La minute Viking #24 : 5 albums nordiques qu’il fallait découvrir en 2019.

ALBUMS – Amateurs-trices de musique mélancolique ou onirique, prenez le temps de découvrir cinq albums nordiques passés inaperçus en 2019.

Froide. Mélancolique. Rêveuse. La musique nordique sait jouer avec les émotions humaines. Son but : nous faire chavirer ; nous donner des frissons ; nous faire pleurer. De Sigur Rós à Agnes Obel, de Ane Brun à Jay-Jay Johanson, le grand public a déjà pu apercevoir le talent mélancolique scandinave. En 2019, que cela soit dans leurs langues originelles ou non, la scène indépendante nordique a su confirmer cette place de taulier de la mélancolie. Comme toujours, le choix des artistes est non exhaustif.

Júníus Meyvant – Across the Borders

Né sur les îles Westman, au large de la côte sud de l’Islande, Unnar Gísli Sig-Urmundsson est connu sous le nom de Júníus Meyvant depuis 2014. Après le succès critique de son premier album, Floating Harmonies, en 2016, Júníus est revenu avec un deuxième album plus soul et harmonieux. La voix tantôt douce, tantôt rocailleuse ne peut laisser insensible. Loin de la culture musicale islandaise dreampop ou indie-rock, le soulman viking montre tout l’éclectisme musical de la scène nordique.

Morten Myklebust – Break Up

La découverte de fin d’année est signée par le norvégien Morten Myklebust, considéré comme l’un des plus grands songwriters norvégiens actuels. Produit par Susanne Sundför, Break Up décrit une relation se dirigeant inévitablement vers sa fin. Son dépouillé, clins d’œil aux années 70, ambiance Antony and the Johnsons, Morten Myklebust ne nous laisse pas insensibles. S’il fallait une confirmation, que les ruptures sont à la base des plus belles créations musicales, Break Up en serait une.

Sin Fang – Sad Party

Après une décennie au sein de Seabear, l’un des groupes phares de la scène indie-folk islandaise, Sin Fang s’était joliment essayé – en 2016 – à la pop urbaine. Avec Spaceland, il se la jouait Frank Ocean. Les featuring de Jónsi, Sóley, Farao ou JFDR (à savoir, le top de la scène islandaise) lui permettait de sublimer son projet. Plus solitaire, Sin Fang continue à garder cet esprit pop attachante et rêveuse. « Ni trop rapide ni trop lente, ni trop bruyante ni trop silencieuse », voilà le pari qu’il voulait se lancer lors de la composition de son cinquième album.

Au final, Sad Party arrive au niveau de Go (Jónsi). Un peu moins psyché, mais tout aussi enivrant et envoûtant, l’album est à l’image de sa pochette : un véritable câlin musical.

Deportees – All Future

Le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. Voici les cinq étapes du deuil, selon le modèle Kübler-Ross. En 2015, lors de la parution de leur cinquième album, les suédois de Deportees en étaient à la dépression. The Big Sleep décrivait un monde se dirigeant vers une apocalypse certaine. Aucune échappatoire n’était possible.

4 ans plus tard, le groupe revient avec une pointe d’optimisme. Mélancolique, il était. Mélancolique, il reste, à notre plus grand bonheur. Néanmoins, les paroles se veulent plus rassurantes « I’m afraid it’s true. We have lost our future and we badly need a new ». All Future nous achemine dans un monde qui entrevoit, au loin, une porte ouverte vers de meilleurs jours. Demain, c’est loin. Mais Deportees a décidé de s’y rendre.

Efterklang – Altid Sammen

Attention : préparez les mouchoirs ! Le trio danois d’Efterklang (Casper Clausen au chant, Mads Brauer aux claviers et Rasmus Stolberg à la basse) a publié son premier album en 7 ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le passage des paroles anglaises aux paroles danoises n’ont, en rien, changé la puissance lacrymale de leur musique. On plane totalement ! On se laisse porter par les vagues, par le minimalisme musical et vocal. La chair de poule se fait ressentir dès les premières secondes de l’album. Et surtout, au fil de l’album, on laisse couler, à flots, nos larmes.

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