Vurro, une grange et beaucoup de rock pour un concert caché surprenant

LIVE REPORT – À Strasbourg, une salle de concert se lance dans les paris les plus fous. Cette semaine, faire venir un public dans une ferme pour découvrir un artiste espagnol masqué. Coup de maître.

Il y a un an et demi, on découvrait avec plaisir le concept du concert caché de l’Espace Django. Un public qui ne sait pas le groupe qu’il va voir ni où il va le voir. On te racontait déjà tout à l’époque, tellement on avait adoré l’idée. Après un 2e concert caché (manqué pour nous) qui faisait découvrir Adam Naas dans une ancienne brasserie, on avait hâte de pouvoir assister au 3e. La surprise a été totale.

Soirée à la ferme

Le bus spécialement affrété pour la centaine de personnes s’arrête, après une dizaine de minute de trajet, devant la ferme éducative de la Ganzau. Un concert dans une ferme ? L’Espace Django n’a décidément aucune limite quand il s’agit d’étonner et de plaire à son public le plus fidèle. On déambule parmi les cochons, les vaches, les lapins, les paons, les chevaux, et tout le reste de la basse-cour, en se demandant où donc pourrait bien être installée la scène.

Cette scène, c’est évidemment dans la grange qu’elle se trouve. Portes immenses, pieds dans le foin, poutres typiques, on découvre quelques instruments dans un coin, les yeux émerveillés par l’ambiance installée. Imagine un plafond de loupiotes et des lumières parfaites, un esprit campagne-bohème chic digne des meilleurs tableaux Pinterest, et tu comprendras tous les sourires qui se sont dessinés à ce moment

Loca España avec Vurro

Reste à deviner l’artiste. Inutile de chercher. Inutile de tenter. Deux claviers, une batterie éclatée et aucun micro ne nous aideront pas suffisamment à comprendre ce qu’il va se passer. Un homme en salopette sur son torse nu, et à crâne de bovin enfoncé sur la tête arrive par l’arrière et fend la foule, en agitant ses bras et les bracelets shakers qui y pendent. Il s’installe derrière ses claviers et c’est parti pour 1h10 de boogie woogie endiablé. Voici le déjanté Vurro, venu tout droit d’Espagne.

Ce garçon, dont on ne verra jamais le visage, dégage une énergie folle. Ses coups de cornes sur les cymbales placées de chaque côté, mais surtout ses mains virevoltants sur les claviers, ne laissent aucun répit. Un concentré de rock’n’roll dans le plus pur style, celui des années 1930, adjoint d’une solide dose de puissance et de fièvre extravagantes. Sans compter cet effet si intriguant de ce crâne / masque qui, comme les masques en cuir de la commedia dell’arte, prennent vie et humeur au grès des ports de tête et des mouvements du personnage… En bref, un beau spectacle, un pur moment de musique et une très belle découverte.

Chapeau bas et mille mercis à l’Espace Django pour l’organisation folle, la mise en place magique, le défrichage de tendances musicales, l’exigence fantasque et le talent indéniable pour créer des moments qu’on n’oubliera pas. Des salles pareilles, des moments comme ça, on en veut bien tous les jours.


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