« Les bruits de la ville » de Voyou : un pied de nez à la morosité

CHRONIQUE – Si t’en as marre de la grisaille et de l’hiver, Voyou a le remède contre ta dépression saisonnière. Onze titres dansants et faussement naïfs qui vont te requinquer en deux temps trois mouvements.

Il nous l’avait dit l’été dernier : son premier album serait pour le début de l’année 2019. Et il n’a pas menti. Moins d’un an après la sortie de son premier EP, On s’emmène avec toi, le premier album de Voyou est officiellement dans les bacs. Sous l’étiquette d’Entreprise (une filiale de Sony), Les bruits de la ville est une bien agréable parenthèse tropicale et caliente dans la grisaille de l’hiver. Une savoureuse piña colada en plein désert.

À travers le kaléidoscope

Onze chansons font Les bruits de la ville. Une ville de différentes couleurs, du pimpant et du gris, de la neige, de la pluie. Une ville ou le soir venu, les rues se remplissent de clameurs, celles de petites frappes mal intentionnées (« Les 3 loubards ») et celles d’amateurs de la nuit, festifs et alcoolisés. On y retrouve plusieurs singles connus, de « Seul sur ton tandem » la chanson phare de Thibaud Vanhooland de son nom civique, à « Les bruits de la ville » sa collaboration avec Yelle. Un featuring qui a donné son nom à l’album.

On reconnaît certains titres que l’on avait pu entendre en live. Ils sont fidèlement retranscrits dans cet album studio, et ne perdent pas de leur clinquant ni de leur fraîcheur (« On a marché sur la lune »). Chaque titre, chaque histoire qu’il raconte a son atmosphère. Ambiance do Brasil sur « À nos jeunesses » qui ouvre l’album, ses cuivres et ses percussions de bossa nova. Ambiance poétique avec la très jolie ballade mélancolique « Il neige », et son élémentaire accompagnement au piano, à la Satie. Ambiance festive-estivale post-orage et canicule sur « Dehors » (ce sifflement addictif !) ; et carrément sensuelle et torride sous « La Serre ». Gros faible pour « La fille sans visage », ses rapides arpèges de piano et ses basses au ton grave qui nous émeuvent beaucoup.

C’est léger sans trop l’être. C’est frais et bouillant à la fois. C’est surtout faussement ingénu et carrément charmant, un pied de nez mutin et enjoué à un morne quotidien pris bien trop au sérieux.

Voyou sera en concert le 22 mars au Transbo Club et le 10 avril à la Cigale. Pour consulter les autres dates (clique par ici).

Crédit photo : Pierre-Emmanuel Testard

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