Chalk et Makeshift Art Bar : quand Belfast débarque au Trabendo
LIVE REPORT – Deux groupes d’Irlande du Nord pour le prix d’un. Chalk et Makeshift Art Bar refaçonne l’Irlande du Nord.
Migraine – Jour 5. Après le concert de la veille, on espérait en se réveillant que le pire serait derrière nous pour affronter le concert de Chalk sereinement. C’est qu’on se souvient de la fois où on les avait vus pour la première fois à La Route du Rock et que leur son et lumières + une migraine, ça allait être douloureux. Heureusement, on a dormi, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et ça a fini par passer. Mais ça nous a mis en retard, cette histoire. Ajoutez-y les aléas du métro qui n’arrive pas, et vous comprendrez pourquoi on n’a vu que deux titres et demi de la première partie, Makeshift Art Bar.
L’explosion belfastoise
On aime découvrir les premières parties comme on irait à un blind date. Trois jours plus tard, on n’arrive toujours pas à retenir leur nom. Mais les impressions qu’ils ont laissées, elles, sont fameuses. Les quatre de Makeshift Art Bar ne font pas dans la dentelle. Je suis dehors en train de récupérer le pass photo que je suis déjà en train de battre la mesure sur ce qui s’échappe de la salle (a priori sur leur dernier single, le fou “Chocolate”). Signe d’une puissance et d’un son brut dans le meilleur sens du terme. Ça ne fait pas dans la dentelle. Et je n’arrive pas à savoir où regarder, tant ce que j’entends me prend de tous les côtés.



La batterie est folle et attire mon regard, mais le lapsteel posé sur les genoux du visiblement frère du chanteur fait concurrence. Mes oreilles sont attrapées par les guitares mais il y a cette voix de Joseph Sweeney, grave à la Talbot quand il éructe (surtout sur “Bedwetter”), tranchante et acérée quand il “chante”. Pas le temps de démêler tout ça que c’est déjà fini. Une chose est sûre, je ne me risquerais pas à mettre une étiquette sur Makeshift Art Bar.
Chalk émoussé ?
À côté du leur, le début du set de Chalk ferait presque pâle figure. Mais Ross Cullen et Benedict Goddard savent comment faire monter la sauce, en venant très rapidement dans un public encore timide. Etrangement, la montée en puissance commence réellement après les trois premiers titres, ceux-là même qui ouvrent l’album Crystalpunk sorti en mars dernier. Ils sont bons, ces titres. Mais c’est bel et bien quand les EP Conditions se font entendre que le dancefloor jusque là dansant se transforme en pogo digne de ce nom.




Et c’est finalement les impressions qu’on avait en écoutant l’album qu’on retrouve sur scène. Avec Crystalpunk, le groupe évolue, transformant son punk electro énervé et exigeant en musique un peu plus… accessible ? “One-Night-Eight-Zero” et “I.D.C.” en sont les parfaits exemples : de l’autotune, des rythmes sautillants. Soyons honnêtes, à un moment on s’est dit qu’on aurait adoré ça étant ado. Connaissant nos goûts de l’époque, disons que peut-être que Chalk s’est assagi depuis La Route du Rock où ils nous avaient séduits.
L’ensemble est renforcé par la posture du trio. Benedict et ses lunettes noires sont parfaitement assorties à la face électro du groupe, pendant que les gants cloutés que Ross finira par enfiler maintiennent l’aspect gothique et punk de la franchise Chalk. Visuellement, il nous manque quand même un truc pour enfoncer le clou. Et on se dit que les talents de cinéastes oscarisés seraient parfaitement mis à profit dans un accompagnement vidéo en arrière-scène. Mais on s’égare. Le concert reste en tout cas extrêmement efficace. 75 minutes à tout casser. Mais avec pas mal de passages dans le public, des gentilles bousculades, un slam de Ross. Et l’excellente “Béale Feirste” en chant du cygne de ce concert auquel on ne regrette pas d’avoir assisté. Mais auquel on regrette fort d’être arrivé en retard.
