Festival d’été de Québec : Black Pumas, Emilie Clepper et Braids

LIVE REPORT – Deuxième de nos journées au Festival d’été de Québec 2019. Trois univers bien distincts mais trois bons concerts : Black Pumas, Emilie Clepper et Braids.

Le soleil tape sur le carré d’Youville lorsque le premier concert de notre soirée démarre sur la scène Hydro-Québec. Se présentent Black Pumas, un chanteur-guitariste, deux choristes et quatre musiciens, habités par la même exceptionnelle fièvre soul. Originaire d’Austin (Texas) le duo Black Pumas a sorti, il y moins d’un mois, son premier album éponyme.

Niveau spectacle, la formation américaine n’a pas besoin d’en faire des tonnes, tant le magnétique Eric Burton impressionne par ses qualités vocales à la Al Green. Lui qui chantait il y a quelques années encore dans les rues californienne. Derrière lui aussi, ça assure. Les arrangements sont parfaitement taillés pour le live, dotés d’un côté très cinématographique (« Black Moon Rising », « Fire »). Produits par Adrian Quesada, l’autre moitié du binôme (également à la guitare), les titres sont extrêmement captivants, et viennent nous chercher (« OCT 33 », « Colours »). La prochaine fois des cuivres ne seraient pas de refus !

Emilie Clepper en français dans le texte

Changement d’univers du côté de la nouvelle scène Loto-Québec sur la place George-V. Emilie Clepper entame la soirée chanson québécoise avec douceur et lyrisme. Elle présente son premier album en français, Emilie Clepper et la grande migration entourée de quatre musiciens, contrebasse, batterie, piano et violon/machine. On entre dans une bulle ouatée qui nous berce (« Fous de bassans », « Sur la route »), nous émeut (« L’Homme de ma vie » en piano-voix) et nous fait frissonner (« Désert blanc »).

Le timbre de voix de l’Americano-québécoise vient se poser sur un voile instrumental délicat, souvent mélancolique (« Les Grands Vents ») mené par les mains en or de Vincent Gagnon au piano. Il est loin le temps où l’artiste chantait du folk-country, chapeau de cow-boy sur la tête. Le temps de l’apaisement et du retour aux sources lui sied comme un gant.

Le chic retour de Braids

« J’adore Québec, c’est très chic ! » lance Raphaelle Standell-Preston en français au public de la scène Fibe eu Cœur du FEQ. De retour après un an et demi d’absence et petits scandales (accusations de leur ancienne claviériste Katie Lee et slut-shaming suite à une prise de parole féministe), Braids fait dans l’élégante pop-électro minimaliste. « Je suis nerveuse » ajoute-t-elle.

Pourtant, le trio anglophone (batterie-machines-guitare) n’a besoin que de quelques minutes avant de nous envoûter avec aisance. Le timbre de voix haut perché à la fois vulnérable et fiévreux de Raphaelle est la pierre angulaire du projet, nappé dans des plages électroniques aériennes et une batterie minutieuse. Plusieurs nouvelles chansons seront jouées. Coup de cœur absolu pour la ballade « Where Do Our Love Go » (?), aux airs Portisheadiens, tandis que derrière la scène, les derniers rayons de soleil disparaissent derrière les collines.

Braids sera en concert le samedi 3 août à Osheaga.

Photos : Emma Shindo

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