Mile Ex End 2019 : Les Cowboys Fringants, Galaxie, Elisapie, Emilie Clepper…

LIVE REPORT – Une deuxième journée au Mile Ex End Festival qui proposait une programmation très électrique ce samedi. On est allé faire un tour aux concerts d’Emilie Clepper, Nicolas Gémus, Juste Robert, Elisapie, Les Cowboys Frigants et Galaxie. De beau monde.

Pour cette deuxième journée du Mile Ex End, on retrouve Emilie Clepper sur la scène principale. Pas de changements notables par rapport à son set fait lors du Festival d’été de Québec il y a quelques semaines. Entourée de ses quatre musiciens (contrebasse, batterie, violon, claviers), la Québécoise présente La Grande Migration son premier album francophone au public montréalais qui se rassemble, curieux, devant la scène.

La jeune femme présente notamment sa reprise de « L’homme de ma vie » de Clémence DesRochers en piano-voix-contrebasse. L’assemblée se mue dans un silence attentif et admiratif. Il faut dire qu’Emilie Clepper a ce timbre de voix des plus grands chansonniers, avec une profondeur et une vraie force d’interprétation. Dur de ne pas résister aux sourires échangés avec ses musiciens pendant « Limoilou » qu’elle dédie aux gens de Québec. Elle finit en beauté, avec la chanson phare de son album, la superbe « Désert blanc ».

Des chansonniers pour bien commencer

Deux autres chansonniers se partagent la scène tandis que l’on entend déjà le soundcheck d’Elisapie au loin. Nicolas Gémus entame le concert en formule duo, avec un contrebassiste. Tous les deux sur le devant de la scène, il propose un set dense. « J’ai préféré jouer que parler » admet le jeune Québécois à la fin de ses 30 minutes. Car il a de quoi faire avec les nouvelles chansons de son premier album, Hiboux sorti le 21 juin dernier.

Long cheveux au vent, yeux clairs et regard fuyant, Nicolas Gémus interprète avec calme et sagesse ses jolies compositions teintées de folk à un public familial assis sagement sur le gazon. Les rires s’élèvent lorsqu’un petit garçon, visiblement familier avec l’artiste s’écrie : « Bravo Nicolas ! ». « Merci Hubert » répond Nicolas Gémus dans un sourire. Bravo Nicolas oui, car ce set était une parenthèse de douceur des plus agréables.

Juste Robert prend la relève, accompagné d’un guitariste et d’un pianiste. Jean-Robert Drouillard  de son vrai nom est comme un poisson dans l’eau sur la scène. Le Québécois qui a quelques difficultés à se réaccorder ne se laisse pas déboussoler par ces problèmes techniques. « Avant, ma spécialité c’était de jouer désaccordé ! » Bourré d’humour, il dédie même une de ces chansons à un monsieur du public, car « personne ne connaît mes chansons ».

Ce chansonnier bluesy à la voix éraillée nous entraîne facilement dans son univers imagé qui mêle fantastique et réalisme (« #kanyewest ») dans un sérieux tout relatif. Mon mammifère préféré, son premier album est sorti en mars dernier.

Elisapie, la captivante magicienne du grand nord frappe encore

Il est temps de rejoindre la grande scène sous le viaduc pour le début du concert d’Elisapie, la magicienne qui nous captive dès les premières minutes avec « Don’t Make Me Blue ». De ses beaux grands yeux clairs en amande, Elisapie Isaac semble réellement impressionnée par le lieu, qui est le rappelle-t-elle avec enthousiasme, une terre d’histoire. Avec ses trois musiciens, la Canadienne offre un des concert des plus consistants du festival, revisitant les titres de son dernier album.

Alternant entre anglais, français et inuktitut, Elisapie et son sourire communicatif profite de son concert pour faire passer quelques messages, bien applaudis. « Let’s talk politics » affirme cette artiste engagée pour les femmes et les premières nations, qui rappelle avant d’entamer sa reprise de Willie Trasher qu’il ne s’agit pas de seulement ressentir de la pitié mais bien de chercher à comprendre et de viser la reconnaissance.

Entourée de trois très bons musiciens, dont l’impressionnant Joe Grass (Patrick Watson, Klaus) qui fait des miracles sur « In Your Name », on se laisse vite envahir par la générosité et la bonté de cette artiste incroyable qui nous subjugue l’esprit et le corps.

La fête sous le pont

Les têtes d’affiche de ce samedi soir ce sont sans conteste les Cowboys Fringants. En témoignent les premiers fans arrivés dès 14h. Ce « vieux groupe des années 1990 qui fait encore de la musique » comme Karl Tremblay le frontman l’admet en milieu de concert, est loin d’être rouillé. Loin de là. Force est de reconnaître que la bande de Repentigny fait les choses en grand et ne lésine par sur l’énergie en venant constamment chercher ce public qui scande avec plaisir non-feint les paroles des plus grands titres de leur répertoire (« En berne », « Paris-Montréal », « La Dévisse »). Sur scène, ça danse, ça bondit, ça part dans le public dès les premières minutes du show, et ça fait du bodysurfing.

C’est la fête sous le viaduc où l’on observe des jeunes et des moins jeunes tous réunis autour d’un des deniers grands groupes de folk-rock québécois encore en activité. Joli moment de synergie lorsque les cellulaires se font lumières sous le pont (« Les Etoiles filantes »). Les Cowboys en ont encore à revendre.

Galaxie, c’est malade

Le guity pleasure infini de la soirée c’est de retrouver les fougueux Galaxie et leur rock électronique du futur qui tâche bien de partout. On ne s’est jamais bien remis de leur performance au Festival d’été de Québec l’année passée. Qu’on se le dise maintenant, Galaxie est un de ces groupes qu’il faut voir en live pour comprendre cet enthousiasme général qui entoure leurs prestations. Là où « c’est malade » cette expression québécoise prend tout son sens. Galaxie c’est purement malade.

Les décibels augmentent de plusieurs crans lorsque le groupe québécois balancent la première couche de sauce. Les haut-parleurs vrombissent. Basse et batterie sont lourdes à souhaits (les deux Fortin qui n’y vont pas de main molle), les nappes électroniques de François Lafontaine (Klaus, Karkwa) sont frénétiquement addictives, tandis qu’Olivier Langevin au chant-guitare semble toujours aussi possédé, maintenant une position de squat pour chanter. Les riffs de « Robot Lynx » et « Dragon » finissent de réveiller les spectateurs les plus sceptiques (ou un peu ramollis post-show des Cowboys). On est fucking captivé et on n’arrive toujours pas à l’expliquer. C’est juste malade.

Photos : Emma Shindo

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