Matt Holubowski en rodage intimiste et généreux au Verre Bouteille
COMPTE RENDU – Matt Holubowski a présenté plein de nouvelles chansons en tout intimité au Verre Bouteille dans le cadre du Festival Triptyque.
On va finir par croire que nos concerts au Verre Bouteille vont de paire avec les orage. Montréal a le droit à une journée bien automnale ce dimanche 13 septembre. Et c’est à la nuit tombée qu’il nous faut braver les flaques d’eau en vélo jusqu’au Plateau.
Le Verre Bouteille affiche complet dès la porte d’entrée. Il faut avouer qu’un concert de Matt Holubowski en petit comité, c’est une occasion en or. Merci le Festival Triptyque pour cette programmation ! Le Québécois a quelque peu “disparu” ces dernières années. On avait plus l’habitude de le voir au MTelus qu’au Verre Bouteille. Lui nous avouera au fil du concert, qu’il avait toujours voulu rejouer dans des salles de moins de 100 personnes. Les deux partis sont donc comblés.
“Deux ans que je n’ai pas parlé dans un micro !”
Like Flowers on a Molten Lawn, le dernier album de Matt Holubowski, date de mars 2023. On le savait occupé à travailler sur des nouvelles chansons, donc on n’avait pas d’inquiétude outre mesure. Du nouveau matériel qu’il rôde depuis quelques semaines au Québec, en solo surtout.
Mais, ce soir au Verre Bouteille, il apparaît pour la première fois avec son groupe habituel. Deux ans sans avoir joué ensemble. Lisa Iwanycki au clavier et aux harmonies, Marc-André Landry à la basse, Stéphane Bergeron à la batterie et Simon Angell à la guitare et au saxophone. Ils sont à cinq sur la petite scène ! L’enceinte de retour repoussée en dehors de l’estrade et remplacée par les deux pedal boards bien remplis de Simon et Matt. Une semaine seulement qu’ils répètent, s’amusent-ils.

Une première et une dernière date pour Simon. Le musicien part s’installer au Pérou et donne là son dernier concert aux côtés de son ami de longue date. L’émotion est au rendez-vous pour Matt qui, pour taquiner son compagnon de route, joue “Exhale/Inhale” en guitare-voix splendide, une chanson où malheureusement, Simon s’ennuie. Une des anecdotes mignonnes racontées par Matt vaut la peine d’être racontée ici. Ainsi, lors de sa signature avec son label Audiogram en 2015, s’étant fait dire que son concert ressemblait à du Cégep en spectacle (comprendre un spectacle de jeunes musiciens aux études), il aurait alors fait la demande de musiciens spécifiques qu’il admirait : le batteur de Karkwa (Stéphane Bergeron donc) et le guitariste de Patrick Watson (Simon Angell, vous l’aurez compris). Vœu exaucé.
Rôder le nouveau, retravaillé l’ancien
Le concert est composé de nouvelles chansons qu’on découvre en primeur. Ponctuées de titres connus, histoire de ne pas laisser le Verre Bouteille complètement sur la touche. “Two Paper Moons”, “The King”, ou “Love The Impossible Ghost”. Un titre de plus de 10 minutes clôturanr ce concert de plus d’1h45 qui nous plongent dans des montagnes russes d’émotions, de la contemplation cathartique à l’excitation pure.
Plusieurs titres des nouvelles chansons nous échappent (excusez-nous s’il y a des erreurs). Mais on croit avoir beaucoup apprécié la gravité de “Black Clouds”. On s’inquiète un peu quand Matt Holubowski nous parle de son obsession pour l’idée de disparition, qui l’a amené à écrire “To Disappear In Your Mind”. Une chanson qui a failli donner son nom à son prochain album (on n’aura pas plus d’infos, mais il arrive !). Mais on le retrouve aérien et penseur sur “Inside the Maryloop” . Voire carrément empathique lorsqu’il explique avoir écrit “Lost Dog” pour ce chien qu’il ne voulait pas et qu’il a fini par avoir, et aimé follement.

Le temps passe vite en bonne compagnie. Les jolies lumières tamisées rétro du Verre Bouteille et les “Oh Love, oh love, oh love” de Matt Holubowski qui clôt son set par le plus beau decrescendo de la musique pop, nous hantent encore lorsque qu’on quitte la salle. Un couple passe et on entend avec aplomb que faire des gammes n’est pas suffisant pour faire un bon musicien. En revanche il en est sûr, Matt Holubowski est un virtuose. En remontant vers le nord de l’île, on se dit que dans le fond, il a bien raison.
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Crédit photos : Emma Shindo
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