Ma lettre de rupture à Sufjan Stevens…

Très cher Sufjan,

Je t’écris cette lettre pour te dire qu’entre nous c’est fini. Nous empruntons deux chemins trop différents. Clairement, aujourd’hui nous ne sommes plus sur la même longueur d’onde. Les différences artistiques nous séparent beaucoup trop si bien que je ne comprends plus qui tu es. Tu as changé Sufjan. Tu n’es plus le même. D’un univers simple et poétique, tu passes à un univers complexe sans émotion aucune dans lequel je n’arrive qu’à me perdre. Je te promets Sufjan, j’ai essayé de recoller les morceaux, j’ai fait d’énormes efforts pour t’écouter de bout en bout. Pendant près d’un mois, j’ai tenté de comprendre ta nouvelle direction, j’ai tenté de marcher dans ton sens. Mais je n’ai pas réussi à te suivre. Tu as cédé aux sirènes de l’électronique, et de l’auto-tune. Oui, je sais d’autres l’ont fait avant toi, à l’instar de Radiohead avec Kid A, et ce, avec brio. Pas toi.

Mais, Sufjan ! Pourquoi ? Je l’aimais tellement ta musique évoquant les grands espaces américains, je les aimais tes banjos et tes guitares, pourquoi as-tu tout jeté ? Tu dis que tu voulais du changement, que tu voulais qu’on te retrouve là ou on ne t’attendait pas ? Faire ta révolution musicale ? Ok, mais Sufjan pas de cette manière. Ce n’est pas mon coeur que tu as brisé avec Age Of Adz, mais mes oreilles. Comment peut-on mélanger des sonorités tellement différentes ? Je sais bien que ton cerveau fonctionne à 100 à l’heure, que tu as des idées en pagaille, mais à un moment, il faut faire un choix. Toi, tu ne l’as pas fait. Toi, qui es capable du meilleur, tu m’as donné le pire. J’ai souffert en écoutant le titre éponyme « Age Of Adz », je n’ai pas compris comment tu l’as construit dans ta tête.

Ceci étant, j’entrevois une lueur d’espoir pour nous, je me dis que tout n’est pas perdu, que tu n’as pas pu changer au point d’oublier qu’à l’origine tu es celui qui a donné au monde de la musique l’un des plus beaux albums qui existe, à savoir Illinois. D’ailleurs en commençant l’écoute de « Futile Devices« , j’avais le visage rayonnant je n’avais qu’à fermer les yeux et me laisser porter. J’ai plané pendant 2 minutes, puis le soufflet est retombé. Heureusement d’ailleurs que j’étais allongée dans mon lit, parce qu’autrement j’aurais pu m’écrouler en entendant ces espèces de bruits de scies sauteuses sur « Too Much ». D’ailleurs oui, c’est bien la tout le problème : tu es devenu too much. Je sais que tu es quelqu’un d’ambitieux et de doué Sufjan, mais là, tu es juste devenu quelqu’un de pompeux et même prétentieux.

J’aime toujours autant tes compositions douces et subtiles, ou il n’y a juste une guitare, et ta voix si aérienne qui me transporte vers un je-ne-sais-où. Je t’ai retrouvé l’espace de quelques minutes dans « I Walked », « Now I’m Older » (et ces somptueux choeurs).  « Vesuvius » m’a fait mal aux oreilles, pourtant ça commençait bien, et d’un coup ça grésille, et cette incessant bruit de radio extra-terrestre mal réglée..Je n’ai pas réussi à suivre tes élucubrations, je n’ai pas réussi à retrouver le charme et l’émotion que tu mettais dans tes titres auparavant.

Dis-moi Sufjan que Age of Adz est une erreur de parcours, dis-moi que tu n’as pas réellement l’intention de t’aventurer encore plus sur ce tortueux sentier de l’électro/pop symphonique qui ne te sied guère. Si tel n’est pas le cas, je suis au regret de te dire, que nos chemins se séparent pour de bons.

Swann,

 

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