Matthias & Maxime : ce que Xavier Dolan sait faire de mieux

MOVIE – Mercredi 16 octobre sortira sur les écrans français le dernier film de Xavier Dolan. Matthias & Maxime, 8e long métrage de notre réalisateur préféré, signe un retour attendu.

Il nous avait perdus avec Juste la fin du monde et The Death and Life of John F. Donovan. Il s’était peut-être, lui aussi, un peu perdu. Alors que ces deux précédents films traduisaient chez Xavier Dolan une volonté d’étendre ses frontières, de la France aux Etats-Unis, Matthias & Maxime signe son retour en terres québécoises. Et autant le dire tout de suite, on a retrouvé ce qu’on aimait tant. Tout ce qu’on aime tant.

L’amitié, le cœur de tout

« C’est un film sur la façon dont l’amitié nous sauve ». Le ton est posé lorsque Xavier Dolan nous présente son film. L’amitié, voilà donc le carburant de ces quelques deux heures de film qui se déroulent entre Montréal et la campagne québécoise, au sein d’une bande d’amis d’enfance sur les deux semaines qui précèdent le départ de Max. Max (joué par Dolan lui-même) va partir à Melbourne, « pour travailler ». On le comprend vite, il s’agit plutôt pour lui de s’éloigner d’une relation toxique avec sa mère. Un film de Dolan n’en serait pas vraiment un sans une relation mère-fils compliquée, jouée avec la toujours parfaite Anne Dorval. Mais ce départ va surtout chambouler sa relation avec son meilleur ami, Matthias (Gabriel D’Almeida Freitas), traversé alors par une myriade de doutes.

La bande-annonce à ne pas regarder avant

Mais le film n’est pas là. Le film n’est pas dans le synopsis. Le film Matthias & Maxime se trouve caché entre une scène d’eau bouillonnante sur fond de musique classique et une scène de linge qu’on tente de sauver de la pluie en précipitation. Le film se trouve « dans l’énergie d’une bande », et se résume par de très belles paroles de Dolan : « Beaucoup de choses sont dites dans ce film qui ne sont pas essentielles. Ça y parle de tout et de rien, mais surtout beaucoup de rien ».

Le film le plus simple de Dolan

Et c’est là qu’on retrouve le réalisateur qui nous avait fait éclater en sanglots après Mommy, celui qui nous avait retourné après Laurence Anyways. Dans ces petits riens qui font tout. Dans cette dynamique et cette amitié qui vous prend aux tripes dès les premières minutes pour ne plus vous lâcher. Dans les silences et les regards entre deux amis qui se pardonneront tout. Dans les lucarnes lumineuses qui filment l’intimité qui se jouent à l’intérieur des foyers. Une simplicité et une humilité qu’on avait rarement trouvé dans le cinéma de Dolan.

On pourra répéter tout ce qu’il a par ailleurs raconté, que Matthias & Maxime est le film qui, dans son ADN et dans son visuel, est son film le plus québécois. Que tous ces merveilleux acteurs sont ses vrais amis, qu’il a travaillé lui-même les sous-titres avec ses amis français pour assurer la plus grande justesse de la traduction ou encore que la musique de Jean-Michel Blais au piano a donné l’effet simple et suranné qu’il souhaitait pour un film plus direct et plus frontal. Oui on pourrait dire tout cela car tout cela est totalement vrai.

Mais on va se contenter de dire que Xavier Dolan est de retour. Le réalisateur qui enchante par ses plans, sa musique, ses scènes de bars, sa façon de filmer les relations humaines, et son talent surtout à trouver la beauté dans la vie réelle. Pas celle de Hollywood. Juste celle qui traverse nos vies sans qu’on s’en rende vraiment compte. Merci M. Dolan de nous ouvrir les yeux sur ceux qui nous entoure. Et sur ce qui compte vraiment

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