Bear’s Den à l’Astral : douceur et générosité pour leur retour montréalais

LIVE REPORT – Montréal n’avait pas vu Bear’s Den depuis la rentrée 2016. Le groupe anglais a enfin fait son retour à l’Astral pour présenter son nouvel album « So That You Might Hear Me ».

Leur dernier passage de Bear’s Den à Montréal remonte à septembre 2016, au Café Campus. Ça fait longtemps qu’ils n’ont pas fait étape ici, et ils le savent. « On est vraiment désolé d’avoir pris autant de temps pour revenir. » Pour leur retour au Québec, les Anglais sont montés en grade, puisqu’ils se produisent ce soir de fin mai 2019 à l’Astral. « C’est vraiment sympa de découvrir un nouveau bâtiment de Montréal » s’amuse le groupe qui, visiblement n’a guère le temps de faire du tourisme.

Depuis 2016, les groupe de barbus a sorti un tout nouvel album, qu’ils défendent ces derniers mois sur les routes européennes et nord-américaines avant de prendre le chemin des festivals pour l’été. So That You Might Hear Me se place dans la lignée de leur deuxième, Red Earth & Pouring Rain, qui avait pris un tournant plus pop après leur très folk-ish (et superbe) Islands.

Un show de Bear’s Den n’est jamais synonyme de grand dévergondage et folles envolées théâtrales. Le groupe mise plutôt sur les émotions et les ambiances, par le biais de leurs narrations soignées et leurs denses atmosphères planantes toujours finement amenées.

Leur set est intelligemment construit. Ils alternent presque à tous les coups nouvelle chanson et ancienne, l’histoire de ne pas perdre un public encore peu habitué aux nouvelles compos. Tout s’assemble bien et s’enchaîne rapidement. Andrew Davie est le membre chargé de la prise de parole inter-titres, et il le fait timidement, petit sourire en coin, comme toujours.

La dynamique de l’ancien trio est définitivement retrouvée avec Kristof au banjo-guitare acoustique et harmonies, qui vient compléter la force tranquille de la basse-piano-guitare de Kevin Jones, toujours très discret. On aperçoit des sourires de connivence tandis que le concert se poursuit et que les chansons montent en intensité et en énergie.

Néanmoins, quel plaisir de les entendre finir sur des harmonies a cappella (« Magdalene ») ou se passer de micros, d’amplis et de batterie en la remplaçant par des cuivres (« Sophie », « Crow »). Les nuances sont belles, les mélodies nous amènent paisiblement vers une plénitude affective des plus confortables. Le public joint souvent sa voix, presque pudiquement. C’est charmant.

Le concert se finit sur les coups de 23h30, avec un rappel de trois chansons dont « Blankets of Sorrow » dans la fosse, entouré par un public comblé, moulte fois remercié, mais un peu clairsemé (le Québécois se couche tôt). En quittant la salle, deux jeunes filles discutent : « je ne connaissais que quatre chansons, mais je vais écouter le reste en rentrant chez moi », « ils ont été vraiment généreux » ajoute l’autre (une bonne heure et demi de concert !). Mission accomplie pour Bear’s Den qui continue à répandre sa sainte parole à travers l’Amérique du Nord. Nous, on est déjà convertis depuis longtemps.

Setlist : Fuel On The Fire / Elysium / Dew on the Vine / Fossils / Magdalene / Hiding Bottles / Stubborn Beast / Crow / Isaac / Sophie / The Love We Stole / Red Earth & Pouring Rain / Auld Wives / Laurel Wreth / Rappel : Above the Clouds of Pompeii / Blankets of Sorrow / Agape

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