Sous le ciel étoilé de Matt Holubowski (+ Dan Mangan)

REPORT – Hier soir le MTelus accueillait Matt Holubowski et Dan Mangan devant une salle comble et attentive pour une soirée céleste et réconfortante.

Hier soir le MTelus – que sur scène on continue d’appeler Métropolis pour le plus grand plaisir du public montréalais – accueillait Matt Holubowski pour son dernier album Weird Ones (sorti le 21 février dernier). En première partie de soirée, c’est Dan Mangan qui assurait le show avec brio.

Dan Mangan, le voyageur des nuages

Il y a quelque chose de céleste chez Dan Mangan. Ce garçon venu de l’Ouest canadien se contente pourtant des choses simples : une guitare folk et un micro, dont il pourrait d’ailleurs tout à fait se passer. Sincèrement touchant par sa sobriété et son humilité, il nous raconte l’histoire de la vie, de l’humain et de son rapport à la terre et à la société. Le temps d’une trentaine de minutes, le chanteur nous transporte de sa voix rauque et pourtant légère et aérienne.

Il entame son set avec « Race to the Bottom », sur laquelle il doit un peu pousser de sa voix rocailleuse pour sortir ses aigus, toujours justes. Ce qui ne fait qu’ajouter à l’émotion qui se dégage de ses chansons folk. Souriant, il raconte au public sous le charme, quelques anecdotes, notamment l’histoire de « Roads Regrets » qu’il a écrite lors de sa toute première tournée aux Etats-Unis, alors qu’il était pris dans une tempête au Texas ; ou « Cold in the Summer » écrite alors qu’il promenait l’un de ses deux enfants en poussette. Le garçon quitte la scène en faisant chanter le public sur « Sold ». Touché par la sincérité et la générosité de l’artiste, le public semble conquis.

Matt Holubowski, oh la bonne étoile

Lorque Matt Holubowski et ses musicien.ne.s entrent en scène, la lune brille, les étoiles clignotent et la flamme de la bougie oscille doucement. C’est avec beaucoup de douceur que le spectacle commence, entamant la soirée avec les notes du titre éponyme à l’album, « Weird Ones ». Pendant près de 2h, le garçon joue les titres de son dernier album, mais aussi quelques autres, comme « The Year I Was Undone » – sur lequel cor et violoncelle sont de la partie -, ou ses « classiques », « The King » et « The Weatherman » pour ne citer qu’eux.

Jouant avec ses cinq guitares, il s’installe même au piano pour jouer « Down The Rabbit Hole », qu’il nous confie avoir écrite alors qu’il buvait un grand verre de bourbon en faisant une lessive, inspiré par le contraste de cette situation. Le public est conquis, il fait notamment entendre son contentement sur « Exhale/Inhale » après avoir chanté à cœur joie sur la jolie valse « Around Here ».

Lentement, le set devient de plus en plus folk, aux reflets presque country (sur « Eyes Wider »). Nos cœurs battent tous ensemble la chamade. Laissant seul le batteur terminer le morceau, le groupe quitte la scène sur « Moon Rising ». Rappelé en grande pompe par la salle presque comble du MTelus, c’est en duo, avec et sur un titre de Dan Mangan, qu’il revient : « Et les mots croisés », chanté à deux sur un même micro.

Il rappelle ensuite tout les musiciens, qui s’installent autour de l’unique micro pour chanter « Mango Tree », quasiment a cappella. Le Québécois quitte la scène, après la sublime berceuse « Love, the Impossible Ghost ». Il souffle la bougie de cette soirée puis chuchote : « merci l’amour, bonne nuit ».

Matt Holubowski sera en concert au Pop-Up du Label à Paris le 6 avril en co-plateau avec Tiny Ruins.

Setlist : Weird Ones / Two Paper Moons / Thoroughfare / Down The Rabbit Hole / The Highlands / The Year I Was Undone / The King / The Weatherman / mellifluousflowers / L’imposteur / Around Here / Exhale/Inhale / Greener / Eyes Wider / Moon Rising // BIS : Et les mots croisés (Dan Mangan) / Mango Tree / Love, the Impossible Ghost

Texte : Jeanne Cochin / Photos : Emma Shindo

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