Wesley Schultz, la voix des Lumineers et ses « Vignettes »

CHRONIQUE – Si pour vous, rien de tel qu’une belle musique folk pour faire oublier tous vos tracas, pour pleurer d’émotion de manière cathartique, alors Wesley Schutlz a ce qu’il vous faut avec ses dix Vignettes.

Il n’y a pas de plus grand bonheur aux yeux d’un amoureux de folk que de sentir les larmes monter dès les premières secondes d’une chanson. Et c’est exactement ce qu’il se passe en écoutant « My City Of Ruins », premier titre de l’album Vignettes de Wesley Schultz.

Album, qu’il faut reconnaître, nous venons de découvrir par le plus grand des hasards. Deezer l’a suggéré dans les nouveautés, la pochette avec ce barbu chevelu ça me dit quelque-chose, et une fois l’album lancé « oh my God, mais c’est le chanteur des Lumineers ?! » Comment avons-nous pu passer à côté de la sortie de cet album le 30 octobre dernier ? Cela reste un mystère mais il n’est pas trop tard pour s’en régaler.

L’âme des Lumineers veille

Après quelques recherches, cette sortie en solo ne se compose que de reprises. Pour être totalement honnête, à part « If It Makes You Happy » de Sheryl Crow, nous n’avons reconnu, ou simplement nous ne connaissions aucun titre. Oops, la honte. Une fois cet aveu fait, on ne peut qu’être pleinement sincère dans notre appréciation de l’interprétation de ces dix chansons, n’ayant pas vraiment de point de comparaison.

Wesley Schultz en leader des Lumineers, est une sorte de prêtre shamanique. Dans le sens le plus noble du terme, quelqu’un qui vous donne de l’amour avec une générosité sans borne. Écouter un album des Lumineers est un médicament omnipotent, assister à un de leur concert, une expérience de communion bienfaitrice. Nous sommes donc dans de très bonnes prédispositions en découvrant ce projet solo.

Et effectivement, ces reprises sonnent comme du Lumineers, les fans seront « comme à la maison ». L’approche reste ici beaucoup plus épurée et brute, dans le sens non-édulcorée ou surproduit, une simple guitare, un piano, quelques choristes pour retrouver l’émotion habituelle du groupe.

Des textes sublimés

C’est dans cette démarche bienveillante et amicale que Schultz a adressé une lettre à chacun des artistes interprètes des titres repris pour leur expliquer son intention. Chacun des textes a été choisi pour la puissance de ses mots et son message, afin d’en délivrer une version encore plus organique. Si on prend l’exemple d’ »If It Makes You Happy », aviez-vous déjà pensé que la version originale de Sheryl Crow, un peu country-pop, cachait un texte aux accents si mélancoliques ? Elle a été tellement diffusée que son essence même avait disparu, la chanteuse avouant avoir pleuré en écoutant la reprise de Wesley. Y a-t-il une manière plus belle d’adouber le projet ?  

Ne connaissant pas les autres chansons, et oui, c’est une honte car on parle ici dans le désordre de Bruce Springsteen, Bob Dylan et autre Tom Waits, on ne blablatera pas plus longtemps sur leurs différences ou ressemblances avec les versions originales. Si vous les connaissiez peut-être que ces Vignettes ne supporteront pas la comparaison, si vous êtes des néophytes, alors vous plongerez tête la première. Wesley met ses tripes dans chacune, leur donne une dimension émotionnelle sublime et il ne nous en faut pas plus pour être heureuses… Vous lui donnez sa chance ? 

   

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