Le voluptueux Jay-Jay Johanson au Café de la Danse

LIVE REPORT – C’est un Café de la Danse complet qui accueillait hier le grand blond à la voix d’ange, Jay-Jay Johanson, avec en première partie BlauBird.

Le Café de la Danse affiche complet pour le retour de Jay-Jay Johanson. Moins d’un mois après la sortie de son dernier album King Cross, le Suédois à la voix de velours s’offre ce soir un bain de foule d’habitués. Pour ouvrir la soirée c’est le duo de BlauBird qui pose l’ambiance : chants d’oiseaux, boucles électro. De quoi passer une soirée douce et vaporeuse.

BlauBird, luxe, calme et volupté

La salle n’est pas encore tout à fait remplie lorsque BlauBird monte sur la scène. BlauBird c’est d’abord la voix limpide, claire et douce de Laure Slabiak. C’est ensuite la délicatesse du violon d’Olivier Slabiak, les calmes arpèges de sa guitare. C’est surtout une musicalité aérienne, aux accents folk et électro. En écoutant BlauBird, ses samples de chants d’oiseaux et de croassements de grenouilles, on se laisse porter par le moelleux d’un nuage vaporeux. L’esprit divague, puis se raccroche aux textes en anglais, allemand ou en français, il est presque plus curieux encore lorsque c’est en yiddish que les mots sont chantés. Les boucles de pistes électro, de clavier, de pizz du violon et de notes de guitares, créent un cocon de confort pour le public attentif. L’accent est mis ici sur la musicalité et la poésie. Le duo met notamment en musique des poèmes de William Blake, « Cradle Song », ou de Victor Hugo, « Demain dès l’aube » présent sur son premier album, Rising (septembre 2018, Elles et O Productions).

Jay-Jay Johanson, le géant blond à la voix d’or

Dans la salle comme sur scène, l’ambiance est à l’apaisement lorsque Jay-Jay Johanson entre en piste. Serré aux premiers rangs, le public a pourtant des étoiles plein les yeux lorsque le grand homme entame les premières notes de « Not Time Yet », titre qui ouvre également son dernier album, King Cross (avril 2019, Kuroneko). Androgyne, aérienne, voluptueuse, limpide et riche d’une émotion palpitante, cette voix a une justesse, une précision et une tendresse inégalables.

Derrière lui, avec tout autant de douceur et de nonchalance, œuvrent un batteur et un claviériste-pianiste. Oscillant entre la pop, l’électro, le jazz, le trip-hop, la setlist nous transporte. On est tout à la fois ému.e.s (« It Hurts Me So », « She’s Mine But I’m Not Hers » en piano-voix) et sautillant.e.s (« So Tell The Girls I Am Back in Town », « Heard Somebody Whistle »). Le trio joue les titres du dernier album, mais également quelques anciens morceaux : « I’m Older Now » (1998) qu’il entame a cappella, « Far Away » (1999), « Tomorrow » (2002), « Rocks In Pockets » (2007), etc. C’est sur Bobby Brown Goes Down, chanté par Frank Zappa qu’il fait ses adieux au public parisien. Il serre les mains, descend dans la fosse prendre dans ses bras la moitié du public. On le sent heureux et reconnaissant. Et on l’est tout autant.

Setlist : Not Time Yet / It Hurts Me So / Dilemma / You’ll Miss Me When I’m Gone / So Tell The Girls I Am Back in Town / Smoke / 75.07.05 / Far Away / Old Dog / She Doesn’t Live Here Anymore / Niagara Falls / She’s Mine But I’m Not Hers / Milan Madrid Chicago Paris / Paranoid / Tomorrow / Quel dommage / Heard Somebody Whistle / I’m Older Now / Rocks in Pockets // BIS : Whispering Words / On The Other Side / Believe in Us / Bobby Brown Goes Down (Frank Zappa)

Photos : Jeanne Cochin

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