Jimmy Gnecco : « Quand ta voix est là pour toi, elle fait des merveilles pour l’esprit et les âmes »

INTERVIEW – Quand vous apprenez que le groupe de rock qui vous accompagne depuis votre jeunesse, vous réfléchissez aux moyens de traverser l’Atlantique. A la nage, s’il le faut.

Quand vous apprenez que le groupe de rock qui vous accompagne depuis votre jeunesse (mais que vous n’avez jamais eu la chance de voir en live) remonte sur scène pour quatre dates seulement aux États-Unis : vous réfléchissez aux moyens de traverser l’Atlantique. Et quand vous apprenez que Jimmy Gnecco, leader culte du groupe américain OURS, vous accorde le privilège d’une interview :  c’est décidé, vous irez à New-York… à la nage s’il le faut.

C’est donc avec une émotion sincère que j’ai pu discuter avec Jimmy Gnecco la veille du 1er concert de la série qui annonce la sortie prochaine du 6ème album du groupe « Spectacular Sight III » qu’il termine actuellement. Au menu ? Un retour au rock pur et dur avec ce sens de la mélodie qui caractérise OURS depuis ses débuts. Le chant est incroyable, comme d’habitude, oscillant entre douceur et puissance, rage et mélancolie, retenue et lâcher-prise total. Qu’il s’agisse de la voix de Jimmy, ou de celle d’Hannah Gernand, qui l’accompagne à merveille sur certains titres (tant et si bien, qu’il est parfois difficile de savoir qui est qui), tout est fait pour toucher l’auditeur à tous les niveaux du spectre émotionnel. Les fans de OURS, mais aussi ceux qui ne le sont pas encore, seront conquis.

Patient et souriant, il apparait décontracté à la veille de débuter cette tournée, même si on sent l’excitation et l’envie d’aller à la rencontre de son public. Tout à ses derniers préparatifs d’avant tournée (changement de cordes, bouclage des valises, …), il a pris un long moment pour répondre à mes questions, cherchant toujours le meilleur moyen d’exprimer ses pensées pour être bien compris. Charismatique au possible, il plonge parfois son regard hypnotique dans vos yeux pour être certain de vous convaincre de ses propos.

Cette interview est un moment précieux avec un artiste exceptionnel, et rare (tout spécialement en France où il reste quasiment inconnu, en dehors d’un cercle d’heureux initiés). Il a généreusement répondu à toutes mes questions…

Tu viens de sortir un nouveau single « Wounds of Love », peux-tu nous parler de cette chanson et nous expliquer pourquoi tu l’as choisie comme premier single ?

Nous avons choisi ce morceau comme premier single officiel, parce qu’il était un petit peu différent de ce que nous avions fait auparavant. Cette chanson concentre beaucoup d’énergie et sert bien le propos de tout l’album. Elle a son but propre et est aussi un morceau de l’histoire du disque dans son ensemble. Mais, il n’est pas nécessaire de connaître toute l’histoire de l’album pour l’écouter. J’essaie d’être un peu plus cérébral [sourire] alors pour moi, cette chanson est la bonne combinaison entre un côté cérébral et un autre qui est juste du rock qui cogne.

Ton prochain album Spectacular Sight III devrait sortir bientôt. Peux-tu nous parler de cet album, de sa genèse, de tes inspirations, de son contenu, de sa progression, et du fait que tu auto-produises cet album ?

Je l’ai écrit. Pour ce qui est du processus, comme j’ai un studio, j’ai pu prendre le temps de regarder 200 chansons que j’avais écrites et essayer des choses. On en a enregistré une cinquantaine. Le temps a été un cadeau pour ce disque. Normalement, pour faire un disque, j’ai environ 12 à 15 chansons sur lesquelles je travaille. Mais cette fois, comme j’en avais 200 en stock, c’était assez fou, les possibilités étaient vastes. Mais c’était une bonne chose.

Le fait que je sois aux commandes, que je me charge de l’enregistrement et tout ça, c’est devenu une extension, une partie intégrante de la performance. Je pense que ça doit se passer comme ça quand un super ingénieur s’implique dans un enregistrement. Je pense qu’un ingénieur apporte vraiment quelque chose, il fait ressortir le meilleur des performances et réinjecte le meilleur dans les morceaux.

J’ai mixé l’ensemble de l’album, à l’exception d’une chanson. J’ai mixé ce disque là et « New Age Heroine » [NDLR : 5ème album sorti le 18 novembre 2018] moi-même, et c’était tout nouveau de trouver comment faire ça pour de vrai, pas seulement trouver les bonnes balances et dire « ok c’est bon », mais le faire de manière à donner vie aux chansons enregistrées. Pour beaucoup d’entre elles, c’était vraiment délicat ; c’était tellement de travail, notamment parce que je n’accorde pas du tout les voix, que ce soit la mienne ou celle de qui que ce soit [NDLR : pas d’effet d’accordage sur les voix, type autotune ou autre, contrairement à ce qui se pratique de plus en plus actuellement pour corriger le chant] ; je ne fais pas ce genre de choses. Il y a donc beaucoup de travail, beaucoup de chant.

Chaque refrain est son propre refrain, comme il se doit. Les chansons changent, elles évoluent au fur et à mesure que la chanson grandit ou tourne. Le deuxième refrain doit être différent du premier et du troisième, sinon, ce n’est pas la peine de mettre un deuxième refrain selon moi. Pareil pour le troisième refrain. J’ai toujours aimé les disques où l’on peut (je veux dire historiquement, c’est évidemment comme ça que ça se faisait) se dire « Wow écoute ce troisième refrain, c’est quelque chose de différent ». Ainsi les niveaux d’énergie sont différents, que ce soit intentionnel ou non, et c’est quelque chose que je ne changerai absolument jamais.

La musique dans laquelle je m’implique doit être un vrai voyage, un voyage dynamique.  Tu dois sentir qu’il y a quelque chose de différent « OK, c’est le dernier refrain », qui dit par-là que nous arrivons à une sorte de résolution, de pic émotionnel.

Ça a donc pris beaucoup de temps. Tu sais, nous avons sorti un autre disque « New Age Heroine » l’année dernière, qui fait partie d’un seul et même processus d’enregistrement avec le nouvel album. J’ai travaillé dessus pendant environ six ans. J’ai passé beaucoup de temps seul à le faire. J’ai eu de super collaborateurs et contributeurs tout au long du chemin, mais c’était plus par choix : pour certaines sections où je me suis dit « OK, laisse ça ouvert et laisse cette personne contribuer« . Chaque fois que j’ai eu l’énergie de faire les choses moi-même, je le faisais ; que ce soit de la batterie, de la basse, du clavier, du piano, du chant, des chœurs. Mais quand j’avais le sentiment que quelqu’un apportait vraiment quelque chose, je profitais de ces instants et je laissais à ceux qui faisaient partie de mon équipe la possibilité de contribuer.

Donc, oui, ça a été une aventure complètement folle. Je ne suis pas sûr que je referais ça de manière aussi ouverte, surtout maintenant que je sais précisément que ces trois parties, ces trois disques « Ballet the Boxer », « New Age Heroine » et « Spectacular Sight », étaient destinés à être rassemblés. Ce dernier volet sera l’épiphanie finale, le moment où tout est révélé, une sorte de révélation rock’n’roll.

Peux-tu nous expliquer ce qui unit ces disques ? Je ne sais pas, peut-être une idée, une dynamique ou autre chose ?

L’idée c’est essentiellement que c’est le troisième disque de la série des Boxer : « Ballet the Boxer », « New Age Heroine » et celui-ci. C’est censé raconter l’histoire de quelqu’un qui se trouve à un endroit et à un moment vraiment sombre.  C’est tout son voyage, sa déambulation, à travers cet espace, cet espace physique, jusqu’à ce qu’il finisse par trouver une sorte de salut dans des endroits improbables, où il ne s’attendait pas à en trouver.

Tu sais, certaines personnes se tournent vers la religion, certaines vers le yoga, d’autres vers des obsessions pour la nourriture, ou l’exercice, l’amour romantique ou le sexe. Donc, au final c’est l’histoire du voyage unique de cette personne, à travers notre époque dans un sens, les temps modernes… Il y a des idées et des thèmes qui ont toujours existé et existeront toujours, tu sais, comme l’avidité, le besoin et le désir d’affection, et d’attention, et l’amour, le contact, la connexion, les expériences sexuelles… Ces choses ne disparaîtront jamais. C’est tout cela qui est lié au disque. Pour résumer, c’est juste le voyage de quelqu’un à travers tout ça.

As-tu ressenti une certaine urgence à sortir cet album, car ton précédent album, « New Age Heroine II », est sorti il y a un an environ ? Est-ce que ça s’est juste passé comme ça ou était-ce un souhait de ta part d’accélérer le rythme de sortie de tes albums ?

C’est arrivé très naturellement. Tout s’est passé naturellement, au moment le plus propice pour moi, mon aventure avec OURS et tout ça. Je suis affecté par l’ambiance actuelle, dans le monde, et tu sais, le nom du groupe OURS vient de là, nous comme un seul monde ; voilà ce qui me touche. Quand quelque chose se produit naturellement, qui est lié à tout cela, et qu’il me semble que c’est le bon moment, alors je le fais sortir. Évidemment, il y a une certaine dose de planification dans ce que l’on essaie de faire, mais en fin de compte c’est plutôt quelque chose d’extérieur qui m’a tiré pendant tout ce temps, toute ma vie. Il y a des choses que j’essayais de dire, de faire sortir, en trouvant les mots, et il m’a fallu du temps pour entreprendre ce voyage moi-même, pour voir de quoi il s’agissait vraiment.

Et pour moi, c’est assez drôle, car je reviens une nouvelle fois aux idées que j’avais à l’époque où je travaillais sur mon premier disque : nous avons tous un temps limité ici. Je ne suis pas sûr que quelqu’un sache vraiment pourquoi nous sommes ici, ni comment nous sommes arrivés ici, ou s’il y a une raison pour laquelle nous sommes ici. Pour ma part je veux juste répandre l’amour et être aimé… Ou plutôt donner de l’amour que se préoccuper d’en recevoir, parce qu’on peut espérer en obtenir en retour, mais ce n’est pas mon cas. Si tu fais ça, avec ce type d’attentes, tu finis constamment déçu.

Donc, je suis davantage préoccupé par le fait d’être à un endroit où la musique se connecte à ce qui est important et à ces grandes réponses. Je veux juste donner de l’amour pendant que je suis ici sur la planète, et je veux rester dans un endroit sain où je peux faire en sorte que cela soit une sorte de constante et ne pas être affecté par tous les autres aspects de la vie qui, au quotidien, nous donnent envie de nous lever et d’aller gifler quelqu’un. Je veux vraiment faire tout ce que je peux pour être patient, et être une bonne personne, et juste donner de l’amour.

Ce disque était donc pour moi rempli de l’idée de… Il coïncide avec l’histoire du voyage de quelqu’un qui traverse un espace sombre… mais la réalité c’est que j’ai simplement essayé de mettre quelque chose à disposition des gens, qui leur dise que je les aime et qu’ils ne sont pas seuls.

Je voulais apporter ma contribution, à une époque où, tu sais, pour nous, les choses sont tellement divisées ici dans le pays que nous avons tendance à perdre de vue certaines choses basiques. Chacun se bat pour son truc, et je comprends cela, mais dans la bataille, nous perdons de vue certaines choses fondamentales. J’ai un désir immense de simplement donner de l’amour, en espérant que ça devienne contagieux, plutôt que la haine, parce que la haine c’est rapide, c’est facile, ça prend feu rapidement. Aussi bête que soit l’amour, c’est beaucoup plus difficile pour nous tous. Nous le voulons tous, mais d’une manière ou d’une autre, nous finissons par nous retourner, et alors l’autre émotion prend le dessus.

C’est donc de ça qu’il s’agit dans ce disque, c’est finalement là que ça aboutit. Ces jeunes gens, dans « Ballet the Boxer », sont tout en émotion brute, ne sachant pas vraiment où ils vont, dans quelle direction, ils se dispersent. Et c’est difficile, et ils se retrouvent dans un endroit complètement dingue par leur propre faute. Ils ne sont pas satisfaits ou heureux de cet endroit et décident de faire en sorte que ça change. Voilà l’essence des trois disques.

Donc sur le plan sonore, je devais exprimer ce sentiment adolescent brut de « Ballet the Boxer », sans surproduction. Si j’avais surproduit, ça aurait trop sonné comme « Oh et bien vous avez tout compris » et je ne voulais pas que l’on ait l’impression que tout avait été compris.  Avec « New Age Heroine » on commence à ressentir cette chaleur, l’ouverture d’une certaine réalité qui s’installe et garde le cœur ouvert.

« Spectacular Sight » c’est en fin de compte la capacité à exploiter ce qu’il s’est passé avant et le rendre en tant que chose qui t’a changé. Voilà ce qu’est « New Age Heroine ». Quelque chose est arrivé dans le paysage et a changé cette personne, l’a transformée. Chemin faisant, elle a été capable de rendre au monde ce qui l’a transformée. Et là on a « Spectacular Sight », ce monde lumineux au milieu des ténèbres, au milieu de ce qui nous donne l’impression d’être sur une autre planète, de nos jours. Le simple fait de créer en un « boum », comme un énorme éclat, cela signifie qu’il y a de la vie, une forme de vie, et c’est plein d’amour et pas de cette autre chose qui peut détruire les fondations de notre pays et de notre société.

Au fil des ans, les gens ont souvent écrit la même chose sur toi : « Oh mon Dieu, ce type est un génie, pourquoi est-il si sous-estimé ? ». Je suis sûr que tu as lu des trucs comme ça sur YouTube ou ailleurs. Qu’est-ce que tu en penses ? Pourquoi es-tu si sous-estimé ?

Tu sais, il y a toutes sortes de réponses à cette question. Tout d’abord, je ne pense pas trop à ça ; je dois juste continuer à faire ce que je fais. C’est à ça que je pense souvent. De temps en temps, je m’arrête et je me demande pourquoi quelqu’un fait ceci ou réussit bien plus, pourquoi je fais ce que je fais. Mais je pense que quand tu es sur ta propre voie pour ce que tu souhaites en retirer, alors tu restes sur cette voie. C’est un peu par où je suis passé.

Tu peux voir toutes sortes de choses, des comparaisons, les gens me critiquaient, notamment à mes débuts, car ils pensaient que j’étais, tu sais, trop comme celui-ci ou comme celui-là, mais je sais que c’est en moi, et je sais d’où ça vient, et je sais que ça existait avant ces personnes auxquelles ils me comparaient, et je sais que ce sera encore là longtemps après ça, et je sais combien de choses sont encore en moi prêtes à sortir.

Du coup, je vois la situation dans son ensemble, c’est pourquoi je suis patient. C’est énorme ; c’est le travail de toute une vie pour moi, pas seulement une histoire d’un jour. Donc, je regarde la situation dans son ensemble. C’est parfois frustrant quand on ne peut pas, tu sais, quand on ne peut pas continuer à le faire parce qu’on n’en a pas les moyens, qu’on ne peut même pas manger. Mais ces dernières années, j’ai pu manger, et j’ai pu continuer à faire de la musique, et c’est ce qui est le plus important pour moi, pas d’acheter des jouets fantaisistes ou quoi que ce soit du genre. Donc tant que je peux continuer à le faire, que j’ai chaud la nuit, et que je n’ai pas faim, je m’en sors bien. La musique est faite, donc je vais bien.

Quant à savoir pourquoi, c’est une longue conversation, je pense, si je dois commencer à analyser le public et essayer d’expliquer ça. Mais, tu sais, peut-être que c’est juste qu’ils n’aiment pas ma gueule [sourire]. Je ne sais pas, c’est possible… [rires]

A propos de l’image. En général, comment t’impliques-tu dans la création de tes visuels (clips vidéo, pochettes de disques…) ? Est-ce un aspect important pour toi ?

Ouais, c’est définitivement un aspect important. Tu sais, nos vêtements et tout ça, la manière dont nous représentons le groupe ; on ne veut pas que ce soit si sérieux et que ça devienne la chose la plus importante. Mais je pense que c’est juste là, qu’il faut faire avec.

Avec ce groupe, je veux juste éprouver l’humilité dans ce que nous faisons, mais aussi un certain respect de soi-même. Tu te respectes quand tu prends soin de toi, de ton corps, de ton esprit, de ton âme. Et je pense que quand tu fais tout ça ensemble, tu n’es plus obsédé par ton apparence. Ça devient une partie importante juste parce que ça existe. Mais ce n’est pas tout pour moi, pas du tout.

Mais je pense que l’essentiel, c’est juste d’avoir suffisamment de respect de soi, de telle sorte que tu ne veux pas, t’asseoir là et trop manger car tu n’as plus assez de respect de toi. Tu te respectes quand tu respectes ton corps, quand tu te laves, quand tu prends soin de tes vêtements. Mais en même temps, nous devons être des guerriers et nous salir les mains pour ne pas être trop absorbés par ça. Nous ne pouvons pas être trop clean et reluisants ; ce n’est pas ce que nous sommes en tant que groupe, donc nous nous salissons les mains. En ce qui concerne la couverture, les disques et tout ça, j’imagine, oui, ça devrait toujours illustrer fortement et coïncider avec le message de la musique. Donc nous faisons de notre mieux pour être capable de faire ça, et de transmettre ça. Tout cela est donc très important. Chaque aspect est important. Oui et naturellement je suis toujours impliqué dans les décisions ; je fais toujours partie de ce processus.

Depuis plusieurs albums, tu t’autoproduis et tu n’as plus de label pour t’accompagner. Comment gères-tu ces différents aspects et comment trouves-tu un modèle économique qui te conviennes ? Je veux dire, comment peux-tu gérer par toi-même tous ces différents aspects, tu sais, sans un label, et tout ça ?

En ce qui concerne la production des disques, je l’ai toujours fait de toute façon. Même quand on avait de l’aide, quand on avait Rick [Rubin], ou Steve Lillywhite, ou Ethan [Johns]. Je savais comment le faire de façon autonome. J’ai souhaité collaborer avec ces personnes pour pouvoir voir les choses sous un angle différent. J’ai toujours su comment faire. Je sentais que je pouvais le faire. J’ai toujours aimé avoir d’autres personnes avec moi pour avoir leur opinion, juste pour voir si j’étais la meilleure version de moi-même. Je donne de l’importance aux opinions de ceux qui ont fait partie du processus avec moi. Il y April, mon fils et quelques autres amis dont l’opinion sur la manière de gérer tout ça est importante pour moi : mon ami Brian, mon ami Robert.

Je n’avais donc pas vraiment besoin d’un producteur. Je suis toujours ouvert pour travailler de nouveau avec un producteur, pour collaborer, mais pas jusqu’au point de faire tout ce qu’il voudrait. J’ai mes propres opinions ; j’en ai beaucoup.

Le côté business et tout ça, tu sais, nous avons en quelque sorte fuis cela depuis longtemps et nous nous sommes juste plus concentrés sur la fabrication de la musique. On est sur le point de mettre en place d’une nouvelle équipe en charge du business pour s’en occuper et nous verrons où ça nous mène par rapport à l’époque où nous étions sur un label.

D’une certaine manière, on était plus heureux quand on a commencé, tout n’était pas si mal ! La vérité, c’est qu’être sur Columbia, faire des disques avec Rick Rubin, c’était génial. Être, brièvement, chez Geffen, avec Polly Anthony, et avec notre agent qui était super pendant que nous étions chez Geffen, ça le faisait. Nous enregistrions avec Rick [Rubin] chez Geffen. Donc cette période était incroyable, ils nous ont soutenu complètement et, oui, c’était génial. DreamWorks a eu aussi ses très bons moments. La boîte en elle-même dans l’ensemble : vraiment géniale. Faire notre petit bonhomme de chemin au quotidien était parfois difficile, mais dans l’ensemble, c’était vraiment génial.

Donc, c’est assez drôle, mais j’ai eu de bien meilleures expériences sur de grosses majors que sur le label indépendant, donc je vais juste te dire de dire ceci aux gens : si tu penses que le fait de passer par un label indépendant va rendre les choses meilleures ou quelque chose comme ça, pour toi, saches que ce n’est pas toujours le cas.

Le groupe qui t’accompagne a évolué au fil des ans. Pour ce dernier album et la tournée, le changement semble un peu plus radical puisque, à part April Bauer, le reste du groupe a été complètement remanié. Pourrais-tu nous expliquer les raisons de ce changement de line-up et nous présenter ton nouveau groupe ?

Bien sûr. Ça fait, en tout, presque une décennie qu’on a sorti « Mercy », en 2008, et puis on s’est lancé dans tout ce processus. Nous avons fait « Ballet the Boxer », et on a vraiment bossé sur cet album tous ensemble, et j’ai aimé que ça se passe comme ça. Ce concept marchait bien.

Mais les gens du groupe étaient en quelque sorte encore là et plus vraiment là. Pendant cette période, la vie des gens a changé, ils faisaient d’autres choses, et il était compliqué que tout le monde puisse être présent tous les jours pendant tout ce temps ; la réalisation de ce disque a pris six ans ! J’ai donc laissé les choses ouvertes sur ce disque pour faire en sorte que ceux avec lesquels je jouais à l’époque puissent en faire partie. Ils pouvaient venir tous les jours avec moi s’ils le voulaient, et en même temps, s’ils voulaient faire d’autres choses, je les soutenais totalement. Je les aime, donc : « Allez-y ! faites-le ! ». Au final, c’est juste une transition très naturelle. Personne ne s’est fait virer du groupe ou quoi que ce soit dans le genre. On est juste dans une transition naturelle : ils ne faisaient plus vraiment partie des choses qui se passaient.

Et je passais beaucoup de temps avec ceux qui sont maintenant le groupe. C’est vraiment avec eux que je passe tout mon temps. Ce sont eux qui sont venus, naturellement, qui ont montré de l’enthousiasme et qui ont finalement eu le courage de continuer à traverser les moments difficiles.

C’est une guerre mentale. Tu penses que je ne sais pas à quel point cela peut être difficile, mais je peux te dire ceci : ici tu as des gars solides qui peuvent te dire à quel point la musique peut être dure. Tu vois c’est comme aller à ton travail, tu ne te fais pas une tonne de fric, et tu te sens complètement inutile, alors tu démissionne, ou tu te fais virer. On doit passer par-dessus ces moments où on se sent inutile. On se dit : à quoi ça sert ? On ne reçoit de salaire de nulle part. Il faut donc continuer à aller de l’avant et c’est pour ça que ça devient une guerre mentale. On ne se sent pas vraiment suffisamment bons, on a l’impression que c’est une perte de temps mais il faut tenir le coup pendant ces moments-là. C’est ce qui fait que c’est magique et que ça vaut la peine quand finalement ça marche.

Donc, les gens finissent par arriver à un moment où ils en ont assez, et ils passent à autre chose. En fait, il suffit de passer à travers tout ça. Tu ne peux pas rentrer chez toi pour pleurer auprès ta petite amie, ou de ton petit ami, ou de ta femme, ou de qui que ce soit en disant que c’est dur, que tu n’as pas le respect que tu mérites… Ce n’est pas comme ça que ça marche. Il faut juste se battre. Ces gars : Chris Iasiello joue de la batterie, son frère Mikey Iasiello est à la guitare, et Carmelo Risquet à la basse ; ils ont joué ensemble pour ne former qu’un en grandissant. Donc ils avaient leur propre vibe. Ils correspondaient assez à ce que je faisais. J’ai passé beaucoup d’années à jouer de la musique avec eux, en mentor, et puis nous avons grandi ensemble. April ne m’a pas vraiment quitté depuis 2003, 2004 environ. Parfois, tu sais, elle doit s’éloigner pour avoir sa vie. Mais finalement, elle a donné toute sa vie pour ça. April était là tout le temps avec moi, donc elle fait toujours partie du groupe. C’est juste un processus très naturel ce qui s’est passé. Hannah [Gernand] a passé beaucoup de temps avec nous, donc elle a aussi une forte présence sur le disque. Elle est présente sur une chanson sur laquelle, j’ai littéralement arrêté de chanter à la moitié et je l’ai laissée chanter. C’est comme ça qu’elle a eu un impact sur nous.

C’est vrai que ce genre de choses peut sembler être un changement fort pour le public, comme si j’avais viré tout le monde ou quelque chose du genre, ou que tout le monde avait démissionné ; mais, ce n’est pas le cas ! C’est une progression très naturelle, et c’est ainsi, tu sais, ça a toujours été comme ça. On n’a pas besoin de se disputer pour que les gens décident de passer au prochain chapitre de leur vie. Ils ont juste… Souvent, les gens me disaient simplement « OK, je pense que je vais faire autre chose pour la prochaine étape et c’est OK, pas de problème ».

Mais je suis toujours TOUJOURS reconnaissant pour le temps que les gens passent avec moi, et avec le groupe. J’aime tous ceux qui ont joué avec nous au fil des ans. Il n’y a pas de ressentiments à l’encontre de qui que ce soit. Donc, j’ai envie de rassurer les gens, sur le fait qu’ils peuvent donner du temps à la cause quand ils le peuvent. On se rassemble, on fait quelque chose, et j’ai toujours été le capitaine de l’équipe. Mais, au fil des années, tu sais, il y a les différentes couleurs apportées par les contributions de chacun.

L’idée, quand j’ai commencé avec DreamWorks, était que OURS continuerait, que ce soit moi seul, que ce soit un groupe de 20 musiciens, que ce soit avec un orchestre. C’est comme ça que ça continuera toujours d’avancer. Les gens vont et viennent ; cela ne veut pas dire que je ne les aime pas, mais ils vont et viennent. Donc, j’espère, j’espère toujours TOUJOURS qu’ils ne vont pas partir ; ce n’est clairement pas ce que je veux. J’espère que le groupe actuel va rester uni et que ça va vraiment le faire ces dix prochaines années ; après peut-être qu’on pourra prendre notre retraite comme ça. [sourire] C’est ce que j’aimerais qu’il se passe. On verra…  

Jimmy Gnecco Damien G.

L’arrivée de sang neuf dans le groupe aura-t-elle une influence sur votre son en live ou sur l’album ? Et sur la création de nouvelles chansons ?

La création ou le son sur les chansons viennent de quelque chose en moi, qui… Parfois je veux faire tomber les murs, et parfois je veux chanter pour que les gens s’endorment, parfois je veux que les gens dansent, ou pleurent. Donc, dans l’ensemble, ça vient de quelque chose qui me pousse dans cette direction. Il y a plusieurs chansons rock sur ce disque parce que j’ai passé beaucoup de temps avec ce groupe à jouer du rock. Et puis il s’est avéré ces dernières années que j’allais peut-être chanter avec ce groupe Velvet Revolver, et peut-être avec un autre groupe bien connu et je me suis dit : Eh bien, pourquoi ne pas mettre un peu de ce rock dans ces chansons et voir ce qui se passe, et pourquoi ne pas me pencher un peu plus et faire quelque chose dans ce sens-là. Donc ce changement vient définitivement de moi. Mais j’ai utilisé le groupe pour accomplir ça. Le groupe n’a pas nécessairement eu un rôle déclencheur mais ils m’ont certainement aidé à le créer et à l’exécuter au niveau instrumental.

Si tu pouvais rencontrer le jeune Jimmy Gnecco que lui dirais-tu ? Serait-ce des avertissements, des conseils, des encouragements ?

Je dirais… Je n’ai jamais pensé que j’étais le genre de personne qui perdait du temps, j’ai toujours pensé que je profitais de toutes les opportunités, mais, ce n’est pas vrai. J’essaierais de lui dire très clairement que le temps va passer très vite. Il faut trouver le meilleur équilibre que tu peux entre prendre soin de toi et faire les choses que tu veux faire pour toi d’abord, pour ensuite être vraiment là pour les autres, en fin de compte. Ce qui est drôle, c’est que mon agent chez DreamWorks m’a donné ce conseil quand j’avais 23 ans.

Je l’ai écouté la plupart du temps, mais il y a eu tout un tas d’occasions où je ne l’ai pas fait, et ça m’a fait du mal. J’étais tellement déterminé à être loyal envers mes amis que ça m’a empêché de faire pleinement ce que je voulais de la musique. Je ne parle pas de la perception qu’à le public du succès, mais le fait d’obtenir le son que je voulais quand j’ai commencé. Et je pense qu’à cause de cela, nous avons obtenu un résultat à environ 75 % de mes attentes, plutôt qu’à 100 ou 110 %. Tu espères 110% ; 100%, ce serait incroyable. Tu espères 110 % parce que c’est au-delà de ce dont tu as toujours rêvé. Nous n’arrivions même pas là, c’était décevant. Je pense donc que nous fonctionnions à 75 ou 90 %. Donc, je pense que j’encouragerais fortement mon jeune moi à faire attention à cela. Ça ne fait pas de toi une mauvaise personne.

Ouais, j’ai eu l’impression de chanter chaque spectacle et chaque répétition comme si c’était la dernière nuit de ma vie. Donc je ne regrette rien de tout ça. Et j’ai eu un assez bon parcours. Mais ce que je dirais le plus c’est : ne laisse aucun de ces trucs freiner le potentiel de ta musique.

Donc, rester concentré sur la musique ?

Ouais. Encore une fois, j’avais tant à faire, et puis il y a eu tant de fois où j’ai dû annoncer des mauvaises nouvelles à des amis. Ce n’est pas comme si je ne le faisais pas, mais il y a eu trop de fois où j’ai laissé faire pendant trop longtemps, alors que j’aurais dû changer des choses. Oui, et c’est assez drôle, car le public s’en est parfois pris à moi en pensant que je changeais le groupe, mais j’ai toujours toujours été très loyal.

Comment prends-tu soin de toi, de ta votre voix, pour paraître 15 ans plus jeune que tu ne l’es en réalité ?

Je fais beaucoup d’exercice et j’ai de super gènes de ma mère, pour ce qui est de rester en forme et d’avoir l’air jeune. Je reste actif, très actif. Je garde mes rêves actifs, mes ambitions vivantes, et je continue d’avancer. Je pense que cela me permet d’avancer. Ensuite, j’achèterai des crèmes et des lotions sophistiquées. [Rires]

As-tu un instrument préféré ? Est-ce ta voix, ta guitare acoustique ou électrique, un autre instrument ?

Ces dix dernières années, je suis tombé amoureux du piano. C’est comme si j’avais sauté dedans, pour apprendre à jouer un peu. Parfois j’aime la batterie, et parfois je ne peux pas la supporter parce que c’est si difficile de bien en jouer. Beaucoup de gens en jouent, et ils ne jouent que de la batterie, mais pour vraiment bien en jouer, c’est tellement difficile. Il faut vraiment s’y mettre à fond. Donc c’est passé. En fin de compte, ce serait la voix pour moi. Mais cela devient si difficile parfois parce que c’est quelque chose de tellement physique ; et qu’elle n’est pas toujours là pour toi. Quand elle est là pour toi, elle fait de telles merveilles pour l’esprit, pour les âmes. Mais quand ce n’est pas le cas, c’est l’enfer !

Pour ma guitare, en général, c’est la même chose. J’ai joué de la basse sur tellement de chansons et d’enregistrements. Quand j’ai commencé, mon pote m’a balancé un « Putain, mais t’es bassiste ! ». Je ne sais pas si je le suis ou pas, je le fais, j’aime ça. J’ai un grand respect pour chaque instrument, leur rôle et leurs difficultés. Mais, il y a des possibilités que je fasse des morceaux instrumentaux. Au final, je reviens toujours à la voix. J’aimerais pouvoir jouer du violoncelle parce que lorsque je joue du violoncelle sur des claviers, ou du violon, c’est ce qui se rapproche le plus du chant et de l’avoir au bout des doigts, à cause des notes soutenues, c’est littéralement comme si je chantais.

A cause des vibrations ?

Ouais ! J’aimerais pouvoir jouer du violoncelle pour cette raison. Mais ce sera la voix ; je reviens toujours à la voix. OK, j’aime, j’aime, j’aime, j’aime ma guitare acoustique. Juste l’idée de jouer de ma guitare acoustique, une super guitare acoustique, pour moi c’est juste comme être à la maison. Pareil pour l’électrique. J’ai toujours tellement joué de la guitare électrique sur les enregistrements. Je n’en joue pas beaucoup en concert parce que je veux chanter, mais en studio d’enregistrement, ou lorsque j’écris, la guitare électrique est littéralement comme l’extension de ma voix. C’est comme si je pouvais mettre ma voix dans la guitare électrique, vraiment. Donc ça dépend. Je fais de la batterie parce que je dois le faire et je veux que ça soit bien quand il n’y a personne pour le faire, et c’est un peu la même chose avec la basse et le piano. J’aime bien le faire par nécessité, mais si j’ai quelqu’un qui est là qui est doué pour ça, c’est super. C’est comme quand April est là et qu’on travaille sur quelque chose. Je préfère de loin qu’elle joue à ma place. Je n’ai pas ce genre d’ego qui fait que je dois absolument tout faire. Je suis excité à l’idée de le faire de temps en temps. Quand je suis excité à l’idée de le faire, je veux le faire. Mais ce qui est bien dans ma situation, c’est que je peux en faire autant que je veux sans que personne ne s’énerve ou ne se fâche contre moi.

Quelle est ta relation avec le disque en tant qu’objet. Je veux dire, quelle est ta relation au CD ou au vinyle, plutôt qu’au streaming et ce genre de trucs ?

Eh bien, pour le streaming, la qualité de l’audio n’est évidemment pas très bonne. Mais le côté technologique est incroyable. J’adore ça. J’aime vraiment ça. Avoir les choses au bout des doigts comme ça : tu penses à une chanson et la voilà. Je pense que c’est un crime la façon dont sont rémunérés les artistes, et j’ai résisté aussi longtemps que possible pour « streamer ». Mais je ne pense pas qu’il y ait moyen d’arrêter ça à moins que le monde entier n’arrête le streaming jusqu’à ce que les artistes soient payés comme ils le méritent, mais ça n’arrivera pas. Ça n’arrivera pas, donc nous, les artistes, nous pouvons nous réunir et dire que nous ne donnerons plus de contenu aux compagnies de streaming tant qu’elles n’auront pas commencé à payer correctement. On pourrait faire ça.  Mais bon, ce qu’ils font est tout simplement phénoménal.

J’aime le vinyle. C’est plutôt chaud, plutôt sombre. J’aime les CD, car quand ils sont sortis il y avait ce son clair et beaucoup plus de basses fréquences ; c’est ce que j’ai aimé. Je pense que chacun a sa place. Je le pense vraiment. Tant que la musique ne s’arrête pas et que ça ne t’empêche pas de faire de la musique… Si tu laisses ça te freiner, alors tu as un problème.

Mais les gens utilisent le streaming, c’est bien. La commodité de l’avoir avec eux n’importe où comme ça, c’est génial. Donc ils savent que la qualité ne sera pas ce que ça pourrait être. Mais, tu sais, j’espère que les gens continueront à sortir des vinyles, parce que ça sonne bien. Et, quel que soit le prochain format, je pense qu’il y aura bientôt un format que les gens écouteront en format numérique en pleine qualité. Tu sais, 96 Bits ou je ne sais pas trop. Je pense que c’est ce que je fais en passant en 24 bits 96kHz[1]. C’est le plus haut réglage qu’on puisse proposer actuellement : 24 bits 96hz. J’en suis presque sûr. Donc si les gens peuvent l’écouter comme ça, ce serait mieux.

Mais je m’intéresse surtout aux bonnes chansons qui te touchent juste pour ce qu’elles sont ; elles te toucheront dans n’importe quel format, tu sais. Donc, vu qu’on ne peut pas arrêter la technologie, on doit continuer à avancer avec elle. J’espère juste que nous trouverons un meilleur équilibre entre la technologie et la rémunération, tu sais, pour que nous puissions continuer à faire de la musique. Pas vrai ?

Es-tu toi-même un consommateur de musique / acheteur de disques ?

J’ai toujours été un fan et un consommateur de musique avant tout. J’ai essayé d’acheter de la musique aussi longtemps que j’ai pu, mais je dois admettre que j’ai récemment cédé au jeu du streaming et j’ai pris Apple Music. J’achète toujours des CDs et des vinyles, mais la possibilité d’avoir autant de musique au bout des doigts m’a eu. C’est un crime la manière dont les artistes sont payés, et je ne sais vraiment pas comment je peux changer ça. J’ai résisté au streaming jusqu’à il y a deux mois, et la seule chose que ça faisait, c’est que c’était à moi-même que l’accès à toute cette musique manquait. Je possède une énorme quantité de musique, mais je ne peux pas l’emporter partout avec moi, et il n’y a même plus de lecteurs de CDs dans les voitures, alors j’ai dû céder.

As-tu des projets pour le prochain album de OURS ?

J’ai un tas de chansons déjà enregistrées, mais je ne suis pas encore tout à fait sûr de la direction que je vais prendre.

Tu as sorti un magnifique album solo il y a presque 10 ans. Est-ce que tu prévois de recommencer ?

Je ferai très probablement plus d’albums solo si le temps me donne cette opportunité. J’ai assez de chansons écrites pour faire quelques albums de plus comme « The Heart », mais mon prochain album solo serait plutôt un projet plus produit.

Envisages-tu des concerts en dehors des États-Unis ? En particulier, prévois-tu des dates en Europe (ou même en France) ?

Nous souhaitons absolument faire une tournée en Europe. Ça a toujours été très important pour moi.

Quelques mots pour conclure ? Peut-être un message à tes fans français ?

Bonjour [NDLR : en français dans le texte]. J’espère revenir bientôt pour d’autres concerts. Je suis désolé de ne pas avoir été très présent. Pour une raison inconnue, un artiste français a décidé d’utiliser mon nom « Ours » et cela a créé beaucoup de confusion sur qui est qui. Je fais de la musique sous le nom « Ours » depuis 1992. J’aimerais clarifier ça et venir avec le vrai « Ours » en 2020 pour partager la musique que je fais depuis des années et aussi notre nouveau disque « Spectacular Sight ». Merci à vous tous qui m’avez soutenu et écouté la musique. J’aime beaucoup la France et j’espère y revenir bientôt. Je t’aime [NDLR : en français dans le texte].

BONUS : Peux-tu nous dire quelques mots sur les chansons (depuis tes débuts) :

  • la première écrite : La première chanson que j’ai écrite s’appelait Losing Life. C’était sur les sans-abris. J’avais 13 ans.
  • la plus compliquée à enregistrer : la plus compliquée à enregistrer était New Age Heroine
  • celle dont tu es le plus fier : New Age Heroine
  • celle que tu prends toujours plaisir à jouer en concert : New Age Heroine
  • celle que tu as du mal à jouer en concert : Live Again. C’est trop intense ces jours-ci.
  • celle qui est trop difficile à chanter / jouer en tant que telle ou pour l’émotion qu’elle te procure : Live Again. Ça me donne envie de mourir physiquement.
  • celle que tu aurais aimé composer / écrire : One de U2

Propos recueillis par Damien G.

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