Rayannah et Claire Morrison nous font aimer l’hiver


LIVE REPORT – Hier soir, au Verre Bouteille, on était en douce compagnie, celle de Rayannah et Claire Morrison.

Hier soir le Verre Bouteille revêtait ses habits d’automne. Sur scène, deux voix, l’une folk, l’autre plus électro, diffusaient douceur et atmosphère chaleureuse autour des petites tables rondes de la salle. De quoi se diriger sereinement vers l’hiver, si cher à ses deux originaires de Winnipeg.

Claire Morrison et son folk lumineux

C’est d’abord Claire Morrison qui entre en scène. Accompagnée de Judith Little-Daudelin aux voix de chœur et discrètes percussions, la jeune femme chante, surtout en anglais, une musique folk éclatante. Elle entame le set avec « Falling In », avant de prendre la parole et raconter comment elle a écrit le titre suivant, « Around Here », composé en Belgique.

Claire Morrison est musicienne, autrice, compositrice, interprète, et elle est aussi la gérante de Rayannah pour qui elle ouvre ce soir. Elle nous plonge dans leur enfance commune, à Winnipeg, où les hivers sont, nous confie-t’elle, très rudes. Elle en a d’ailleurs fait une chanson, pleine d’espoir.

Arrivée à Montréal il y a 7 ans, elle ne connaissait de la musique francophone que Karkwa. Le premier artiste francophone qu’elle découvre en arrivant, c’est Jimmy Hunt. Elle joue ce soir une reprise de « Maladie d’amour », sur laquelle Judith fait des vocalises de toute beauté. Leurs deux voix se marient à la perfection. Sans trop charger les lignes musicales, cet arrangement apporte douceur, intensité et profondeur. Avant de laisser la scène à sa comparse Rayannah, elle chante « Fool’s Gold »de son artiste adorée, Lhasa De Sela, et un dernier titre de sa composition.

Rayannah, mystérieuse et envoûtante

La transition se fait en douceur avec l’entrée en scène de la femme aux paupières fluo. D’abord seule, elle débute son set en chantant et enregistrant les boucles de « Ce matin ». Elle est vite rejointe par Marjorie Fiset aux chœurs, pad et claviers électroniques. Au fil du spectacle, Rayannah s’entoure. C’est d’abord Claire qui rejoint le duo pour ajouter sa voix aux refrains de « Chaque fois », titre écrit « au creux de l’hiver », comme le souligne poétiquement la jeune femme.

Les titres de l’album Nos repaires (sorti en mars dernier) se succèdent, alternant l’anglais et le français. Rayannah raconte l’histoire de « Delphine et Marilou », qui sont, à l’origine, le nom des deux vélos sur lesquels elle a traversé la France avec une amie.

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La deuxième invitée sur scène n’est autre que l’incroyable Laura Babin. Elle prend la place de Claire, pour chanter la voix de chœur de « Tu ne me reconnais pas ». Lorsque Claire revient sur scène, c’est pour nous jouer un titre-surprise, préparé la vieille : une reprise de Céline, « On ne change pas ». C’est Laura Babin qui prend la voix principale.

Rayannah joue également le titre éponyme de son premier album Boxcar Lullabies, qui n’est pas sans nous rappeller l’univers fantasmé de Björk. Elle termine son set avec « Nos repaires », avant de revenir pour un bis en solo : une reprise de Joni Mitchell – qui vient elle aussi de l’Ouest canadien -, « A Case of You ». On la quitte, comme on quitterait un cocon mystique, surprises et entièrement comblées par ce qu’il vient de se passer.

Texte : Jeanne Cochin – Photos : Emma Shindo

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