UMAMI x LUNES, le girl power à l’honneur

LIVE REPORT – La Maison de la culture Maisonneuve accueillait hier soir la deuxième soirée Umami x Lunes. Dix artistes femmes et non-binaires se partageaient la scène à coup de duos inédits. Une bien belle soirée en somme.

Ce soir, la Maison de la culture Maisonneuve resplendissait de la toute puissance féminine. En ce triste jour de commémoration des 30 ans de la tuerie féminicide de la Polytechnique, dix artistes féminines et non-binaires se retrouvent pour partager la scène musicale, entrecoupée ce soir des lectures de trois autrices (Jennifer Sidney, Miriame Gabrielle Archin et Ève Landry). Au programme, cinq duos inédits montés spécialement pour la soirée réunissent Safia Nolin et Pataugeoire, Mara Tremblay et Andy Jon, HALDE et Tu/Lips, Marie-Eve Roy et Caroline Savoie, Émilie Proulx et Claudelle.

Douceur et émotion

C’est Émilie Proulx et Claudelle qui ont l’honneur d’ouvrir la soirée. Le premier duo est doux, serein et apaisant. Les deux chanteuses-guitaristes s’accompagnent chacune leur tour sur les compositions de l’une puis de l’autre. Après la délicate chanson « Le courant » de Claudelle, c’est un titre d’Émilie Proulx qui est joué, parlant d’espoir et de résilience. Ce soir on célèbre la musique des femmes, et ce premier duo le fait tout en douceur et sobriété.

Pendant le rapide changement de plateau l’autrice Ève Landry lit, ou plutôt interprète, un hommage à sa grand-mère décédée. Drôle et émouvant, le texte tient le public captivé. Un joli moment.

C’est avec un humour décapant que le duo suivant fait son entrée en scène. Marie-Eve Roy et Caroline Savoie, la première au piano, la seconde à la guitare, jouent tour à tour les titres de leur composition, légèrement réarrangés spécialement pour cette soirée. « Multicolore » de Marie-Eve, « Le jeu » et « Le monstre » de Caroline, puis « Reste » de Marie-Eve s’enchaînent, laissant aux deux femmes le temps de faire rire la salle entre chaque titre, pourtant toute émue des chansons d’amour déçu ou abordant le trouble d’anxieté. Émotion et humour étaient au rendez-vous de ce deuxième duo.

Sensualité et girl power

Jennifer Sidney présente son texte, faisant frapper des mains le public et chantant a cappella sur un air haïtien, puis fait place au duo suivant : Mara Tremblay et Andy Jon. Les deux femmes jouent la carte de la séduction ce soir, longues embrassades, regards en biais et chansons d’amour. C’est avec « Le printemps des amants » et son petit côté cabaret que Mara Tremblay commence à chanter, tout en s’accompagnant au piano. Elles changent ensuite de place pour jouer deux titres d’Andy Jon. Enfin, c’est a cappella sur le titre « Tu n’es pas libre » que se termine ce duo haut en couleur.

L’intermède littéraire est proposé par Miriame Gabrielle Archin membre du collectif Black is the Warmest Color avec deux textes joliment imagés, intenses et poétiques.

Rocknroll et badass

C’est au tour de Safia Nolin et Pataugeoire d’investir la scène avec d’abord un titre de Safia, « Technicolor ». Le duo est très électrique, avec des sons de guitare saturés qui masquent les voix. Décembre oblige, les deux chanteuses jouent également « Noël partout » de Safia avant de quitter la scène sur un titre de Pataugeoire abordant le deuil.

C’est avec HALDE et Tu/Lips que se clôt la soirée. Guitare, basse et batterie (n’en déroge à la règle, elles sont trois sur scène pour se dernier « duo » !). Avec quelques titres en anglais, bien rocknroll, le trio termine la soirée en invitant toutes les artistes à venir danser sur scène. On quitte la salle les oreilles et le cœur bien plein.

Texte : Jeanne Cochin – Photos : Emma Shindo

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