Les 10 ans de Soviet Suprem au Trianon : un Marx et ça repart !
LIVE REPORT – Plongée dans un concert résolument rouge et absolument déjanté pour une révolution du dancefloor avec Soviet Suprem.
Avec un nom pareil, impossible de ne pas être attirée en flânant sur le site du Trianon. Soviet Suprem, c’est qui ça, encore ? Et bien, c’est tout simplement John Lénine et Sylvester Staline venus mener la révolution du dancefloor ! Derrière cette idée un peu barjo, il y a Toma Feterman (chanteur de La Caravane Passe) et R.wan, qui viennent donc fêter les 10 ans du groupe au Trianon.

Soviet Suprem, un storytelling bien ficelé…
Il n’y a pas à dire, on se prend rapidement au jeu du Soviet Suprem. Dans ce Trianon transformé pour
l’occasion en meeting politique communiste, on se déplace de gauche à gauche, sous l’œil (de Moscou, aurais-je envie de dire) avisé des deux chanteurs qui nous observent depuis la gigantesque banderole déployée derrière la scène, façon “big brother is watching you”. Côté scénographie, tout est parfait. Des uniformes de dictateurs aux musiciens en costume militaire, sans oublier les chapka et autres balaklava. Le concert s’ouvre d’ailleurs sur un homme affublé d’un masque à gaz, qui rappelle dans l’imagerie collective la guerre froide et l’URSS. La propagande est rondement menée : immenses drapeaux, logo avec le marteau et la faucille, évidemment. La politique sert de fil rouge (sans mauvais jeu de mot) au groupe qui surfe sur l’esthétique soviétique et communiste du XXème siècle.



…mais une expérience musicale qualitative
On rigole, on rigole, mais avec Soviet Suprem, tout le Trianon danse. John Lénine multiplie les instruments : guitare, trompette… Le DJ (“Didier Croûte Chef”) est aux platines et plusieurs autres instruments viennent compléter l’ensemble (cor, clarinette…). Les mélodies sont plus qu’entêtantes. Pour preuve, j’ai chantonné “Soviet Suprem Party” toute la soirée. Et honnêtement, au risque de me répéter, on se prend vite au jeu. Je me surprends à reprendre les refrains. Cerise sur le gâteau, Laroche Valmont qui débarque pour chanter “t’as le look coco” (cocommuniste, cela va de soi) et une balalaïka géante. C’était peut-être le concert le plus inattendu de l’année (qui n’est certes pas très avancée pour le moment, je conçois) mais parfois la musique c’est aussi beaucoup d’autodérision, et un soupçon de révolution. Mélomanes de tous les pays, unissez-vous !
Texte et photos : Lou Geniller
