3 EP remarquables sortis pendant le confinement

CHRONIQUES – Julyan, Philémon Cimon et Ariane Roy. Trois artistes québécois qui ont profité du confinement pour dévoiler leur EP. On vous en parle.

Il y a ceux qui ont préféré retarder un peu la sortie de leur album à plus tard, et il y a ceux qui ont décidé de laisser la vie suivre son cours, et la musique suivre le chemin d’oreilles curieuses et attentives. Retour sur trois bons EP québécois sortis pendant le confinement. Trois micro-albums qu’il ne fallait pas avoir manqués.

Julyan – EP

Il était temps de se lancer en solo pour Julien Chiasson que l’on avait pu voir dans The Seasons aux côtés de son frère Hubert (Lenoir), puis en lead dans Forest Boys, mis en pause le temps de sortir son premier EP homonyme sous le nom de Julyan. Cinq chansons écrites par ses soins, inspirées de périodes moins drôles sa vie, et réalisées aux côtés de Jesse Mac Cormack. Des chansons personnelles qu’il avait envie de partager de son côté dans cet univers pop-folk teinté de cette légèreté rétro qui lui est propre.

Sans chichis, on passe d’un rock 60’s (« Rebel Now Now ») à une pop plus progressive (« Give Up ») pour finir sur une touchante ballade intimiste en guitare-voix (« Look at Me, Look at You »). Au milieu, deux titres aux textes plus sombres, mais aux mélodies ensoleillées : « Living On », et ses vibes hawaiennes et la très bonne « Bone » et ses harmonies catchy du refrain. Un premier jeu très solide et plein de promesses pour la suite. Et la suite s’annonce radieuse.


Philémon Cimon – Philédouche

« Écrits relationnels complexes, où la mère, la sœur et l’amoureuse se confondent. La parole est poétique, intime et directe » explique Philémon Cimon à propos de son nouvel EP, Philédouche. Il explique que ces six nouvelles chansons ont été enregistrées en même temps que PAYS son précédent album. « On y retrouve un peu le même son brute et onirique (…) seulement, les thèmes étaient différents. » Il sait ce qu’il dit.

Avec un titre pareil, on trouve des touches d’humour et de remise en question explicites dans le titre phare de l’album « Philédouche » (« moi l’espèce de douchebag qui voulait baiser la terre entière »), des chansons personnelles touchantes (« Tu m’as mis au monde », « Partir ma sœur »), des tristesses en guitare-voix (« Pourquoi tu pars », « Fin d’un monde ») et « La violence » un sublime duo avec Pomme qui, trouve enfin sa place sur un disque. Tout ça, accompagné simplement, innocemment, de guitares acoustiques, de notes de piano et de contrebasse parfois. Comme un journal intime de jeunesse qu’on lirait des années plus tard, assailli de tendresse et d’émotions. Touchant.


Ariane Roy – Avalanche (n.f.)

Une autre Québécoise de Québec à suivre de près, découverte avec bonheur en live, aux Francouvertes en ce début d’année. « Une ode aux avalanches qui font de nous qui nous sommes » écrit l’artiste pour expliquer le titre de son premier EP. Difficile de ne pas penser à Lou-Adriane Cassidy en écoutant ce disque de pop légère, décomplexée et mélodique. Que ce soit par ces graves suaves et maîtrisés du timbre de voix, la diction appliquée ou les textes presque candides. Sans oublier le travail du trio des incontournables Pierre-Emmanuel Beaudoin (batterie), Vincent Gagnon (clavier) et Cédric Martel (basse) chapeauté par Dominique Plante à la réalisation.

Les influences jazz de la jeune femme transparaissent à coup d’envolées de synthé rétro (« Sortir dehors »), d’accords feutrés, de distorsion de guitare atmosphériques et de basse sexy (« Adèle »). Ça groove sur « Banc de parc » et « Le ciel est en place », où les harmonies et les chœurs apportent une vraie plus-value et du relief. Coup de cœur pour la plus douce « Tu pars », qui clôture l’EP, un titre dont l’intensité toute subtile nous fait autant de bien qu’un petit orage salvateur dans un été caniculaire.

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