Festival Bon Moment – Vendredi : de Ian Caulfield le magnifique à la folie Soul Train

FESTIVAL – Bon Moment sur les rives de Meurthe. À Nancy, concerts gratuits, soleil et bouffe réunis en un endroit. Petit paradis du week-end.

Au Festival Bon Moment, pas de publicité mensongère. Dès ton arrivée, tu comprends vite que tout est fait pour te faire effectivement passer un excellent moment sur les rives de Meurthe. Entre l’Autre Canal et la grande halle de l’Octroi, scène extérieure, pizzas succulentes, bowling et transats : le décor est planté. Ajoutes-y le soleil, les rencontres œnologiques et bistronomiques, et autant te dire qu’on ne sait plus quoi choisir pour se mettre bien. Spoiler : on n’a finalement pas choisi. On a eu 2 jours pour tout tester.

Mais parlons musique en ce premier jour. 3 concerts gratuits au programme et une soirée Soul Train à l’Autre Canal.

Ian Caulfield, le coup de cœur absolu

Tout commence par Ian Caulfield. On ne va pas s’étendre sur sa proximité avec Guillaume de The Shoes, qui produit ses titres. On ne va pas s’étendre non plus sur sa ressemblance physique avec des Mac DeMarco ou des Kevin Morby, ni sur son style slackeur, casquette vissée sur la tête et chemise en velours sur T-Shirt. On va plutôt de dire que ce garçon-là, c’est du diamant brut. Beats électroniques, envolées vocales et guitare électrique, son style est totalement indéfinissable. On pourra appeler ça pop, mais ce mot semblerait à la fois trop large et trop réducteur. Des accents hip hop parfois, une voix en français qui rappelle celle de Jean-Louis Aubert, des titres en anglais teintés de cette britpop qu’on a tant aimé. Le garçon mélange tout, et pourtant impossible d’affirmer que tout ça lui ressemble.

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La marque d’un grand ? Sûrement. Ultra-moderne et intemporelle, sa musique est remplie de potentiels refrains tubesques qui alternent sur des balades guitare électriques / voix déchirantes. Amour immédiat. Quant à l’énergie de cet artiste, arpentant la scène de gauche à droite, habité, le regard sombre, parfois illuminé d’un sourire entre deux titres, elle ne nous trompe pas. Voix sublime, univers défini, musique addictive, charisme inexplicable, évolution qu’on sent grande : on ferait tapis pour Ian Caulfield.

Chill au soleil avec Kazy Lambist

Après un tel coup de cœur, difficile d’enchaîner avec Kazy Lambist. Trio sympathique du montpelliérain Arthur Dubreucq, la douce électro manque un peu de profondeur. Tout est très gentillet, très lisse, et un peu monotone. La parfaite bande-son d’un moment chill sur transat. Il ne nous manquait plus que les pieds dans le sable, et on était bon.

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Juste après, c’est Camp Claude qui enchaîne, à la tombée de la nuit. Pendant que le ciel se pare de jolies traînées roses, Diane et ses musiciens emballent le public, malgré l’erreur terrible, cette demande blasphématoire pour tout Lorrain : « On est encore en Alsace ? ». La musique adoucira les mœurs, fort heureusement, pour la majorité du public. Pour ma part, malgré Mike Giffts à la guitare, je ne cède pas à l’envoûtement général, laissée de côté par l’impression tenace de surjeu de la chanteuse…

L’exutoire Soul Train

Mais la soirée est loin d’être finie. Après un petit tournoi de bowling extérieur, place à la Soul Train des Fat Badgers dans la grande salle de LAC. Concept créé à Strasbourg, à l’Espace Django, il était assez agréable de voir quelles seraient les réactions d’un public autre que les habitués. Sans trop de surprise, ça a été dingue.

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Imagine une bande de potes jouant de la funk/soul sur une scène, avec pour seul objectif de faire danser la foule. Ajoutes-y des moments de danse en file où chacun est invité à laisser exprimer son body à coup de chorégraphies improvisées et déguisements à paillettes. Tu tiens l’idée de base. Pour le reste, il faut le vivre. Et autant le dire, il y a eu du niveau à Nancy. 2h30 de concert et 2h30 de danse non-stop, 2h30 pour Baya l’ambianceur à sauter et motiver les troupes. 2h30 pour les Fat Badgers à suer corps et eau devant leurs instruments. 2h30 pour le public à se déchaîner, se déhancher, délirer, jumper, bouger. La preuve que le concept s’exporte et qu’il doit continuer à le faire. Next stop : la gare de Strasbourg pour la fête de la musique. Rendez-vous le 21 juin.

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