Mile Ex End 2019 : Les Louanges, Chromeo, Jeanne Added et Lou-Adriane Cassidy

LIVE REPORT – Dernier jour sous le pont de Rosemont pour le Mile Ex End. Un jour du seigneur béni par de la très bonne musique : Lou-Adriane Cassidy, Les Louanges, Chromeo et Jeanne Added.

Encore une belle journée sous le Viaduc Van Horne de Montréal. On se rend, le pas léger, pour le premier concert de la journée. Des retrouvailles avec Lou-Adriane Cassidy qui a fait un sacré bout de chemin depuis la dernière fois où on la voyait sur scène aux Francos de Montréal, l’année dernière. Entre temps, la Québécoise a sorti un album, accompagné Hubert Lenoir en tournée et a parcouru les routes du Québec avec son band. Elle a la tâche délicate de débuter la journée de concerts.

Le public s’avance peu à peu, attiré par les premières notes de la mélancolique ballade « Il pleut ». La jeune femme, tout feu tout flamme déborde toujours de cette spontanéité caractéristique qui nous fait très vite décrocher un sourire attendri.

Arrivant du FME, elle est surprise de l’écoute des spectateurs, très attentifs et réceptifs pendant tout son set. En plus des titres son album C’est pas la fin du monde à tous les jours, Lou-Adriane Cassidy nous joue une nouvelle chanson plus rock que ce à quoi elle nous avait habitués, ainsi que deux reprises. En plus d’être une excellente chanteuse, Lou-Adriane est une fantastique interprète : ce n’est pas une mince affaire de reprendre Jacques Brel (« Sans exigence ») ou Leonard Cohen dans un mash-up anglo-français de « The Partisan »/ »La Complainte du partisan ». Malgré des problèmes de voix (indiscernables selon nous), la Québécoise enjoint le public à chanter avec elle « Ça va, ça va » pour finir un concert rondement bien mené.

« Une panthère dans la chambre ! »

La nouvelle vedette au Québec n’est autre que Les Louanges. La dernière fois qu’on le voyait sur scène, c’était lors de son lancement montréalais. Depuis, le Québécois a explosé la baraque et il est toujours autant à l’aise sur scène où il est accompagné de trois musiciens, dont le fidèle Félix Petit au saxophone/flûte traversière, déchaîné derrière ses machines.

« Pâle » en entame de show, suivi direct de « Pitou » et de « DM’s », Les Louanges balance la sauce. Cette sauce groovy qui vient te chatouiller les entrailles jusqu’à ce que tes hanches comment à bouger. Vincent Roberge aka Les Louanges a le sourire aux lèvres tout du long, ravi de n’avoir eu à faire que 15 minutes de trajet pour se rendre sur le site du concert. Et de retrouver ce public qui chante à gorges déployées les paroles de « La nuit est une panthère ».

En plus des titres de son premier album, Les Louanges nous gratifie de son dernier single « Attends-moi pas » (à paraître sur un nouvel EP prévu le 27 septembre) ainsi que de « S.F.C.B.G. » sa collaboration avec Qualité Motel. Alors qu’il est applaudi à tout rompre par la foule, il parvient à glisser une grande nouvelle : il sera en concert le 4 avril au MTelus. Rien que ça.

Gros parté sous le pont

De retour sous le pont pour le concert d’une des têtes d’affiche de la soirée : le duo funk montréalais Chromeo. Entourés de leur machine, les Funklordz vont tout simplement faire du Mile Ex End un gros nightclub sauvage. Ils jouent là leur dernier concert avant de repartir en studio, et puisqu’il s’agit là d’un show d’exception, ils interprètent des anciens titres de leur répertoire, pour le bonheur de leurs fans, venus assez nombreux (« Night by night », « Fancy Footwork », « Momma’s Boy »), ainsi que des classiques, « Jealous », « Bad Decision » ou encore « Bonafied Lovin' ».

Entre leurs machines et leurs guitares, le duo sait comment y faire pour attiser l’excitation du public qui ne demande que ça pour s’embraser. Difficile de ne pas se laisser porter par cette lourde basse percussive et ces solos de guitare placés à point. C’est propre et c’est extrêmement addictif. Qui a dit que le funk était mort ?

Before the dark

Fin de soirée avec une des artistes pour laquelle le Mile Ex End était pour nous un passage obligatoire avant la rentrée. Jeanne Added débarque sur scène peu après 21h20, Chromeo ayant bien dépassé le temps qui leur était imparti.

Changement abrupt de style. Après une introduction instrumentale laissant planer le mystère, la Française débarque sur l’avant-scène, tout de noir vêtue. Venus exprès de Paris pour deux shows au Québec, Jeanne Added et ses trois musiciens, enveloppés par des volutes de fumée vont très vite nous absorber dans cet univers sombre où la lumière et l’ombre ne font qu’un.

« En général, je ne parle pas ; je suis meilleure chanteuse qu’oratrice » confie Jeanne Added alors qu’une de ses musiciennes a quelques problèmes techniques, très vite réglés. Bonne chanteuse ce n’est pas peur dire qu’elle l’est, toujours d’une justesse impressionnante. « Look At Them » en est l’exemple flagrant. L’intensité de ses prestations nous prend à la gorge et nous transporte grâce à ces nappes électroniques rythmiques et planantes (« Mutate », « A War is Coming »). Que dire de l’incroyable « Before the Sun » qui vient clôturer le concert. La pluie qui tombe, le train de marchandises qui passe… tout ça est entièrement relégué au second plan tant la performance nous habite et nous captive. On ne pouvait pas mieux finir le festival.

Photos : Emma Shindo

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