c’est tout de même ensemble, et au sein de leur formation que nous les préférons. Ces deux-là se complètent parfaitement, et se retrouvent magnifier par le travail en back-up de leurs acolytes. On pourra d’ailleurs relever ici, que nous regrettons le départ de Patricia Vanneste, leur violoniste, membre fondatrice du groupe qui par son instrument apportait la signature musicale singulière du groupe.

Une franche réussite

Malgré ce départ, qui tourne sûrement une grosse page pour la formation Belge, ce nouvel album Fever est, annonçons-le tout de suite sans détour : une franche réussite. A voir le clip du premier titre Fever, road trip aux Canaries des deux loustics, outre le départ de Patricia, on semble même comprendre que Balthazar dorénavant c’est juste Marteen et Jinte ? Duo ou duel de sales gosses, nous vous mettons au défi de résister à leurs jeux de jambes dansants communicatifs ! Est-ce que les expériences en solo des garçons qui leur ont redonné l’envie d’être ensemble ? Les ont-elles fait murir ? On donne dans le cliché du fameux « album de la maturité », mais il faut reconnaitre que dès ce génial «  Fever », la première question qui vient est : « tiens, tiens, vous vous êtes drôlement encanaillés les gars, non ? c’est super sexy ce son ! »
Le style de Balthazar depuis ses débuts c’est un pop-folk-rock choral, aux mélodies sublimes, nostalgiques parfois, dont les harmonies vocales vous font soupirer de bonheur, dont les paroles poétiques vous interpellent, et qui en concert peut vous faire passer des larmes d’émotion au refrain de stade jovial. Chaque nouvel album gagne en profondeur et en travail. Fever continue dans cette veine. On conserve de superbes harmonies mais on gagne en chaleur. Dès l’intro longue qu’est le titre « Fever » , on comprend que la fine équipe a été peaufiner le moindre détail avant de se présenter à nous. Et qu’il y a du changement, on va peut-être danser un peu plus cette fois, le gimmick de la basse étant addictif en une seule écoute. Ce n’est que le début, car « Entertainment », sixième titre au milieu de l’album lance le vrai début de la fête. Toujours cette basse qui nous dicte le rythme et la guitare funky qui nous embarque, suivie par les cuivres et enfin, en refrain, un appel de tout le groupe à se dandiner. Irrésistible.

S’emballer, collés-serrés

On redescend dans les tours avec « I’m Never Gonna Let You Down Again », mais on ne quitte pas la piste de danse. Sébastien Tellier et son électro sexuelle s’est visiblement emparé des garçons et cette fois, c’est l’heure d’emballer, collés, serrés. Nos deux leaders ont toujours eu du velours dans la gorge, ce n’est pas une découverte en soit de les entendre si sexys, mais que dire ici de la sensualité de « Phone number » ? Dieu que ces paroles susurrées, un sourire coquin au coin de la bouche, sont chaudes, et qui est cette folle qui est visiblement partie sans laisser son 06 ?!
Notre violoniste chérie a visiblement été remplacée et on retrouve donc leur marque de fabrique, l’inquiétant synthé dont la tension dramatique atteint son climax accompagné par les cordes, comme sur « Watchu Doin' », « Grapefruit », « Wrong Faces ». Malgré l’évolution musicale du groupe, il est délicieux de retrouver cette marque de fabrique. C’est elle qui nous fait fermer les yeux avec intensité et dodeliner gravement. « Wrong Vibration » contrairement à ce qu’il laisse entendre, insuffle de la légèreté à ce qui semble être le début de la fin de la soirée pour eux. « Roller Coaster » nous orientalise et nous fait onduler une dernière fois avant de rentrer étourdi par cette folle soirée. Il est temps d’aller se coucher et de calmer le rythme avec « You’re So Real », ou en tout cas de se laisser séduire à l’horizontal cette fois… C’est effectivement ça, une soirée en leur compagnie que proposent les Balthazar dans cet album. Ce type de soirée que l’on regarde avec nostalgie quelques années plus tard, où tout était parfait, les rencontres, les rires, l’énergie, la légèreté, la sensualité avec ce beau mec qui vous a séduite et avec qui ça a collé très vite (séduction qui marche aussi par cette jolie nana peu farouche Messieurs). Il est remarquable d’arriver à faire d’un album aussi bien votre feel good musique du moment, que celle que vous aurez envie d’emmener sous la couette. Balthazar réussit ce tour de passe-passe, laissez leur Fever monter en vous…
Fever – Balthazar (PIAS), sortie le 25 janvier
En concert en France : le 25 mars au Casino de Paris, le 28 mars à l’Épicerie Moderne de Feyzin.
1. Fever
2. Changes
3. Wrong Faces
4. Watchu Doin’
5. Phone Number
6. Entertainment
7. I’m Never Gonna Let You Down Again
8. Grapefruit
9. Wrong Vibration
10. Roller Coaster
11. You’re So Real
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