Un an après Fever, Balthazar donne toujours la fièvre

LIVE REPORT – Un an après la sortie de Fever, le groupe belge Balthazar passait à La Laiterie de Strasbourg. Un rendez-vous retrouvailles.

Balthazar et moi, ça faisait un bail. Et pour tout avouer, un tel bail que je ne me souviens pas les avoir revus après la tournée de leur premier album, Applause. À l’époque, il y a presque 10 ans maintenant, je tombais sous le charme de ce groupe aux voix multiples et complémentaires, à l’énergie fougueuse et à la musique d’une classe prodigieuse. Tom Barman, leader de dEUS, les avait découverts. Ils étaient belges et ils prouvaient une fois de plus que ce pays savait tout faire, en plus classe et plus nonchalant. Bref, ils avaient tout pour durer.

La classe à la belge

Et cela n’a pas manqué. Ils ont duré. Ils durent toujours. Avec une recette un chouia différente cependant. Et je passe la première moitié du concert à les ressentir, ces différences. Et à les voir incarnées par le travail des lumières. Un travail sublime, mais très présent, qui pose une ambiance parfois froide, parfois mystérieuse, faisant apparaître le groupe presque en ombres chinoises. Un fumée qui enfonce le clou du mystère pour une musique qui se veut toujours aussi classieuse mais beaucoup plus réfléchie. Une touche de batterie électronique (« Wrong Faces ») voire de beats (« Grapefruit »), et beaucoup de sensualité (« Phone Number »). La voix très présente de Jinte, les chœurs peu nombreux, la basse forte de Simon…

Oui, de nombreuses choses ont changé, et à présent se dégage de Balthazar une énorme sensation de maîtrise. Ils tiennent la scène, savent où ils vont, quitte à paraître presque un peu prétentieux. Ils auraient de quoi, il faut dire. Mais passons. Parce que soudain, tout change pour moi. Des notes, que mes trippes reconnaissent avant même que mon cerveau ne se souvienne de quoi il s’agit, retentissent. Marteen est à la voix, toujours sa guitare acoustique sous le bras et son air de dandy renfrogné. Oui, je me souviens soudain que c’était sa voix à lui en lead qui m’avait fait tomber amoureuse de Balthazar. Un truc dans le phrasé. Ça y est, j’ai enfin le titre en tête. Je sais ce qui va arriver en fin de chanson.

Balthazar, la machine à remonter le temps

Quand retentit le mantra de la sublime « Blood Like Wine », c’est mon corps tout entier qui frissonne et je fais un bond en arrière. Tout change sur scène. Je retrouve la force du groupe : ces chœurs, mon dieu, ces chœurs si incroyables. Et tant pis s’il n’y a plus la voix féminine de Patricia. À partir de là, Balthazar lâche les chevaux. Le public aussi. On arrête l’attitude de poseur, on saute dans le public, et on déroule : « Never Gonna Let You Down Again », « Bunker » ou la parfaite « Fever » font danser le public, qui finira par entonner les « ouh ouh ouh » de la mélodie pour faire revenir le groupe en fin de set. Instant magique.

Sans surprise, les 5 musiciens reviennent pour 3 titres et clôtureront le set sur « Entertainment ». Et là, on a envie de dire que ça ne se fait pas, et de crier au scandale. On ne laisse pas un public en plan sur cette chanson, avec un trombone qui t’ensorcelle et des paroles comme « Entertainment’s what the world needs to keep turning around you see ». Parce que, oui, ce genre de divertissement, on en a besoin. Balthazar, quand est-ce que tu reviens ?

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