Giant Rooks : « On a fait ce qu’on voulait faire, on est resté libre »

CHRONIQUE – Trois EP, cinq années, plus de 350 concerts, Giant Rooks vient de sortir « Rookery » son premier album. On a eu l’occasion de discuter avec le groupe allemand.

En avril 2018, on titrait assurées, Giant Rooks : la relève allemande est là. Fin août 2020, le groupe sort Rookery, son premier long jeu, et on se dit qu’on a carrément bien fait de miser sur ce quintet talentueux originaire de Hamm qui nous enthousiasme toujours autant.

« On s’est formé en tant que groupe en 2015 et depuis, nous avons sorti 3 EP et fait à peu près 350 concerts » raconte posément Finn Schwieters, le guitariste du groupe, sur écrans interposés, lorsqu’on les interroge sur la pression du premier album fait parfois trop rapidement. « Nous avions beaucoup d’attentes et nous voulions vraiment écrire le meilleur album possible. C’est pour cette raison que ça nous a pris un peu de temps avant de commencer à l’écrire l’année passée ».

Le week-end sur scène, la semaine au studio

Douze généreuses chansons composent Rookery, un album à leur image (et à leur nom) écrit entre Cologne et Berlin, où ils sont désormais installés. A la production, Jochen Naaf avec qui Giant Rooks a déjà collaboré sur deux EP. De leur côté, les Allemands ne sont pas arrivés les mains vides. Toutes leurs chansons étaient déjà pré-produites à partir d’enregistrements vocaux, profitant de 5 mois de vacances-travail pour partir au charbon. « On était en tournée et on composait l’album parallèlement : le week-end sur scène et la semaine au studio » complète Frederik Rabe le chanteur à la voix rauque incroyable. « C’était intense ! » ajoute Finn.

Même si ce n’est pas flagrant à première vue (« All We Are »), le groupe s’est beaucoup inspiré de la soul, notamment la nouvelle scène soul au Royaume-Uni, avec des artistes comme Celeste, Arlo Parks ou Joy Crookes qui sont géniaux explique Fred. Sans se soucier des nouvelles convenances, Giant Rooks a tenu à conserver au moins une de leur ancienne chanson : leur addictif hit pop « Wild Stare » et son refrain syncopé aux cuivres. Une chanson qui leur a ouvert beaucoup de portes et les a fait connaître à travers les internets.  

Une ligne de shots d’énergie

Résultat, un condensé solaire et généreux, ultra accessible, une ligne de shots d’énergie et d’espoir (« Head by Head », « Minsinterpretations »). Une marque de fabrique du groupe, qui ne lésine pas sur les rythmes organiques et électroniques (« The Birth of Worlds », « What I Know is All Quicksand »). Il n’y en a jamais trop. Une des raisons, et pas des moindres, Fred le lead-singer, est batteur de formation. « J’ai commencé la batterie à 4 ans, même quand je joue de la guitare ou du piano, tout ce que je fais est très rythmé. J’aime ça le rythme ! Je crois que c’est pour ça qu’il y a autant de percussions et de rythmes dans cet album ». On ne voit pas comment un corps pourrait rester immobile en écoutant Rookery. Ça tient de l’impossible.  

Cela dit, il n’y a pas que les percussions et l’optimisme. Dans la liste de leurs derniers albums achetés, ils citent ceux du duo de jazz Glass Museum et 22, A Million de Bon Iver. Des influences expérimentales et cinématographiques que l’on retrouve dans « Rainfalls » ou « Into Your Arms ». En plus d’être la chanson de fin de l’album et la plus longue (presque 7 minutes !), c’est aussi la dernière à avoir été écrite, en janvier dernier. « On sentait qu’il nous manquait une chanson de clôture. Nous avions plein de petites parties qu’on avait écrites, du folk, des rythmes plus modernes et de l’autotune. C’est intéressant que tu qualifies cette chanson de paisible, car on pense exactement la même chose. C’est le dernier chapitre« , résume Finn.

« Finir l’album, c’était génial ! »

Leur meilleur souvenir pendant la création de l’album ? « Quand on l’a fini », rigole Fred. « Ce moment où le dernier enregistrement a été terminé à Cologne. Ça y est c’était la fin… c’était génial ». On les comprend. Réaliser un premier album après 5 ans de recherche d’un son qui s’est affiné, à coup de tournées en veux-tu, en voilà, c’est une page qui se tourne. C’est aussi une nouvelle page qui s’ouvre avec un album tout frais à défendre et un retour à la scène qui leur est si chère.

Même si leur tournée a été chamboulée par le coronavirus, Giant Rooks viendra présenter Rookery à la Laiterie de Strasbourg le 9 avril et à la Maroquinerie (Paris) le 16 avril 2021. Pour l’Amérique du nord, Giant Rooks sera notamment en première partie de certains shows de la tournée de leurs compatriotes de Milky Chance. On vous tient au courant.

Propos recueillis par Emma Shindo

Crédit photo : Joseph Kadow

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