Xavier Polycarpe au Trabendo : poly-valent et poly-talentueux
LIVE REPORT – Retour sur un concert énergique et musical placé sous le signe de la créativité, avec Xavier Polycarpe.
On l’admet, le jeu de mot était facile. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut prendre Polycarpe à la rigolade. Le nom « Polycarpe » vous est d’ailleurs peut-être familier : et pour cause, Xavier Polycarpe est issu de la prolifique fratrie Polycarpe. Avec son frère Vincent et deux autres membres, il formait le groupe
Gush dans les années 2010. En tout cas, nous, on est allés voir ses morceaux solo et on est ressortis emballés. Mais, quoi de mieux pour se mettre en bouche qu’une première partie aux petits oignons ?
Slim and the Beast : la découverte folk de la soirée
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai rarement été aussi emballée par une première partie ! Slim and the Beast, c’est un savoureux mélange de Crosby, Still, Nash and Young, de Beatles et de sons électriques plus modernes. Un trio très musical, avec des rythmes entêtants et des sonorités familières qui font plaisir. Bien sûr, impossible de couper au traditionnel harmonica et aux grelots accrochés à la chaussure… Mais c’est pour notre plus grand bonheur auditif. Slim and the Beast, c’est aussi à la croisée des influences américaines, françaises et espagnoles des membres du trio. En somme, un savoureux mélange qui ravit les oreilles. La salle est conquise, et moi aussi ! A suivre de près.*

Quand Polycarpe arrive sur scène, l’atmosphère change. Débarque ce drôle de bonhomme affublé d’un béret et chaussé de ses plus beaux mocassins, tout en blanc, qui semble sorti tout droit de l’imagination de Tim Burton. Tout de suite, les premiers morceaux s’enchaînent et on voit sur scène avant tout un passionné, concentré sur sa guitare. Mélanges de styles, les morceaux sont mélodieux et l’énergie scénique est très belle. On sent une vraie présence et une volonté de partager ce moment avec le public. Des chansons en anglais et en français, aux accents parfois plutôt pop, parfois plutôt rock. Accompagné de deux musiciens, un batteur et un guitariste, Polycarpe enchaîne les morceaux, avec en introduction parfois une petite touche d’humour pince-sans-rire. C’est innovant, et, l’espace d’un instant toute la salle est transportée dans son univers teintés de pop, de rock et de 70’s.
Xavier Polycarpe le musicman
Tout d’un coup et je ne sais pas comment, la scène semble se transformer en immense lieu d’expression créative : Polycarpe réinvite spontanément le trio d’ouverture pour l’accompagner sur un morceau, puis vient un saxophoniste et enfin, un type du public se retrouve sur scène une bière à la main derrière le synthé. Bref, un joyeux bordel mi-sauvage mi-organisé, et un beau moment d’union créative qui rappelle que la musique c’est aussi beaucoup d’impro (et beaucoup de bière). Déjà le concert se finit, et tous les participants sont évidemment réinvités sur scène pour saluer la salle sous un tonnerre d’applaudissements. Je ne connaissais rien à Xavier Polycarpe, et intriguée par son nom, je m’y étais rendue sans grandes attentes, je repars conquise par ce projet solo innovant et addictif ! Le genre de concert comme on les aime.



Texte et photos : Lou Geniller
