The Voice 2020 : l’amour, la haine et Dieu

RECAP – C’est reparti pour The Voice. Et c’est comme d’hab : il y a tous les éléments pour faire deux ou trois téléfilms de l’après-midi.

J’avais pas prévu de regarder The Voice. Mais une insomnie s’est invitée pendant une nuit et The Voice est un bon moyen d’appeler Morphée. La tonalité de cette nouvelle saison est donnée dès le départ avec la collègiale très Star Ac’. Les quatre coachs chantent « The Show Must Go On ». Avec un an de retard, TF1 surfe sur ce succès du biopic Bohemian Rhapsody. TF1 a toujours trois trains de retard et ça se voit aussi avec les coachs choisis cette année : Marc Lavoine, Pascal Obispo, Amel Bent et Lara Fabian. Des « stars » de la variét’ française dont on ne se demande pas, mais alors pas du tout, ce qu’ils font de leur vie depuis 2008. Bref, ils sont là.

Avant de commencer la compétition, ils s’époumonent sur Queen. On n’entend pas vraiment Marc Lavoine. Les trois autres coachs par contre se sont lancés dans un concours de « qui a la plus grosse »… voix bien sûr. Pas de mauvais esprit, enfin, c’est une émission familliale. Lara en fait des tonnes. Après tout, selon Nikos, elle « est l’une des plus grandes voix » d’aujourd’hui. Amel essaie de faire pareil avec plus de vibes. Pascal a, lui, tout misé sur la veste à paillettes et sa posture scénique : le micro qu’il tient comme Patrick Hernandes. Tu sais, « born to be alive » ? Mes oreilles ont déjà un peu chaud, maltraitées par trois minutes de vocalises à faire casser les verres de cantine. Mais comme le chante Freddie, the show must go on.

Prison Break

Joséphine, aka Baby J. est la première à se lancer. Elle dit que la musique est une passion, que chez elle, on fait de la musique en famille. Cool, comme dans les séries pour teenagers. Baby J, 18 ans, se lance avec « Les portes du pénitencies » de Johnny Hallyday. Bah oui, on ne pouvait pas lancer The Voice sans un petit Johnny. Baby J. dans sa tête s’est Amy Winehouse. Sans la voix, sans le magnétisme. Elle casse la voix au mauvais moment et cale beaucoup trop « ohohoho » et « yeahyeahyeah » pour que sa reprise soit agréable. Sans surprise, deux fauteuils se sont retournés : Pascal Obispo et Lara Fabian. TF1 quoi. Lara part dans les explications techniques, elle se met déjà à chanter. Pascal décide de faire avec ses armes : il tente la séduction. Hop un calin, hop le baise-main… C’est malaisant. Eho 2020… Amel tente de mettre son grain de sel, on ne sait pas trop pourquoi. Marc est muet.

Fan de…

Tom Almodar est fan d’Amel Bent. Je le suspecte d’avoir confondu The Voice avec Fan de. En tout cas, il a visé juste en choisissant de reprendre « Another Love » de Tom Odell, une des chansons préférées d’Amel Sauf que… il a décidé de la traduire en français avant de reprendre dans une langue inconnue. Il aurait dû continuer en français, parce que je suis à 100% certaine que la suite était pas de l’anglais. Le chanteur de comédie musicale ne passe pas le cap des auditions à l’aveugle. Mais bon, Amel lui a fait un bisou. Comme dans un épisode de « Fan de », TF1 peut te faire rencontrer tes stars. Ne perd pas espoir, toi, fan de Chimène. Marc a dit deux phrases. Donc, il peut parler.

Carnet de Voyage

C’est après un voyage en Bolivie, qu’Antoine Delie s’est trouvé une personnalité et a décidé de s’assumer. Et il a trouvé sa voie. Les voyages forgent le caractère après tout. Sa voix a fait retourner Pascal Obispo en une note, puis les trois autres coachs très rapidement. Antoine a réussi à faire un truc fantastique : faire de « La pluie » d’Orelsan et Stromae un titre qu’on penserait signé Michel Polnareff. C’est Marc Lavoine, le seul qui vouvoie les talents, qui récupère le talent. En quelques mots assez justes d’ailleurs, il a réussi à convaincre le jeune homme. Marc, c’est donc la force tranquille de The Voice 2020, le gars qui n’en fait pas des caisses. On va aimer ce coach et il a peut-être le gagnant de la saison. Antoine est typiquement le profil du « talent » qui ira jusqu’en finale de The Voice. On peut zapper la suite des émissions.

Sister Act

Toni aussi a un profil de winneuse. Là, on était dans Sister Act et Amel Bent était Whoopi Goldberg. Ex-choriste, elle veut prendre le power back. Et elle est prête à chanter, à casser la baraque… elle reprend « Doo-Wap » de Lauryn Hill. Elle sait rapper, elle sait chanter. Une Beyoncé en puissance (avec un problème de respiration quand même sur la fin). Amel, Lara et Marc se retournent. Pascal Obispo n’a sans doute pas compris ce qu’il se passait, pas assez Polnareff, pas assez « Chérie FM ». On assiste aussi premier clash Pascal/Amel. J’avoue que j’ai pas compris de quoi il s’agissait mais ça a duré beaucoup trop longtemps. C’était pas les clashs à la Marianne James. Marianne, si tu nous lis, tu nous manques.

A Star is Born

Après la guerre, vient le temps de l’amour. Dans The Voice aussi. Alexia et Sam sont venus en couple sur The Voice mais ils seront l’un contre l’autre. Sam Tallet commence. Guitare, veste en cuir sur t-shirt blanc, guitares en bandouillère, slim et petites bottes. La parfaite tenue du rockeur. On n’a peur deux secondes mais on est rassuré de voire que notre bébé rockeur reprend « With a little help from my friends ». Les quatre coachs se retournent. Quelque part, on est contentes de voir que le rock peut encore toucher des gens en 2020.

On se rend compte de deux choses pendant ce passage : 1. Amel est une très mauvaise joueuse. 2. Lara aurait été une parfaite politicienne. D’ailleurs, elle a réussi à ensorceler Sam. C’est chez elle qu’il termine.

Ah, et Alexia est passée aussi. Elle a rejoint Amel, histoire de pas finir dans la même équipe que son chéri. Elle a chanté « Somewhere over the rainbow ». Tout le monde à pleurer sur le plateau, dans les coulisses aussi. Il fallait des larmes. C’est dans tous les cahiers des charges d’un bon drama. Et on voit déjà le fil rouge des prochaines émissions se dessiner : Un reboot de « A Star is Born » en live devant nos yeux, à la sauce TF1. Est-ce qu’il se terminera sur la scène des NRJ Music Awards dans deux ans ? Alexia-Lady-Gaga gagne un prix, Sam devient jaloux et pisse sur la scène comme Bradley Cooper ? Le prochain téléfilm produit par la Une est là.

Da Vinci Code

On a eu la guerre, l’amour. Place à la religion. Avec le groupe de prêtres « Schola fratum ». Alors, ils sont tous russes… comme leurs prénoms ne le montrent pas : Cyril, Arthur, Pierre, Denis et Vladimir. Sans doute des agents doubles du Kremlin qui sont là pour manipuler les votes du public. Alors, c’était vraiment très beau cette petite chorale (j’ai un petit faible pour les chants d’église…) mais bon, imagine des prêtres russes gagnants une émission sur TF1 ? A part La Manif pour tous, qui voteraient pour eux ? Je ne suis pas sûre que le Vatican est accès à The Voice. Du coup, personne ne s’est retourné. Mais, ils sont bookés sur un concert avec Lara Fabian à Moscou.

Le heroe de The Voice est…

Michael Bucquet, deuxième rockeur de la soirée. Attitude nonchalante très british, coupe de cheveux à la Edward aux mains d’argent. On sait déjà qu’on est sur l’ovni de la saison. Et l’ovni reprend en plus un super titre : « Heroes » de David Bowie. C’était pas la reprise du siècle, mais c’est pas simple de reprendre le Thin White Duke. Michael s’en sort plus tôt bien. Comme le dit Marc, on aime le jeu très « minimaliste » sur scène (traduction : merci pour ne pas en faire des tonnes).

Il est mon crush de la soirée et il finit dans l’équipe de Marc. Il suffit d’un petit Bowie pour pour prendre mon cœur et Michael a réussi. Et pour la première fois de la soirée, je suis d’accord avec Pascal Obispo : « on manque cruellement de rock en France ». Du coup, double merci Michael. Pour avoir repris Bowie et pour avoir apporté un peu de rock sur une émission The Voice. J’avoue avoir décroché après cette prestation.

Donc sur la fin, en très bref : Maria a repris un chant irlandais « Danny Boy » et a fait pleurer tous les larmes du corps de Lara Fabian. Joseph a étonné en reprenant « Cassez la voix » version folk avec la voix de Grand Corps Malade, mais il est pas passé. Elinor est une chanteuse has-been qui tente un come-back avec « La Parisienne ». Annie Cordy n’est pas passée. Romain termine la soirée avec « Dejeuner en paix » de Stephan Eicher. Ca passe in extremis, malgré les fausses notes, le rythme à côté de la plaque et le trop plein d’énergie. Lui, on sait qu’il sera probablement dans la prochaine comédie musicale produite par TF1.

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