Un samedi soir à Santa Teresa 2019

LIVE REPORT – On a fait un tour au Festival Santa Teresa le samedi en fin d’après-midi pour les concerts de l’Impératrice, Hubert Lenoir, OrelSan et Eli Rose.

Il fait gris et pas très chaud ce samedi en fin d’après-midi sur Sainte-Thérèse, en banlieue montréalaise. Mais, contrairement à l’année passée, la pluie ne s’est pas invitée de la journée, nous laissant profiter des concerts en toute quiétude.

Une dose impériale

On débarque de l’autobus pour le concert de L’Impératrice de retour au Québec après leur concert avec Feu! Chatterton l’été dernier aux Francos de Montréal. La formation parisienne est en forme, malgré un emploi du temps bien chargé. Ils livrent un set dansant et toujours aussi soigné, dans les enchaînements, les solos et les réinterprétations des titres de leur premier album Matahari. Parés de leurs combinaisons blanche et bleu, les six membres du groupe prennent leur pied à jouer ensemble, et ça ne se voit pas qu’un peu. Que de mines réjouies et sourires communicatifs ! Un concert de l’Impératrice c’est du bonheur à l’état pur, on en voudrait notre dose tous les jours.

Le package Lenoir

Enchaîne Hubert Lenoir. La vedette du moment, l’enfant terrible du Québec qui revient d’une tournée hors-Québec qui l’a laissé lui, et son groupe, sur les rotules. Ce n’est pas pour rien qu’il annonçait la semaine dernière que ses trois shows programmés pour les Francos de Montréal cet été seraient ses derniers pour son spectacle autour de Darlene. Si le jeune homme a la mine un peu fatiguée, on ne peut pas dire qu’il ne se donne pas à 100% pour son retour au Québec face à une foule de fans bien compacte. Lui qui était programmé dans un bar de la rue St-Hyacinthe l’année passée, se retrouve sur la scène principale cette année, en tête d’affiche. Crowd-surfing, jeter de micro, French kiss avec son band, le package Hubert Lenoir habituel fait toujours son effet.

L’efficacité OrelSan

Une autre tête d’affiche prend la relève. Nul autre qu’OrelSan, qui revient lui aussi au Québec, quelques mois après ses deux dates au MTelus de Montréal. Il délivre un set efficace et droit, majoritairement fourni des chansons de La Fête est finie, son dernier album, ainsi qu’un nouveau titre. Accompagné sur scène de quatre musiciens qu’il prend soigneusement le temps de présenter, le set OrelSan est bien rodé, du début explosif « Basique »-« La pluie »-« Bonne meuf », en passant par « Le chant des sirènes » qui vient réveiller Sainte-Thérèse. En voyant le parterre un peu moins rempli que pour Hubert Lenoir on se demande juste si le décalage de langue et les références franco-françaises ne sont pas un frein à l’adhésion totale du rappeur normand en terres québécoises. Nous, en tout cas, comme la moitié du public français ce soir-là, on kiffe notre race en écoutant ces textes acérés et intenses (« Notes pour plus tard », « Tout va bien ») qui nous rappellent combien OrelSan est l’un des meilleurs rappeurs de ces dernières années.

Eli Rose en chapelle

Fin de soirée du côté de la chapelle, nouvelle petite salle un peu à l’écart de l’artère principale, au cachet certain. Eli Rose, Québécoise aux influences hip-hop présentent ses chansons qui figureront sur son premier album. Très à l’aise sur scène, elle n’hésite pas à reprendre « Trop beau » de Lomepal et rapper, seulement accompagnée d’un piano. En trio avec batterie et machines, la jeune femme a une belle prestance et une belle énergie. Pas étonnant qu’elle ait déjà été signé en France, chez Barclay.

Photos : Emma Shindo

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