Isaya en concert caché : l’espace Django nous a sorti les moulures au plafond

LIVE REPORT – Concert caché n°4 du côté de Strasbourg en ce mois d’octobre. Encore un beau lieu, encore un beau groupe, pour une découverte complète, avec Isaya.

Le concert caché de l’espace Django à Strasbourg, c’est, on le rappelle, l’assurance de découvrir un groupe dont on ne sait rien à l’avance, dans un lieu dont on ne sait rien à l’avance. On arrive, on se fait embarquer dans un bus, et on ressort ailleurs et prêts à la découverte. Après 1984 dans une piscine, Adam Naas dans une brasserie, Vurro dans une ferme, place à Isaya dans une entreprise de plâtre.

Déco plâtre et néons

Le lieu, d’abord. On ne va pas se mentir, ça compte quand même bien pour 50% de l’expérience. Alors quand on débarque dans une entreprise, dans un hall haut de plafond avec mur végétal et couloir mystère joliment éclairé, on se demande un peu où on a débarqué. On apprend vite qu’on est chez Wereystenger. Entreprise qui officie dans le plâtre, le staff, le stuc. Quel rapport avec la musique ? A priori aucun, si ce n’est qu’ils sont partenaires de l’espace Django et ont surtout un superbe entrepôt pour abriter un concert.

En terme de déco, on est servi. Sculptures en tout genre, dont un beau buste de femme sur scène. Moulures au plafond. Chariot élévateur dans les coins. Le tout illuminé à coup de néons. Crois-le ou non, c’est sublime. Encore une fois, on débarque dans un autre monde pour vivre une nouvelle expérience de concert.

Isaya, deux sœurs, deux voix

Après maintes suppositions (toutes erronées évidemment), on apprend que le groupe qui débarque sur scène est Isaya, un trio venu de Marseille, mené par deux jeunes femmes, jumelles, en front et accompagné d’un homme qui s’occupera des claviers et d’une partie des percus. On nous souffle « folk chamanique un peu blues ». Ça y est, on est intrigué.

On est immédiatement saisi par les deux voix. Voilà l’incontestable force du groupe : leurs deux voix. Et même si, sur quelques chansons, elles nous feront découvrir les couleurs vocales propres à chacune, c’est bien sur les titres où leurs deux voix s’élèvent en chœur que la magie prend. Une magie finalement pas très folk, mais plutôt pop, avec des restes de blues qui émergent ici et là, et qui ne sont pas sans nous faire penser à Heymoonshaker dans la fusion des styles (sur le titres « In Your Head » par exemple).

Pop électro chamanique

Mais une fois n’est pas coutume, c’est quand cette pop lorgne du côté des sons électro que je commence à saisir pleinement l’ampleur que pourrait prendre le groupe. « Freak » notamment, prévue sur un album à venir, ou encore « Oh Lord », transforment le hangar plein de sculptures en club au lumières néons, et nous feraient presque regretter l’absence d’un vrai système de basses, un truc vibrant et profond qui nous embarquerait encore davantage.

Reste le côté chamanique de la description… Peut-être dans le cri des loups qu’on nous demande d’imiter (« Crying Wolf ») ? Plus vraisemblablement dans le lien gémellaire, dans la complémentarité des deux personnalités et voix, et dans ces quelques accents à la Ibeyi dans la musique. De quoi donner envie d’attendre jusqu’au prochain album pour en savoir plus !

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