Youssoupha à la Coopérative de Mai : You make us smile !

LIVE REPORT – Youssoupha était de passage le 11 mars à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand. Entre émotion et esprit rock, les volcans auvergnats se sont réveillés.


« Partage ce concert à 3 personnes de ton entourage, qui le partageront à 3 personnes de leur entourage, qui le partageront à 3 personnes de leur entourage, qui le partageront à 3 personnes et ainsi d’suite, et ainsi d’suite. » Voici les mots par lesquels se termine le concert de Youssoupha. Et c’est ce que je vais faire. Jeudi 11 mars, la Coopérative de Mai accueillait le rappeur Youssoupha, dans une salle bouillante. Devant un public hétéroclite et loin des clichés à la Zemmour (nom souvent clashé pendant le concert), le chanteur a su imposer son énergie, à nous faire danser, à nous émouvoir et surtout à nous faire sourire.

L’Auvergne, capitale d’un soir du rap

Pendant les deux heures de concert, Youssoupha n’a cessé de nous répéter d’où il venait. « Vous vous souvenez quand je n’avais pas de cheveux. On n’était pas diffusé à la radio, à la télé, on était seul ». Le combat, voici le maître mot de cette soirée. Savoir se surpasser pour réussir sa vie.

Arrivé sur scène, sur la musique de « A Change Is Gonna Come », Youssoupha met déjà le feu à la Coopérative de Mai. Cependant, l’acoustique assez affreuse de la salle (oui, il serait bon – un jour – que l’on puisse entendre dignement les chanteurs) empêche d’entrer à fond dans le concert. Problème acoustique oublié, Youssoupha navigue entre ses premiers albums et son dernier opus Polaroïd Experience. Ces allers-retours entre passé et présent nous laissent apercevoir l’évolution musicale du rappeur. Comme il le dit si bien, au début il n’était rien. Aujourd’hui, accompagné d’un batteur, de choristes et claviériste, sa musique est puissante, vibrante. Sans artifice, contrairement à la nouvelle génération, seules son énergie vocale et physique font foi.

La preuve en est avec « Niama Na Yo » qui ambiance le public sur fond de danse congolaise. La preuve en est aussi avec « Smile », où Youssoupha se meut dans le public et laisse les choristes entonner « You make me smile ». Ces communions avec le public, qu’elles soient sujet à la danse ou à la discussion sont un élément fort du concert.

Émotion sur ton de militantisme

Youssoupha sait plaisanter. Il n’hésite pas à interagir sans complexe et sans gêne avec son public. Chambreur avec un groupe « de jeunes racailles qui s’enflamme comme sur Tinder », charmeur avec des jeunes filles, le rappeur sait parler. Et il le prouvera en fin de concert, alors qu’il entame « Menace de mort ».

« Il y a 3 ans, lors de l’ancienne tournée, il se passait des choses pas drôles en France. On empêchait les gens d’aller en concert, de vivre leur vie. Aujourd’hui, c’est en Nouvelle-Zélande, et ailleurs. » Point de bruit dans la salle. « Aujourd’hui, venir à un concert est presque devenu un acte militant. » Tel un Kery James, Youssoupha nous rappelle que le rap est un outil de militantisme. Seul cette musique le fait, le peut. « Qui peut prétendre faire du rap sans prendre position ? » Si en 2019, le rap est devenu commercial, électronique, sans mots, Youssoupha reste ce rappeur conscient du monde actuel. Ils sont rares, mais essentiels pour la culture musicale et politique française. À la prochaine, l’artiste !

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