Francouvertes 2026, soir 5 : Bernadette, Mitaine, Kris Kinokewin

COMPTE RENDU – Dernière semaine des préliminaires aux Francouvertes ! Rock poupée, rock garage, rock de papa : un lundi tout en nuance.

Quoi de mieux pour nous sortir de notre léthargie post-fin de semaine qu’un Mon Doux Saigneur en solitaire ? Armé de sa tuque Barbie, de sa guitare et de sa poésie, Émerik St-Cyr Labbé nous rappelle que, oui, la vie vaut la peine de sortir un lundi soir de mars.

Dix ans après son passage aux Francouvertes, le chanteur-compositeur-interprète paraît d’une humilité déconcertante. Oscillant entre l’humour et l’intime, la légèreté et la gravité d’un aveu glaçant (le suicide de son père entre les demi-finales et la finale lors de sa participation au concours). Le tout bourré d’un talent qui n’a plus à faire ses preuves sur les scènes du Québec. Cette courte prestation nous met d’humeur pour la suite, soit : Bernadette, Mitaine et Kris Kinokewin.

Le mystère Bernadette

En 2025, Bernadette sort son premier mini-album Poupée de son, dont plusieurs morceaux nous sont révélés ce soir. Le titre n’est pas anodin car Bernadette (aka le duo Sophie Racine et Nicolas Matte) se définit comme “rock de poupée”, genre mystérieux que nous aspirons à connaître.

Sur scène, le duo se présente costumé à la Bowie (souvenez-vous, ce personnage de Pierrot créé à l’occasion de la sortie de Scary Monster) et nous révèle un rock feutré, flirtant avec une French Touch assumée dont le spoken word laconique évoque celui de Charline Mignot (certes, suisse) de la formation Vendredi sur mer. Accompagné de deux musicien·nes (basse et drum), le duo investit la salle de son énergie contagieuse, parfois métalleuse sur certains titres prêtant au headbanging (oui oui). À la fin du set, Bernadette récolte une standing ovation, mais cela ne suffira pour les placer en demi-finales.

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Mitaine déménage

On l’annonce tout-de-go : MITAINE déménage. Originaire du Lac-St-Jean et récemment installé à Montréal, Alexandre Bergeron n’est pas venu au Lion d’Or pour tricoter. (Est-ce vraiment une expression ? Un doute). Avec ses cinq partenaires, il nous propulse dans un rock énervé mais adroit, déjanté et humoristique, plein de sens, d’émotions et de joyeuses folies.

Le trio de guitare est frontal et complice. Le drum varge comme on aime l’entendre varger, et la subtilité vocale d’une choriste apporte mille nuances au fourmillement incessant qui nous happe dès les premières notes. L’influence des Red Hot Chili Peppers se fait sentir. Celle des Whites Stripes également. Même si la voix capiteuse de Bergeron ne peut se comparer à celle perchée de Jack White. Infatigable, le groupe nous laissera sans voix devant cette frénésie de sons enivrants, leur valant une deuxième place bien méritée à la fin de la soirée.

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La pudeur de Kris Kinokewin

C’est Kris Kinokewin qui aura la lourde tâche de clore cette 5e soirée des Francouvertes. Et il le fait plutôt bien car c’est un rock harmonique, tout en douceur, dont nous avons besoin à ce stade. Dans ses textes, l’artiste atikamekw (de la Communauté de Wemotaci) évoque son rapport à la famille et à l’amour avec une pudeur touchante. Accompagné de quatre artistes (à la batterie, aux percussions, à la basse et à la guitare), Kinokewin révèle une voix un brin avalé, feutré mais puissante, supplanté par une polyphonie de chœurs intéressante.

La simplicité des sonorités nous apaise, sans pour autant nous renverser. Ce qui explique sans doute un classement à une place un peu dangereuse quant au passage en demi-finales.

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Palmarès après le cinquième soir :
1- Luan Larobina
2- Mitaine
3- Spaghatt
4- Komēdza
5- Chaude Chaleur
6- Kris Kinokewin
7- Dauphins
8- Colin Léo
9- Charlie Rivard

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Texte : Elise Denis – Photos – Emma Shindo