Mélodie Spear et Charlotte Brousseau : des premiers EP qui promettent

CHRONIQUE – Halo sur les deux premiers mini-albums pleins de promesses de Mélodie Spear et Charlotte Brousseau.

Elles viennent de Québec, et elles viennent de sortir leur premier EP de cinq titres chacun. Les similitudes s’arrêtent là pour Mélodie Spear et Charlotte Brousseau qui évoluent dans deux sphères musicales bien différentes. Le pop-rock pour la première et le folk pour la seconde.

Mélodie Spear, la jeune rockeuse fougueuse

Découverte lors des préliminaires des Francouvertes, Mélodie Spear avait été l’un de mes coups de cœur de cette 24e édition. La jeune femme est une habituée des concours (Ma première place des arts, Secondaire en spectacle, Cégeps en spectacle, Festival international de la chanson de Granby) mais n’avait pas encore sorti de disque.

Le voici, le voilà, Fabulations, son premier EP de cinq chansons dans lequel on retrouve trois titres déjà parus. Deux anciens (« Ana » et « Cœur malade »), mixs entre The Cranberries et la Mano Negra et le tout nouveau tout beau single « Dans les limbes ». Plus de 4 minutes d’un pop-rock grunge et de guitares saturées qui nous fait inexorablement taper du pied et hocher de la tête. Plutôt logique quand on sait qu’à la réalisation, c’est Shampouing (Benoit Villeneuve), aka guitariste fou de Tire le coyote, qui est derrière les manettes.

Dans les deux nouveautés, on aime particulièrement la dernière chanson de l’EP, « Les enfants de la tempête ». Pour l’anecdote, lorsqu’on l’avait rencontrée en début d’année, Mélodie nous avait parlé d’une chanson dont la voix avait été enregistrée sous la douche. Le résultat est là, une ballade presqu’en guitare-voix, certainement le texte le plus poétique de l’EP. Le plus triste aussi puisqu’il parle du divorce de ses parents.

On sent la jeunesse dans cet EP (mais pas l’inexpérience) puisque les textes ont été écrits de ses 15 à 21 ans. Léger et fougueux, c’est toutefois un premier jeu réussi.

Mélodie Spear – Fabulations EP

Charlotte Brousseau, la folkleuse qui retourne aux sources

La scène québécoise de Québec est en feu en ce moment. En plus du triplé d’artistes en finale des Francouvertes, on finit par trouver ça normal que les propositions qui atterrissent dans nos boîtes mails (et nous plaisent) soient celles d’artistes ayant évolué au Pantoum. Après Mélodie Spear, voici Charlotte Brousseau, une autre artiste de la ville de Québec.

Promue de l’école nationale de la chanson 2019, Charlotte Brousseau vient de sortir un 1er EP folk francophone, Boucles. Un folk très pur où l’eau est le liant de ces cinq chansons. Les arrangements y sont organiques, la clarinette de Jean-Daniel Lessard se fond et se confond en chant de ces grandes oies noires que l’artiste chante dans « Je cours encore vous attendre ».

On entend aussi du vibraphone sur des arpèges de guitare acoustique (« Bouclette ») dans un titre d’à peine 2 minute où la jeune femme ne chante qu’en onomatopées et nous offre un lâcher-prise soudain. On retrouve le vibra’ dans « Perte de silence », sous forme de petit accompagnement fin et céleste en duo sur une rythmique ternaire au synthé qui nous fait chalouper, tel le courant d’une rivière.

Le coup de cœur de cet EP c’est le single J’irai. Le titre le plus « pop » de tous. Quasiment 5 minutes d’un hommage à la beauté de la Yamaska, un cours d’eau. Avec sa diction percussive, Charlotte Brousseau fait de son timbre de voix un instrument à part entière. On pourrait penser à un parfait mélange entre le lyrisme mélodique d’une Nach et les explorations sonores et conceptuelles d’une Camille.

« Faire une boucle, c’est prendre racine pour mieux se déployer, tirer des leçons pour mieux recommencer » explique Charlotte Brousseau. Recommençons alors.

Charlotte Brousseau – Boucles EP

Crédits photo : Arielle Livernoche et Patrick Kelly

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