« Myopia », la masterclass pop-onirique d’Agnes Obel

CHRONIQUE – Rester dans la continuité, tout en évitant d’être redondante. Voici le pari réussi d’Agnes Obel, avec la sortie de son quatrième album, Myopia.


À l’inverse de beaucoup d’artistes contemporains, qui préfèrent suivre la vague du succès en reniant leurs origines musicales, Agnes Obel opte pour une autre vision de la culture musicale. Rester soi-même, garder sa singularité musicale, fidéliser son public, tout en allant toujours plus loin dans la créativité.

Pour Myopia, ne vous attendez donc pas à un changement radical. Seul changement notoire pour ce quatrième album d’Agnes Obel : le passage du label Pias vers Deutsche Grammophon (pilier de l’édition de la musique classique).

Myopia - Agnes Obel

Have you ever been to my myopia ?

Hormis Philharmonics (son premier album plus acoustique et minimaliste), il est parfois difficile de différencier un titre du deuxième, troisième ou quatrième album. Les thématiques changent, certes. Mais une même harmonie musicale se fait ressentir. Aventine ne semble être, avec le recul, qu’une version bêta de Citizen of Glass. Et ce dernier ne semble être, aussi, qu’une version bêta de Myopia.

Agnes Obel arrive à mettre à jour ses précédents albums, tout en ajoutant des artifices, qui subliment toujours plus ses nouvelles compositions : techniques de traitement, déformation et réduction de voix, cordes, piano, célesta et piano luthéal. Voici les outils dont dispose la danoise, afin de se réinventer dans la continuité.

« Dream me a dream soft as a pillow »

La preuve avec « Broken Sleep », l’un des plus beaux titres de ce nouvel album. La distorsion de la voix, le « grattage » des cordes du violoncelle, la rapidité du piano… Ce titre est un savoureux mix de ses précédents singles : « Familiär », « Dorian » ou « It’s Happening Again ».

Dans la même veine, « Island of Doom », « Myopia », « Promise Keeper » ne semblent faire qu’un. L’album est, en fait, une unité musicale en soit. Avec sa pop onirique, toujours aussi identifiable, mais jamais redondante, Agnes Obel continue donc de nous envoûter. Et quand bien même elle se défend de jouer une musique mélancolique, force est de constater qu’il y a toujours une certaine émotion ressentie à la fin de chaque titre.

« The script is burning, On heavy fuel. No time to lose. What will you do ? »

Agnes Obel sera en concert le 20 mars à la Seine Musicale à Boulogne Billancourt et à Lyon le 25 juillet au Nuits de Fourvière.

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