Festival d’été de Québec : Destination Chanson Fleuve, Elliot Maginot et U.S. Girls

LIVE REPORT – Un bon dimanche ensoleillé et frais à Québec pour notre dernière journée au Festival d’été. Au menu : la relève de Destination Chanson Fleuve, Elliot Maginot et U.s. Girls.

« C’est la relève ! » disent mes voisins spectateur, qui discutent à la fin du dernier spectacle de la tournée Destination Chanson Fleuve. « Ils font comme Patrice Michaud ! » ajoute l’un, « tout le monde ne peut pas faire La Voix » conclue l’autre. Et ils ont raison. Parmi les huit souriants chansonneurs qui se présentent sur la scène Fibe du Cœur du FEQ figurent sans doute les visages des futurs grands chansonniers de demain.

Ariane Roy, Alex Météore, Antoine Aspirine, Etienne Coppée, Mélodie Spear, Alice Animal (la représentante française), Tom Chicoine et Simon Kearney sont les huits jeunes artistes ayant été sélectionnés cette année par le Festival en chanson de Petite-Vallée pour participer à cette mini-tournée. Chacun joue, à tour de rôle, une ou deux chansons de son jeune catalogue, accompagné par les autres. On retiendra la fougue de Mélodie Spear, le joli piano-voix d’Antoine Aspirine (qui pour cause de clavicule cassée ne peut plus jouer de guitare), et l’inégalable prestance scénique de Simon Kearney. Maintenant, à eux de jouer, leurs carrières ne fait que commencer

Viser loin

Depuis le temps qu’on ratait Elliot Maginot, on est bien content de le retrouver à Québec sur la nouvelle belle scène de la place George-V. Une fois n’est pas coutume, le Québécois ouvre la soirée pour Cœur de Pirate. Le parterre n’est pas bien rempli lorsque le jeune homme débarque au soleil couchant avec ses cinq musiciens du jour (saxophone en prime, par Félix Petit que l’on voit décidément partout !).

« Je suis Cœur de pirate » lance Elliot Maginot en entame de concert. Les plaisanteries sont de courte durée pour l’artiste véritable pile électrique, qui enchaîne ensuite les titres de Comrades, son dernier album. Pour celles et ceux qui ont connu Elliot Maginot époque Monsters at War (son premier EP), les choses ont changé. Bien sûr, il y a encore de l’harmonica (« The Weight »), mais désormais son folk-rock mélancolique va chercher dans la pop et le grand public, sans connotation négative. Accrocheur et sans chichis, Elliot Maginot a pris du gallon et vise loin.

Le concert qui déconcerte

Comme on dit en bon québécois : le show de U.S. Girls était malaisant. Ce genre de moments où tu hésites à prendre tes affaires et partir avant la fin du spectacle, ou crier au génie. Dans le box des médias en tout cas, ça n’y allait pas de main morte alors que le groupe canadien était lancé dans une jam interminable sur les bases de « Pearly Gates ».

On ne savait pas à quoi s’attendre pour ce set glissé entre le concert d’Elliot Maginot et de Cœur de Pirate. Curieux choix des programmateurs. Le show de U.S. Girls commence dans l’enthousiasme des six musiciens accompagnant le théâtral duo féminin mené par l’extravagante Meg Remy. « Let’s fucking go! » glisse le percussionniste derrière ses congas à ses camarades de jeu. Deux guitares et un saxophone (en plus de la batterie, de la basse et des claviers) viennent apporter une certaine pesanteur aux arrangements pop-rock qui pâtissent un peu du manque de clarté.

Tous les regards se portent sur le ces deux femmes fatales (surtout sur Meg Remy qui supplante son acolyte) au chant qui se tortillent et susurrent des textes dont on n’a que faire. Jeu de séduction avec les techniciens qui passent, caresses aux vigiles, danse lascive avec le claviériste et même grand tour du propriétaire jusqu’à la tente de la régie, pieds nus, alors que sur scène la musique se poursuit. Leur maniérisme intrigue et dérange. Dans le public les regards sont curieux mais souvent vite lassés. À vrai dire, on aimerait être élogieux mais quelques jours après leur performance, on ne sait toujours pas sur quel pied danser.

Photos : Emma Shindo

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