Charlie Cunningham et Hamish Hawk : la douce affiche à Paris

LIVE REPORT – Le retour en France de Charlie Cunningham s’est fait de la plus douce manière qui soit. Retour sur un beau moment au Café de la Danse.

Charlie Cunningham a les honneurs de Paris Match. Charlie Cunningham fait se déplacer Dany Boon à son concert. Si on en doutait encore, on en a maintenant la preuve : Charlie Cunningham est bel et bien passé dans la cour des grands. Mais dieu merci, seulement sur le papier. Car sur scène, il est toujours le même musicien, un peu timide, un peu émerveillé. Et qui joue les yeux fermés sans trop oser parler.

Plongée sonore et délicate

Il lui faudra trois chansons pour se mettre dedans. Trois chansons pour faire descendre la pression, la nervosité et l’excitation de retrouver les salles et le public parisiens. Mais depuis le public, inutile d’attendre autant pour se retrouver plongé dans le profond univers musical du groupe. On retrouve très vite le talent de quatre musiciens à créer une bulle bleutée remplie de nappes sonores délicates, seulement dictées par une guitare qui mène la danse.

Ces musiciens, ils ont enfin trouvé le secret. L’équilibre parfait entre les claviers presque aquatiques, une trompette qui vient toujours faire trembler la corde sensible au moment le plus opportun, et puis une batterie toute en finesse, toute en douceur. Et qui n’efface rien d’autre mais souligne les variations d’émotions de chaque paroles. Comme toujours, le live surpasse le disque.

L’ADN inaltérable de Charlie Cunningham

La part belle est faite aux 2 LPs. De « Don’t Go Far » à « An Opening », les titres s’enchaînent dans une belle homogénéité qu’on avait déjà perçue sur album. « Hundred Times » fait office de point d’orgue du sublime dans cette set list où chaque musicien s’accorde à l’unisson. Avec ses airs presque jazz, les frissons montent grâce aux balais et à la déchirante trompette finale, toute en douceur pourtant. Charlie Cunningham a décidément l’art de souffler le chaud et le froid en nous faisant nous réchauffer au son d’une triste mélancolie.

Le public, d’un calme respectueux et plein d’admiration, finira tout de même par donner de la voix et du clap sur les titres les plus « enlevés » du set (« Breather » ou « While You Are Young »). Mais ce sont les petites introductions hispanisantes et les deux titres du rappel qui finiront de me rappeler pourquoi je suis là. « Blindfold » et « Lights Off », réminiscences d’EPs à la pureté guitare-voix, rappellent soudain que Charlie Cunningham, seul comme à l’époque, ou entouré comme ce soir, sait décidément écrire des chansons qui résistent au temps.

Hamish Hawk, le sage exalté écossais

Et on sait à quel point il est difficile d’ouvrir pour des artistes de ce genre-là. Mais hier soir, quelle chance cela a été de voir programmé Hamish Hawk. Ecossais originaire d’Edimbourg, seul accompagné de sa guitare, on a découvert un personnage incroyable. On a d’abord cru à un conteur des temps modernes, lui qui parle de marionnettes dans ses chansons et appuie ses paroles à force de gestes et grands sourires. Puis est arrivé le temps plus étonnant des titres calmes. On a alors découvert sa voix profonde sur des paroles plus tristes mais toujours plus imagées (« I remember when cander was just a constellation »). Au final, notre avis est tranché. On tient là un sage exalté qui conte la vie sur sa guitare et son petit carnet. C’est aussi simple que ça. On a été charmé. Et on a hâte de le retrouver.

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