Weird Ones, l’album idéal de la saison, par Matt Holubowski

CHRONIQUE – Fin février 2020. Matt Holubowski a choisi la parfaite période pour sortir Weird Ones, son 3e album. Et on l’en remercie.

La semaine dernière est sorti le 3e album de Matt Holubowski, Weird Ones. Je peux affirmer que je n’ai pas été très surprise en me rendant compte qu’il était magnifique. Je le pressentais, parce que je savais que tous les ingrédients étaient là. Une phase difficile à traverser dans la vie de l’artiste, un besoin de pause après une tournée harassante, un isolement recherché dans un pays éloigné de chez lui. Il suffisait d’ajouter tout cela au talent incontestable du garçon, déjà éprouvé sur Solitudes et Ogen, Old Man, et on tenait là le point de départ de tout bel album de folk torturé qu’on aime à écouter au coin du feu.

Lumineux Matt Holubowski

Oui, mais. Il nous attrape quelque part où on ne l’attendait peut-être pas. Car cet album est en fait loin d’être un album de folk torturé. Dès la chanson éponyme en ouverture, on sent la lumière qui perce. Une lumière qui traversera de part en part chaque titre, chaque note. Une lumière qui fait de Weird Ones l’album parfait de cette fin d’hiver étrange qui ne nous donne pas l’impression d’avoir tout à fait commencé, ni l’impression d’être tout à fait prêt à finir. Dans ces temps publics troublés, au milieu de situations privées parfois confuses et agitées, Weird Ones irradie comme un jeune matin un peu brumeux. La promesse d’une chaleur à venir qui éclairerait l’essentiel à ne pas perdre de vue.

Tout cela s’explique par les classieux arrangements. Plus riches et recherchés que les albums précédents, ils enrobent de cordes « Down The Rabbit Hole », offrent de discrets sons électroniques à « Thoroughfare », s’effacent parfois pour un piano sur la sublime « Weird Ones II »… Ils ne débordent jamais, et tout du long, l’équilibre est intelligemment maintenu par la force incroyable de la combinaison guitare-voix. Véritable squelette qu’on perçoit partout, fondation solide vers laquelle revient toujours Matt Holubowski, c’est bien le songwriting des origines qu’on entend en filigrane, comme dans « Moon Rising » ou la splendide « mellifluousflowers ».

Des écrits plein de poésie

Je pourrais parler des heures de ce songwriting. Des mots choisis dans chaque chanson. Mais mieux vaut te laisser découvrir par toi-même les paroles qui te toucheront le plus. Car l’artiste est assez disert pour expliquer lui-même ce qui se cache derrière ses écrits (que ce soit sur son site avec les paroles à retrouver, ou sur instagram, où il dévoile généreusement quelques états d’âme). Mais si tu veux tout savoir, et puisque sur Rocknfool, on aime à être subjectif, je te dirais juste que le refrain d’ « Eyes Wider » parle inexplicablement à mon cœur d’adolescente, que « Love, The Impossible Ghost » est une déchirante clôture et probablement la plus aboutie des chansons de l’album, mais que c’est « Around Here » qui me hantera durablement. Des chansons d’amour, de fin d’amour, de page qui se tourne… Mais avec toute la poésie qu’il faut pour s’inscrire le plus sûrement.

En résumé, l’album Weird Ones s’impose finalement comme sait si bien le faire Matt Holuboswki. Profondément, immédiatement, avec une fausse impression de simplicité et beaucoup de délicatesse. Je crois qu’on appelle ça l’évidence.

Pour les plus chanceux, Matt Holubowski sera de passage à Paris au Pop Up du Label le 6 avril, à Montpellier le 8 et à Annecy le 9. L’occasion d’aller vérifier tout cela sur scène.

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