L’étincelant retour des sœurs Boulay (+ Thierry Larose)

LIVE REPORT – Hier soir, le Club Soda accueillait le plus joli duo de voix du Québec, aka les sœurs Boulay. En première partie, c’est Thierry Larose qui assurait le show.

Lorsque l’on entre dans la salle, un écran derrière la scène affiche des messages. Les sœurs Boulay nous parlent. Elles demandent au public de leur envoyer sur Instagram son plus grand souhait pour le futur. Le thème de la soirée est lancé. Mais avant d’y revenir, c’est le jeune Thierry Larose, accompagné de son fidèle guitariste Francis Baumans, qui entre en scène.

Thierry Larose, nonchalance et poésie

Thierry Larose, dans son large t-shirt, a l’air tout dégingandé. Sa voix, elle-même respire la nonchalance d’un vieil adolescent désabusé. Et c’est bien ce qui fait son charme ! De sa voix, qui maîtrise à la perfection les aigus et surtout lorsqu’ils sont puissants, il parvient à toucher le public du Club Soda. L’émotion du chanteur est facilement perceptible, que ce soit dans les titres plus rock et hargneux (« Club vidéo »), comme pour les mélodies les plus douces (« L’île à 25 sous » ou « Cache-cou »). La musique, minimaliste – une guitare sèche et une guitare électrique -, jouant sur les nuances à coups d’arpèges et de riffs délicats, apporte elle aussi son lot de poésie.

Thierry Larose annonce qu’un disque est prévu pour début 2020, on a que trop hâte d’écouter la version studio.

Les sœurs Boulay, le show explosif

On se souvient des spectacles plus intimistes des sœurs Boulay, elles n’étaient alors que deux sur scène, passant des guitares au clavier ou au tome de batterie. Aujourd’hui, c’est une tout autre scénographie qui se joue au Club Soda. Deux musiciens se partagent guitares, basse, batterie et clavier, Stéphanie et Mélanie jouant elles-mêmes guitare, clavier et percussions, et, derrière elles, un quatuor à cordes (trois violons, un violoncelle) ajoutent une profondeur supplémentaire à la setlist. Et plus encore, un écran géant prend place sur le mur, dévoilant des vidéos de leur petite enfance, de nature sauvage (cascade, forêt) et même des images filmées en direct pendant le concert.

Le show débute fort avec « Par le chignon du cou », que le public connaît par cœur et ne se prive pas de chanter à tue-tête. Les deux sœurs jouent ce soir les titres parus sur leur tout dernier disque, La mort des étoiles, mais aussi d’anciens titres, ré-arrangés pour l’occasion (« Cul-de-Sac », « Où la vague se mêle à la grand’ route » parus sur Le poids des confettis, ou « De la noirceur naît la beauté », « Langue de bois » parus sur 4488 de l’amour, pour ne citer que quelques exemples).

Intime rocknroll

Même si dans l’ensemble, le spectacle est plutôt rocknroll (elles quittent d’ailleurs la scène une première fois sur un magnifique « Fais-moi un show de boucane » qui met le public dans une transe festive), quelques moments d’intimité et de douceur sont tout de même préservés. Notamment, sur « Nous après nous » où Mélanie, au piano, est uniquement accompagnée des violons, ou sur « Léonard », titre composé par Mélanie pour la naissance de son fils, et surtout sur « La mort des étoiles », le premier bis, où elles chantent allongées au sol, les yeux fixant la caméra au plafond qui retransmet leur image sur l’écran.

Au fil du spectacle, quelques uns des 450 souhaits envoyés par le public sont lus. Certains souhaitent que leur crush les aime, d’autres que la planète s’en survive, d’autres encore souhaitent assister à la chute de Trump. C’est là-dessus que les deux sœurs s’arrêtent en demandant à la salle quelques secondes de silence pour qu’on le souhaite fort tous ensemble.

Les paroles des chansons sont elles aussi plus engagées que dans les premiers disques. Avec La mort des étoiles, elles prônent le respect de la nature, de la biodiversité et de l’écologie, la transmission de la culture et de la curiosité au monde notamment. L’album, comme le spectacle, se termine par « Immensité », avec ces mots qui laissent songeurs, il reste encore tant à souhaiter : Merci à toi l’immensité / De nous porter dans le grand tout / Petite poussière de voie lactée / Qui va nulle part, qui est partout / L’éternité aura raison / Le temps fera d’autres saisons / Et le silence sera doux / Dans l’espace laissé en nous.

Setlist : Par le chignon du cou / Cul de sac / Les couteaux à beurre / Au doigt / De la noirceur naît la beauté / Léonard / Nous après nous / Langue de bois / Mappemonde / Des shooters de fort sur ton bras / Bateaux / La fatigue du monde / Gab des Îles / Devant l’Homme et le monde / Où la vague se mêle à la grand’ route / Fais-moi un show de boucane // BIS : La mort des étoiles / Je rêve / Immensité

Texte : Jeanne Cochin / Photos : Emma Shindo

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